Quand l’amour se multiplie

Quand le « + » s’affiche sur le test de grossesse qui t’annonce la venue de ton deuxième enfant, t’es comblée de bonheur. Ta famille va bientôt s’agrandir. Quelle joie! Tu sautes à pieds joints dans cette belle aventure. Tu savoures tous les moments marquants : les rendez-vous chez le médecin, les échographies, le son du p’tit cœur, les p’tits coups de pieds dans ta bedaine… Pour le reste, avouons-le, t’es plutôt occupée avec ton premier-né et le temps file à toute allure.

Puis, un soir, alors que tu regardes tendrement ta Belle au bois dormant, alors que tu la trouves si belle et que t’es si fière de ses récents accomplissements, cette pensée te vient à l’esprit : mais comment est-ce que je vais pouvoir aimer ce deuxième bébé autant qu’elle? Je l’aime tellement. C’est impossible!

T’en parles à des amies qui ont plusieurs enfants et elles te disent que ce sentiment est normal. Elles te disent de ne pas t’inquiéter que ton cœur est capable de beaucoup plus d’amour que tu ne le crois. Tu aimeras ce deuxième bébé de façon différente, mais à la fois tout aussi intensément que le premier. Promis. Juré.

Pourtant, malgré ce qu’on te dit, tu continues quand même de penser qu’il te sera impossible d’aimer autant, ton premier enfant détenant déjà tout ton amour maternel. Puis, cette pensée surgit : c’est qu’il te faudra aimer un peu moins ton premier pour faire en sorte d’aimer les deux également. Et te voilà envahie par cette peur de moins aimer ta belle grande fille, la prunelle de tes yeux, celle qui ensoleille toutes tes journées.

Le temps passe à une vitesse incroyable. Te voilà déjà au troisième trimestre. La dernière ligne droite avant de rencontrer ce petit trésor. Malgré tes craintes, t’as vraiment hâte. T’as l’impression de le connaître un peu déjà. Tu reconnais ses périodes d’éveils et t’es même certaine de déceler certaines de ses émotions. C’est un lien incroyablement puissant qu’une mère développe avec son bébé avant même qu’il ne naisse.

Et puis voilà enfin le temps de quitter vers le lieu de naissance. Tout déboule rapidement. Tu reconnais cette douleur qui t’apportera la récompense ultime. Tu te laisses emporter par elle. Chaque contraction te rapproche du but. Puis tu pousses. Tu pousses de toutes tes forces, tu traverses le feu, tu crois que tu laisseras ta peau à cette douleur qui n’en finit plus…

C’est à cet instant que l’on dépose sur ta poitrine ce petit être si parfait, si beau. Tu enrobes de tes bras et de tout ton amour ce petit être si fragile. Et c’est à ce moment que ce que l’on t’a répété prend tout son sens : l’amour ne se divise pas, il se multiplie.

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KARINE V.

Les enfants c’est comme les crêpes? Vraiment ?

« Les enfants c’est comme les crêpes : la première est toujours un peu manquée, mais on s’améliore pour les suivantes ». Cette phrase entendue dernièrement m’a bien fait sourire (intérieurement, parce que ce n’est pas politically correct on s’entend). Puis j’ai fait un énorme constat. Le parallèle avec mes 3 enfants était inévitable. Je m’explique. Avec ma plus grande, qui a aujourd’hui 6 ans, j’avais un modèle d’éducation bien précis en tête. J’étais beaucoup plus rigide au niveau de la discipline et je dérogeais rarement de mes principes. On dort chacun dans son lit, on ne mange pas dans le salon, on donne des bisous quand on reçoit un cadeau, on ne court pas dans la maison, on reste à table durant tout le repas et ainsi de suite. Aussi, je retirais une grande fierté quand les gens autour de moi venaient me complimenter sur l’attitude exemplaire de ma fille en public. Je reproduisais tout simplement le modèle que je connaissais. Il n’était pas mauvais, mais je n’avais juste jamais pris de temps de réfléchir à quel type de mère je désirais être. C’était déjà tracé pour moi.

