L’idée de ce texte m’est venue tout de suite après mon expérience d’avortement spontané. Terme que je déteste d’ailleurs…

Cela fait maintenant 5 mois. J’étais à peine enceinte, 8 semaines. C’était ma deuxième grossesse et mon ventre est apparu tout de suite. Une deuxième grossesse c’est spécial, personnellement tout m’arrivait beaucoup plus tôt, probablement car j’étais consciente des effets de porter un enfant et comme on dit souvent, « le corps se souvient ».

Je vais mieux aujourd’hui, j’ai la chance d’être retombée enceinte de façon « imprévue » très rapidement. Par contre, je ne peux m’empêcher de penser à celles pour qui c’est difficile de tomber enceinte. Celles qui font des fausses couches à répétition et qui mettent des mois ou des années à voir ou revoir un petit + sur un test de grossesse.

Je suis honnêtement encore blessée par la façon dont se sont produits les événements. Malgré que cette petite chose soit partie doucement, sans douleur et que j’ai même eu la « chance » de la voir afin de comprendre que je n’avais pas des saignements anodins, la suite des événements m’a beaucoup attristée. Je suis assez privilégiée d’avoir évité le curetage ou encore de l’avoir perdu assez tôt pour ne pas avoir besoin d’accoucher, mais je suis tombée, comme plusieurs, entre les craques du système de la santé. Deux semaines se sont écoulées avant que je puisse revoir un médecin. On m’avait oubliée. Deux semaines à me demander ce qui se passait avec moi, portais-je toujours en moi des débris? Malgré l’échographie passée qui révélait un utérus inhabité, le médecin n’a rien voulu me dire sur place. OK, d’accord. Suivi de ses collègues inhumaines qui sont entrées tout de suite après son départ pour me chasser de la salle si froidement malgré le fait que j’y étais seule, en larmes en se racontant leurs petites anecdotes sur leur fin de semaine, comme si de rien était.

La réalité m’a vite rattrapée. Mon fils m’attendait avec une amie dans la voiture et je devais être forte pour lui. J’ai dû être forte pour lui les semaines qui ont suivi, avec mon petit ventre qui n’est pas resté vide trop longtemps heureusement, mais je me questionne vraiment sur l’impact que cela peut avoir sur une femme qui subit échec après échec.

En discutant avec les autres femmes de mon entourage, j’ai remarqué que plusieurs témoignages sont identiques ou très semblables au mien. En cette journée internationale du deuil périnatal, je souhaite du courage et j’envoie énormément d’amour à toutes les autres femmes qui ont vécu, vivent ou vivront malheureusement cette situation.

Petit conseil en bonus : ne parlez jamais de statistiques à une maman endeuillée, c’est la dernière chose dont nous avons besoin à ce moment-là!