Être maman seule et à temps plein me comble de bonheur. Cependant, il faut se le dire, je reste humaine et surtout une femme. Je rêve d’une belle histoire d’amour, d’une charmante petite vie de famille, mais par-dessus tout, je rêve de donner un petit frère ou une petite sœur à mon petit poulet. Je restais prudente. Je ne souhaitais pas faire entrer n’importe qui dans nos vies, dans la sienne surtout.

Et il est arrivé.

J’ai pris mon temps avec lui. J’avoue que je n’étais pas très motivée à le rencontrer. Je ne pensais pas le trouver intéressant. Finalement, je suis tombée follement amoureuse. Nous avons fait les choses dans l’ordre pour ne pas brusquer mon mini. Il ne venait pas trop souvent à la maison, toujours quand mon fils dormait. Lorsqu’ils se sont finalement rencontrés, j’y croyais plus que jamais. Nous avons continué de prendre notre temps, pas d’affection devant mini, des activités simples et pas trop longues pour commencer… L’amour se développait de plus en plus et la chimie entre les deux hommes dans ma vie devenait de plus en plus forte. Nous avons décidé d’emménager ensemble, puisqu’il était de toute façon toujours à la maison.

Nous étions capables de discuter, de régler nos petits conflits lorsqu’il y en avait, nous étions amoureux et j’y croyais. Une belle histoire d’amour, une belle vie de famille tranquille. J’étais le protagoniste de cette belle histoire.

Plus tard, je ne peux même pas dire que le quotidien s’était installé. Nous revenions d’un parfait petit voyage, nous étions heureux. Du moins, c’est ce que je croyais. Tout a sauté. Il est devenu distant et en une semaine, mon nuage de bonheur s’est écroulé. Il m’a dit que c’était terminé. Comme ça. Une vraie bombe de malheur.

La douleur est atroce. Par contre, je ne suis pas seule. Je ne peux pas me permettre de m’enrouler, pleurer et manger de la crème glacée. J’ai un petit homme qui compte sur moi et qui est en peine lui aussi. Je vois son comportement changer, il n’est pas le même petit garçon à la garderie. Il demande de retourner à sa maison à lui et non à notre nouvelle place. J’ai déjà vécu des peines d’amour, mais jamais aussi douloureuses. Et je ne suis pas la seule à souffrir. En plus de toute cette peine, la culpabilité embarque. J’ai laissé entrer quelqu’un dans la vie de mon fils, je lui ai fait croire à lui aussi à cette belle vie de famille. Est-ce que j’aurais pu faire les choses différemment? Est-ce que j’aurais dû laisser mini plus longtemps en dehors de notre relation? Est-ce que j’aurais dû le protéger plus?

Il est si petit et résilient. Il m’impressionne. Je devrais être la maman forte et solide, mais parfois je craque. Mon petit homme vient me voir, me serre fort. Il me dit qu’il m’aime. Alors que je sens que tout s’écroule autour de moi, je me souviens que notre petit univers à deux est plus fort que tout… Plus fort que toute cette peine.