Quand mon garçon est arrivé quelque 3 ans plus tard, j’étais déjà en processus de changement intérieur. C’est par contre l’arrivée de ma petite dernière (16 mois à ce jour) qui me permet aujourd’hui d’affirmer que je ne suis plus du tout la même maman qu’il y a 5 ans. Un énorme lâcher-prise s’est opéré en moi. Pas tant sur la façon d’élever mes enfants que sur mes priorités. Tout est maintenant axé sur mon lien avec mes enfants. Ma relation avec eux, ce que je bâtis au fil des jours. Bien sûr, j’impose un cadre, des balises, mais j’ai trouvé un meilleur équilibre dans mon rôle de mère. J’ai longtemps eu peur du regard des autres, de leur jugement. Maintenant ça m’affecte beaucoup moins. Oui je suis la maman qui va cacher à l’occasion un chocolat dans la boîte à lunch de sa fille alors que c’est interdit à l’école. Oui mon garçon de 3 ans a le droit de se lever de table après 10 minutes parce que son appétit fait en sorte qu’il mange aux 2 heures et très peu aux repas. Oui on peut manger une collation dans le salon et même déjeuner au lit le dimanche, même si ça a fait des miettes partout. On ramasse et c’est tout. Oui mon gars peut mettre le même chandail trois jours de suite parce qu’il l’aime d’amour. Oui on dépasse parfois l’heure du coucher, même quand il y a de l’école le lendemain, parce qu’on ne peut arrêter de jaser. Et oui on a le droit de déjeuner avec notre casque de vélo sur la tête juste parce que c’est drôle. Ça déplaît parfois, ça dérange certains, mais chez moi c’est ainsi.

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Revenons donc à cette fameuse citation. Je ne suis pas prête à dire que j’ai « manqué » mon premier enfant, mais ce que je peux affirmer, c’est que les suivants m’ont permis d’améliorer mon lien avec lui. Ce lien était présent. Il s’est toutefois renforcé et j’aspire à continuer de le solidifier. Ce lien est précieux. C’est celui qui me donnera possiblement accès à ses précieuses confidences à l’adolescence (on l’espère). C’est celui qui fera en sorte qu’il viendra vers moi dans les moments plus difficiles de sa vie. Je suis loin d’être la meilleure maman du monde. Je n’ai pas cette prétention. Mais j’ai enfin trouvé le modèle que je désire être et dans lequel je me sens bien. Il me fallait juste un peu (beaucoup) de lâcher-prise et pour ça je remercie la vie!

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ISABELLE L.

Lettre à mon amie qui se sépare

Ma tendre amie,

J’ai eu envie de t’écrire ce petit billet en écho à cette nouvelle partagée il y a de cela quelque temps déjà. L’annonce t’est tombée dessus comme une tonne de briques : ton couple prend le large, tu te retrouveras seule avec ta marmaille et l’avenir t’effraie.

Je ne suis pas experte en matière de ruptures amoureuses, ce n’est pas la réalité avec laquelle je dois composer. Néanmoins, j’ai dans mon réseau d’amis, des personnes qui ont eu à traverser ce sentier cahoteux. Je leur ai demandé conseil, pour toi mon amie. Parce que je t’aime et que je ne veux pas être la personne qui t’ensevelira de conseils de psycho pop de type « un de perdu, dix de retrouvés » ou alors qui te posera des questions qui manquent de tact comme le fameux « mais qu’est-ce qui s’est passé? ».

Non, ce n’est pas en te chantant « Tourrrne la pââââge » avec ma meilleure imitation de René Simard que je t’aiderai à le faire. La meilleure analogie que je puisse te faire, c’est avec le scrapbooking.

En fait, ton scrapbook personnel, renfermant de doux souvenirs conjugaux, sera toujours là. Personne ne pourra effacer ces souvenirs que tu as bien pris soin de consigner.

