Minuit et quart, le 21 décembre, le solstice me réveille. En fait, non, pas le solstice : ma bedaine de 40 semaines et 5 jours m’envoie des signaux tribaux m’indiquant l’arrivée du p’tit deuxième.

Je prends une ou deux respirations, je me concentre pour calculer le temps entre les contractions, leur durée. Je suis vraiment fatiguée… J’ai couraillé toute la journée, j’ai fait des biscuits de Noël, des mokas de ma Mamie et une visite express chez l’acupunctrice. Elle avait une annulation en après-midi et je me suis dit que j’aimais mieux essayer ça que de me faire provoquer un 27 décembre…

Faut croire que ça a marché le traitement d’acupuncture parce que les contractions tiennent le coup.

Je réveille le papa poule, l’informe que je vais lâcher un coup de fil à l’hôpital. Épuisé de sa journée, il se réveille à peine et me demande de le tenir au courant de la suite.

L’infirmière à l’hôpital me pose une série de questions. Elle conclut que mes contractions ne semblent pas trop douloureuses (je suis capable de parler en même temps) et elles ne sont pas régulières. Elle me dit d’aller prendre un bain pour que le tout se régularise ou s’arrête selon le degré de réalité de la chose.

J’avise mon chum que je vais prendre un bain. Au bout de ce qui m’a paru 20 minutes, il se pointe dans la salle de bains au moment où je vide le bain et je tente de sortir. Le truc de l’infirmière a fonctionné. Le contractions se sont non pas régularisées, mais intensifiées en s’il vous plaît!

Un téléphone à ma mère pour qu’elle vienne s’occuper du plus vieux, un téléphone à ma belle-mère pour l’aviser qu’on se dirige vers l’hôpital, un téléphone au dit-hôpital pour leur dire qu’on s’en vient. Au moment où l’infirmière décroche le combiné : impossible de parler. Je passe le téléphone au papa poule au regard inquiet et j’entends l’infirmière crier : VENEZ MAINTENANT!

Je me lève, me demandant ce que je vais bien pouvoir mettre. J’ai clairement perdu mes eaux…

Et il est là. Mon petit poulet. Je le sens là-là. Changement de plan, je demande à mon chum d’appeler le 911 parce que je vois juste pas comment je vais m’habiller, descendre l’escalier, me rendre à la voiture et ensuite à l’hôpital en retenant ce petit pressé de la vie.

La suite déboule : ma mère (infirmière) arrive pensant nous trouver en pleins préparatifs de départ. Elle accueille l’aîné qui s’est réveillé en panique à entendre le chien japper, elle comprend la situation, avise ma belle-mère et appelle mon père en renfort si jamais elle doit faire preuve de ses connaissances médicales.

Je me souviens clairement que je ne comprenais pas comment je pouvais embarquer sur le lit… C’est mon chum, qui avec sa légendaire présence d’esprit, m’a simplement dirigé pour que je m’assoie sur le lit avant de m’allonger… dans ma tête de femme qui accouche à la maison sans le prévoir, je croyais devoir marcher à quatre pattes pour enjamber le lit…

Les pompiers arrivent. Ils sont les premiers répondants et la caserne est à deux coins de rue. Ils me disent de ne pas pousser… FACILE À DIRE pour 3 hommes, dont deux qui n’ont jamais assisté à un accouchement de leur vie!

Finalement, après une attente qui me semble interminable, les ambulanciers arrivent, dont un qui a près de 40 accouchements à son actif.

Ils me disent de pousser et en deux poussées, mon petit poulet est né! Tout ça s’est passé en seulement 2h30!

Tout le monde est ému… le brouhaha continue. Le petit se porte bien, moi aussi. On me transfert à l’hôpital avec bébé pour s’assurer que tout va bien.

Ma mère se couche dans la chambre d’amis avec le plus vieux. Le lendemain elle ne peut que constater l’inévitable…

Notre lit est scrap

Une chance que le Boxing Day n’est pas trop loin!