EMPATHIE n.f. – 1960 – de en « dedans » et –pathie, d’après sympathie. Faculté de s’identifier à quelqu’un, de ressentir ce qu’il ressent. – Petit Robert 2011

Cette faculté a un énorme impact sur nos relations interpersonnelles et notre interaction en société. Il s’agit aussi d’une faculté qui se développe. Je me souviens, enfant, que ma mère me répétait souvent : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’ils te fassent ». Elle visait principalement à me faire comprendre qu’il ne fallait pas que je martyrise mon petit frère, mais bon, n’existait-il pas seulement pour mon bon plaisir de lui faire subir mes sautes d’humeur de préado?

Donc, l’empathie, ça s’apprend. Et apprendre, c’est de confronter son ignorance. Lorsqu’on ignore la réalité des autres, il est très difficile de ressentir de l’empathie pour eux. Il n’est pas nécessaire de vivre ou d’avoir vécu les mêmes situations. La simple curiosité saine d’un être humain peut l’amener à développer son empathie, puisque malgré nos différences, nous sommes avant tout des êtres humains.

Alors, osons poser des questions. S’intéresser à notre voisin.

Osons parler avec nos voisins, répondre à leurs questions.

Montrons l’exemple à nos enfants en exigeant toujours de voir l’autre côté de la médaille. Ne restons pas dans notre confort douillet où rien ne nous confronte.

Confrontons-nous à ce qui n’est pas beau, ce qui nous semble illogique. N’adhérons pas à la démagogie, aux discours simples qui rendent les choses si faciles. Posons-nous des questions. Informons-nous.

Exprimons-nous lorsque nous sommes témoins d’une injustice. Personne ne devrait souffrir en silence.

La souffrance n’a pas de race ni de religion : elle nous passe à travers le corps et nous laisse démunis.

La détresse n’appartient pas seulement à une classe, elle peut toucher toute personne ayant des émotions.

La peur n’est pas rationnelle : elle se dissipe à grandes respirations.

Personne n’est à l’abri et tout le monde peut être un acteur de changement.

Tout le monde peut dire à son voisin/sa cousine/l’étranger dans l’aréna qu’il va trop loin dans ses propos.

Tout le monde a le pouvoir de défendre une personne vulnérable.

Je décide aujourd’hui d’entraîner mon muscle de l’empathie comme on entraîne son corps pour un marathon : tous les jours, un pas à la fois. Et j’espère que mes enfants suivront mes pas. Et j’espère que certains adultes aussi.