Je sais que les émotions dominent fort probablement ta vie. De belles émotions, pis des moins belles aussi. C’est normal et je sais que tu le sais. Mais je veux te le dire pareil. C’est normal. Tu les vis, tu les vois, tu les nommes, tu les digères … Prends ton temps. Ne te fais pas d’horaire de gestion d’émotions, vas-y comme tu le sens. Tu dois te sentir un peu comme « hors de ton corps ». Tu ne te reconnais peut-être même plus. Ne vas pas penser que c’est le « nouveau toi ». Ce n’est pas vrai. Tu as de la peine et la peine brouille le regard. Le regard qu’on a sur la vie et sur soi aussi. Pis pas besoin de valider ça avec cent mille recherches scientifiques : on est notre pire ennemi.

Mon amie, c’est juste une passe. Une bien mauvaise passe, j’en conviens.

Referme-le avec fierté, ton scrapbook personnel, tu as réussi à y apposer, en images, de beaux moments. Sois fière mon amie.

Maintenant, je veux que tu partes à la découverte, ou plutôt à la redécouverte, de la personne la plus importante dans ta vie (allez, tu sais de qui je parle!!). Que tu as peut-être fini par oublier un peu, au profit du couple, de la famille, des amis. Pars. Vers l’avant. Fonce. T’es belle, t’es fine, t’es bonne, t’es capable! Oui, je tombe dans le cliché. Rendue ici, tu as le droit de rouler les yeux (juste un peu). Rendue ici, tu vas me lire qu’à moitié. Mais c’est correct, ma belle amie. Les paroles s’envolent, mais les écrits restent.

Ah pis fais donc un détour par ton magasin de fournitures d’art préféré. Question de te procurer un nouveau cahier pour faire du scrapbooking. Un beau là, le plus beau. Parce que c’est ce que tu mérites, c’est ce que tu vas avoir. Le plus beau, bin c’est en avant que ça se trouve. Pis tu le trouveras, je le sais. Tu trouves toujours. Je t’aime mon amie.

 

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ANNIE B.

Les bébés de mon amie s’envolent

Je sais pas trop quoi te dire ma chum. Au fait oui, je le sais. Mais je sais juste pas comment, avec quels mots, de quelle façon. Quand t’as perdu le premier, c’était facile. C’était facile de te consoler parce que même si ça faisait deux ans que vous essayiez de devenir trois (ou cinq comme tu dis, en comptant ton beau chien pis ton chat snob pis pas ben ben fin), les mots je les ai trouvés tout de suite, j’ai même pas eu besoin de chercher, ils étaient là, dans ma bouche. Peut-être parce que c’était évident que c’était pas toi, que t’avais rien à voir là-dedans et pis que c’était « la nature » qui avait suivi son cours. Cours poche, cours triste, mais on ne peut pas se battre contre la nature. Ce jour-là j’ai eu peur que tu t’en remettes jamais et que ta peine s’incruste partout dans ton utérus et que ça le fige forever, que ça le rende laid, aigris et que tu te perdes là dedans. Mais les mots, je les avais tous. Puis t’es forte t’sais. T’as toujours été forte, alors je m’inquiétais, mais pas tant que ça. Je t’ai pas dit que j’avais acheté un cahier quand tu m’as dit que tu étais enceinte et que chaque jour jusqu’à temps que ton bébé parte sans toi, j’écrivais dedans. J’écrivais à ton bébé et je lui racontais ce que tu me racontais toi, un peu comme un journal intime, écrit par quelqu’un d’autre. J’avais décidé décrire chaque jour et je voulais y mettre des photos de captures d’écran de nos conversations, des photos de toi au fil de la grossesse, des pensés, des mots d’amour. Je l’aimais déjà ton bébé moi aussi. Je lui cherchais des noms, je lui devinais une face, je l’apprivoisais.

