Devenir maman (tout comme devenir papa!), ça nous confronte à notre propre enfance… on souhaite que notre enfant réalise ses rêves et ses projets, mais qu’il ne vive pas les mêmes difficultés qu’on a nous-mêmes dû traverser. Mon fils a tout juste 3 ans, mais j’ai déjà certaines craintes vis-à-vis son entrée à l’école…  même si ce n’est que dans 2 ans! Mais mon passé d’enfant intimidée, même sur une courte période, m’insécurise pour lui…

J’avais 10 ans. Ma famille venait de déménager quelques mois auparavant. De nature sociable, je m’étais déjà fait tout plein d’amis et tout se passait beaucoup mieux que je l’aurais imaginé. Il faut dire que ma vie avait changé du tout au tout. D’une classe de plus ou moins 15 élèves par niveau, je suis passée à une école de deux groupes de 25 élèves par niveau! Auparavant, je demeurais à 4 maisons de l’école, je voyageais à pied; je devais maintenant faire une quinzaine de minutes d’autobus chaque matin et près de 30 minutes chaque soir. Et c’est dans cet autobus que tout a commencé… et s’est terminé. C’était un petit garçon plus jeune que moi. Oui oui, plus jeune! Mais en bonne petite fille gênée, avec mon handicap, j’étais vulnérable et donc une belle cible. Sans entrer dans les détails, disons que le jeune garçon en question posait le même geste, chaque après-midi, jour après jour, alors que je le laissais faire. Un geste anodin à première vue, mais qui jouait sur la perception que les autres pouvaient avoir de moi, et que j’avais moi-même de ma propre personne! Moi qui adorais l’école, je me suis mise à ne plus vouloir y aller, pour ne plus avoir à prendre l’autobus. C’est de cette façon que mes parents ont vu que quelque chose clochait, parce qu’il était hors de question que je leur en parle… moi qui étais pourtant un grand livre ouvert! Cette histoire s’est bien terminée : à part mon ego, rien n’a été brisé et je n’en suis pas restée marquée. Mais l’automne de mes 10 ans va rester bien gravé dans ma mémoire, malgré tout…  je suis de cette race qui n’oublie jamais, ou bien difficilement!

L’école recommencera bientôt, et encore trop d’enfants vivront de l’intimidation à leur tour. Trop d’enfants seront brisés par des gestes, parfois anodins, mais bien souvent d’une ampleur trop grande pour être vécus par un enfant. Même pour un adolescent. Leur vie future s’en verra peut-être marquée, voire détruite, quand on voit aux nouvelles certaines histoires qui, selon moi, n’ont aucun sens et qui poussent certains jeunes à poser des gestes irréversibles. Restez à l’affut, tentez de déceler le petit signe qui fait que votre enfant n’est pas le même… vous pourriez l’aider à traverser un moment difficile, à retrouver son estime et à faire en sorte qu’il se sorte de ce cycle qui, disons-le, peut devenir rapidement infernal. Ça n’a pas été mon cas, fort heureusement… mais ça arrive tellement trop souvent!