Il y a deux choses que j’ai solidement ratées dans ma vie, ma chimie au cégep et la conciliation travail/famille! Je lève mon chapeau, mon verre, mon pouce et tout ce qui peut se lever à ces papas et ces mamans qui réussissent à garder la tête en dehors de l’eau et à rester zen face à ce beau défi de la vie! De mon côté, vous n’avez qu’à me dire les mots «conciliation travail/famille» et j’ai soudainement l’envie de me mettre en position fœtale dans un coin. Lorsque je travaillais, je pleurais au bureau (oui, je pleurais au bureau, je suis une braillarde, je pleure pour un rien! Je m’assume! Certains me diront que je suis faible, mais je préfère dire que je suis vraiment près de mes émotions…) Bref, j’étais « vraiment près de mes émotions » au bureau parce que je me sentais coupable d’envoyer mes petits poulets à la garderie et quand j’étais à la maison, je pensais seulement à mes dossiers et à prendre mes messages à distance. Je suis devenue incapable d’assumer mes deux rôles et je me suis rendue au bout du rouleau.

Entre vous et moi, je suis allé consulter une psychologue pour m’aider à passer au travers ce tourbillon d’anxiété et d’épuisement et c’est elle qui m’a ouvert les yeux. Elle m’a dit que ma difficulté venait du fait que mon mari et moi n’étions pas en accord avec le style de vie que nous avions et que nous devrions effectuer les changements qui s’imposent avant de s’enfoncer plus loin. En quelques mois, notre vie a fait demi-tour et nous avons tout changé. Nous avons eu droit à plusieurs réactions lors de l’annonce de notre changement de vie. Beaucoup de jugements, certains ont l’air de penser que je ne fais qu’écouter des séries télévisées à longueur de journée. D’autres ne comprenaient pas que je quitte un emploi permanent et que j’allais perdre mon autonomie financière. Par contre, plusieurs me trouvaient chanceuse d’avoir le courage de tout changer et me disaient que je prenais la meilleure décision. Mais aujourd’hui, les matins où il fait moins 30 degrés et que mes enfants boivent leur chocolat chaud en pyjama sans se faire bousculer, je suis fière d’être maman à la maison, mais surtout d’avoir fait notre choix de vie pour nous, pour notre famille, sans se fier aux jugements des autres.

Je vous souhaite donc d’avoir la possibilité de vous asseoir et de prendre quelques instants pour faire le point sur votre vie. De voir s’il y a des aspects que vous aimez moins et d’avoir le courage de les changer. Et là je ne parle pas de devenir toutes des mamans à la maison, je parle de votre vie en général! Et si, par bonheur, tout est exactement comme vous le souhaitez, donnez-vous une petite tape dans le dos de ma part et poursuivez votre route!

emib

ÉMILIE B.