Un beau soir de semaine, tu vas chercher ton terrible two à la garderie, tu te dépêches à préparer le souper en t’assurant qu’il y a trois groupes alimentaires au repas, dont le brocoli. Tu mets ça dans une belle assiette colorée, t’en as mis des efforts, mettons pour un mardi soir et la réaction tant attendue : « BEURG, J’AIME PAS ÇA! » Bon tu respires et tu lui dis, « mais tu n’as même pas goûté!? » « C’est dégueuuuu! » avec un air d’envie de vomir. Pleine de bonnes intentions, LA NÉGOCIATION COMMENCE! Tu promets une récompense ou un privilège s’il mange, t’essaies de le raisonner en lui disant que c’est pour devenir fort ou pour avoir des muscles comme Hulk, tu fais « l’avion » pour qu’il ouvre la bouche ou t’allumes la TV pour le distraire. « NON J’EN VEUX PAS!  » 1-0 pour lui, tu changes de tactique; Tu le MENACES de le priver de dessert ou de ne pas pouvoir sortir de table (quand tu le sais trèèès bien que tu ne feras pas ça lol). 2-0 pour lui, tu passes au mode CHANTAGE, une bouchée pour mamie qui t’aime beaucoup, ça lui fait de la peine si tu ne manges pas! Il ne faut pas gaspiller, il y a des enfants qui n’ont rien à manger! 3-0 pour lui, tu prends les grands moyens et tu rentres de FORCE la cuillère dans sa bouche. ERREUR, ERREUR, ERREUR ! HOUSTON, WE HAVE A PROBLEM! Il hurle, se lève le cœur, pousse la cuillère, tourne la tête d’un bord pis de l’autre. Fâchée, tu le sors de table (je te l’avais dit que t’allais pas respecter ta menace!) pis tu le mets en punition pour ne pas avoir mangé!!!

Reconnais-tu ton poulet ou ta poulette?? Si oui, sais-tu quoi? Son comportement est tout à fait NORMAL! Oui, oui, NORMAL! Pis ça a un nom en plus, la néophobie alimentaire, c’est à dire la peur des nouveaux aliments! Le ¾ des enfants entre 2 et 10 ans traversent une période de néophobie alimentaire.

Mettons-nous dans un autre contexte. Vous marchez dans la rue en compagnie de votre Mini et vous rencontrez votre patron. Vous vous dépêchez pour le saluer tandis que petit poulet se cache en arrière de vous, vous serre la jambe de toutes ses forces, ne veut pas regarder le « Gentil Monsieur », il pleure, hurle, veut partir… sa réaction vous rappelle votre souper?

Les enfants ont une crainte du nouveau, de ce qui n’est pas familier. Une personne ou un aliment devient familier lorsqu’on le connaît et on connaît quelqu’un ou quelque chose quand on l’a vu souvent et dans une ambiance réconfortante.

Scène 1 prise 2 :Tu mets ça dans une belle assiette colorée, t’en as mis des efforts mettons et la réaction tant attendue : «  BEURG, J’AIME PAS ÇA! »

Tu restes NEUTRE. Tu manges ton souper en lui montrant que tu aimes le goût du brocoli :« HMMM que c’est bon! » Assure-toi qu’il y a un aliment familier et aimé dans son assiette; stratégie pour encourager à goûter. Tu le laisses regarder et toucher (pas lancer) les aliments s’il en a envie, les enfants se familiarisent avec les aliments en utilisant leurs 5 sens. Après 15 minutes, il veut sortir de table. Un enfant de 2-3 ans peut rester assis maximum 10-15 minutes à table. Alors on le laisse sortir le temps que nous finissons de manger. Au dessert, on lui demande de venir s’asseoir s’il en veut, on ne prive pas un enfant du dessert, mais on ne double pas la portion non plus. On lui explique simplement qu’il aura l’occasion de manger à la collation plus tard s’il a encore faim. Votre attitude influence beaucoup l’atmosphère durant le repas. Si Mini perçoit votre frustration face à son manque d’appétit ou son refus de manger, il va ressentir une angoisse et le repas risque de devenir tendu, désagréable, bref un champ de bataille. Cela peut prendre jusqu’à 15 tentatives, même plus, avant qu’un enfant accepte de goûter. Le développement du goût est un long processus, tu ne gagneras rien en le forçant à manger, présente-lui plutôt les nouveaux aliments régulièrement, sans forcer, dans une atmosphère agréable en étant présente comme un modèle enthousiaste. En passant, il y a d’autres façons pour contribuer à enrayer la famine dans le monde, forcer notre enfant à manger n’en est pas une.

Je sais que cela peut être frustrant, mais surmonter la néophobie de notre enfant est une question de bonnes pratiques, de temps et surtout une bonne dose de PATIENCE.

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