C’est dimanche matin et mon cadran sonne. Je me lève et me prépare à partir de la maison. En ce dimanche de printemps ensoleillé, je m’en vais donner mes sympathies. Juste à y penser, j’ai une grosse boule dans l’estomac. Je n’ai jamais rencontré le défunt. Malgré cela, c’est important pour moi d’aller offrir mes condoléances à sa maman. Une de mes anciennes collègues de travail a perdu son petit garçon de 10 mois.

Deux semaines plus tôt, j’étais en train de faire couler mon bain, quand je vois qu’une de mes collègues m’écrit. J’ouvre son message et je m’assois.  Ben voyons! Ça ne se peut pas. Une de nos anciennes collègues, qui se trouve à avoir environ le même âge que moi, a perdu son fils. Son petit bonhomme d’à peine 10 mois est devenu un ange. Pendant quelques minutes, j’ai l’impression d’être absente. Je pense à plein d’affaires. Je pense surtout à ce couple qui vient de perdre leur premier né. On aime tellement nos enfants et ils sont tellement tout pour nous. J’imagine comment leur vie a dû s’écrouler en l’espace d’un moment. Je dis que je m’imagine, car ça doit sûrement être bien pire que ce que je peux m’imaginer.  J’ai tellement de peine pour eux. C’est un cauchemar.

Je voulais écrire à la maman. Lui dire que je pense à elle et son amoureux très fort. Que je lui envoie des ondes positives pour réussir à passer par-dessus cette épreuve irréelle que la vie a mise sur leur chemin. Mes beaux-parents ont aussi vécu ce drame qui est de perdre un enfant. Je lui ai alors dit que si elle ressentait le besoin de partager ses émotions avec mes beaux parents, ça leur ferait sans aucun doute plaisir d’en parler. Parce que oui on peut penser savoir ce qu’ils ressentent, mais en fait, ça doit être invivable comme sentiment sur le moment.

Je suis allée avec une autre collègue donner mes sympathies ce dimanche matin là. Voir la petite et jolie binette du petit bonhomme sur la photo, avec à côté une petite urne en bois avec un nounours gravé… Ouf!!! Le motton m’a pogné instantanément. Les funérailles d’un proche âgé qui décède, c’est triste. Les funérailles d’un petit bonhomme de même pas un an, c’est douloureux et d’une telle tristesse profonde. Quand j’ai serré dans mes bras cette maman endeuillée, j’aurais voulu lui enlever toute sa peine et son mal. Elle n’a pas cessé de dire comment elle était bien entourée par ces proches, pour passer au travers de ce moment difficile. Effectivement, je pense que d’avoir son entourage présent peut l’aider à reconstruire son petit bout de vie qui vient de s’effondrer.  Sur le moment, je me connais et je savais que je ne pleurais pas. Malgré toute la tristesse et l’incompréhension dans cette pièce, aucune larme ne m’a coulé sur les joues  C’est en conduisant pour le retour, que là j’ai éclaté. Je ne peux pas croire que des parents ont à vivre le départ d’un de leur enfant. C’est injuste. C’est invivable. C’est irréel. C’est la vie… Malheureusement, parfois il s’écrit des chapitres dans notre livre et ce n’est pas nous qui les avons écrits.

Je souhaite de tout mon cœur bonne chance à Martine et Jean-François dans les moments à venir. Je pense souvent à vous. Votre petit n’est plus là physiquement, mais il sera dans votre cœur à jamais. Chérissez les beaux moments que vous avez vécus ensemble. J’espère que le temps saura mettre un baume sur vos blessures. Restez fort et prenez du temps pour vous. Charles-Antoine, j’ai vu tout l’amour que tes proches ont pour toi. Tu leur manques beaucoup. Veille sur eux. xxxx