Mes grands-parents paternels sont nés aux Pays-Bas. Ils se sont mariés dans leur pays, puis se sont envolés vers le Canada où un emploi attendait mon grand-père. Les parents de ce dernier et ses 12 frères et sœurs ainsi que leur famille étaient aussi du voyage. Mon père, mes oncles et ma tante sont nés au Québec, ils sont donc Québéco-Hollandais. Mes cousins, cousines, ma sœur et moi-même avons été influencés par la culture hollandaise depuis notre petite enfance. D’ailleurs, nous appelons nos grands-parents, Opa et Oma, grand-papa et grand-maman en hollandais. Les habitudes sont maintenant tellement ancrées en nous que nos enfants en sont aussi « victimes ». C’est pourquoi mes parents sont devenus Opa et Oma et non papy et mamie.

Pendant mon enfance, nous sommes allés quelques fois à Pointe-Claire, où il y a une communauté hollandaise célébre, la Saint-Nicolas. Aux Pays-Bas, le père Noël est moins populaire que Saint-Nicolas. Ce dernier est accompagné de « Swarte Piet » (Pierre le noir) qui donne des bonbons aux enfants gentils et met les garnements dans un sac!!! Il me semble que ce personnage fait partie seulement de l’imaginaire puisque avouons-le, c’est effrayant et peut avoir des connotations racistes. Le 6 décembre est autant célébré que Noël.

J’adore ma famille van Doorn. Ils ont tous une personnalité très colorée. Les conversations, surtout du temps que mes grands-parents étaient vivants, se déroulaient en français, en anglais et bien sûr en hollandais. Nous avons découvert que certains mots français ont une tout autre signification en hollandais par exemple « claude » veut dire couille!! Noël est évidemment l’occasion de rassembler trois générations de van Doorn. Les soirées se ressemblent chaque année et nous adorons nos traditions.

Au début de la soirée, nous mangeons des « kroket » se sont des croquettes de poulet fait par amour par l’aîné de mes oncles. La confection de cette entrée est assez ardue, donc le nombre est limité. Quelqu’un fait le tour de tous les invités et chacun a droit d’en prendre une seulement, une fois qu’on est assuré que tout le monde en a eu, on refait un deuxième tour et seulement à ce moment et s’il en reste, le plat est déposé pour un « all you can eat ». Le repas est traditionnel, chacun apporte le même plat depuis toujours. Puis pour dessert, il y a les « oliebollen » soit des beignets hollandais que ma Oma saupoudrait de sucre à glacer. Il n’y a plus de distribution de cadeaux officiels (il paraît que le peuple hollandais est le 2e peuple le plus « cheap »), mais on reçoit souvent des bonbons ou des chocolats importés des Pays-Bas. Finalement, une interminable partie de mimes et de « fais-moi un dessin » se déroulent de façon complètement cacophonique. L’an passé, nous avons joué plus de deux heures! Les fous rires sont inoubliables.

Maintenant que je suis adulte, je suis vraiment touchée de voir que nous continuons les traditions instaurées par mon Opa et ma Oma. Cette réunion est importante pour tout le monde et seules la météo ou la gastro peuvent nous empêcher d’y participer. Il y a quelque chose de magique dans cette soirée et je trouve ça réconfortant de savoir que la folie « van Doorn » se transmet d’une génération à l’autre.