Quelques mois plus tard, quand tu as ré-arrêté de fumer, j’ai eu comme une grande bouffée de chaleur, une grande joie. Je savais que tu étais de nouveau enceinte. T’as pas voulu me le dire tout de suite parce que tu avais peur, mais ça me faisait sourire de te voir patiner comme tu le faisais. Puis tu me l’as dit et on s’est pleuré dans les bras au téléphone. C’est loin l’Alberta quand t’essaies de te serrer (je m’ennuie ma chum)! Puis là, comme un grand tourbillon de noirceur et de tristesse, une grande marmite dans laquelle mijotent tous les souvenirs de la première fois que ton bébé t’a quitté, le deuxième a cessé de grandir. Là, je les avais pas les mots. J’étais pas capable de te dire qu’il n’y avait rien qui clochait avec toi, que c’était pas de ta faute, que c’était la nature. J’aurais voulu t’expliquer que parfois les bébés ne restent pas avec leurs mamans parce qu’ils sont pas assez forts, mais j’avais peur que tu penses qu’il n’était pas assez fort à cause de toi. J’aurais voulu te dire que parfois les mamans qui ont 35 ans on pas l’intérieur aussi accueillant qu’avant, mais que les bébés eux, la voient pas la différence et qu’ils sont bien quand même, au chaud dans une plus vieille. J’aurais voulu que tu le saches en dedans de toi, que c’était pas de ta faute, mais je trouvais pas les mots pour appuyer ce que je ressentais. Pour la première fois depuis qu’on s’est trouvé dans un bar pendant une bataille et qu’on ne s’est jamais laissé par la suite, pour la première fois depuis 17 ans, j’ai eu peur que tu sois pas assez forte pour passer au travers et que ta peine t’avale toute crue. J’ai eu peur que ta peur te fasse arrêter de respirer. Tu dis quoi à une femme soudainement vide qui cherche la lumière dans la grande noirceur? Je ne sais toujours pas, comment on explique la mort des adultes aux enfants, encore moins comment expliquer la mort des enfants aux adultes. C’est pas de ta faute, t’sais. Ça ne sera jamais de ta faute. Si tu décides d’essayer encore, si tu trouves en toi la force de pousser, de forcer, de t’inquiéter pendant forever et qu’un autre bébé fait son apparition en dedans de toi, avec bruits de trompette, chants d’anges et confettis, je suis certaine d’une chose… je ne pourrai jamais te dire que cette fois sera la bonne, mais si elle l’était, si le bébé s’accrochait et qu’il poussait en toi durant 9 mois jusqu’à en sortir tête première, je ne connais aucune autre femme qui pourrait être meilleure mère que toi.

T’es déjà mère ma chum! T’es déjà mère parce que tu t’inquiètes, tu culpabilises, tu questionnes. Mais surtout t’es déjà mère parce que tu aimes, de toutes tes forces, à la seconde où ça commence à vivre.

MELANIE M

MÉLANIE M.

Ton chien

Ton chien qui n’est pas en laisse. Celui que tu qualifies du meilleur chien au monde, du chien qui ne ferait jamais mal à une mouche. Ah et il aime dont bien les enfants parce que ton frère et sa femme en ont trois à la maison et ils sont toujours en train de jouer ensemble comme des meilleurs amis.

Tu as un berger allemand? Un Yorkshire? Un bouledogue? Un chihuahua? 

Peu importe.

Si ton chien n’est pas en laisse pendant sa marche matinale, je ne veux pas qu’il m’approche. Ni moi ni mes enfants. Par contre, dans un parc à chien, en visite chez des amis, sur le bord du lac en famille, pas de problème! Il ne faut pas virer fou non plus.

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Crédit photo: PIXABAY

Je n’aime pas les chiens, vous dites? Je viens d’une famille qui n’a jamais vécu sans chien. Je les adore, je les traite comme des rois. Ceci dit, ce matin, je suis allée courir sur la piste cyclable. Une fille se promenait avec son chien sans laisse. Je le voyais au loin gambader dans les herbes hautes à proximité de la piste. La première chose que je me suis dit, c’est’« wow! Il est tellement beau (et gros!) ».

Une fois que je les ai dépassés, il a commencé à courir vers moi. Il a grogné (oui, peut-être qu’il voulait juste jouer, j’en conviens) et a tenté de me mordre. Il a réussi à accrocher mon bras, mais je l’ai littéralement repoussé, pour ne pas dire « punché »avec mon autre main. J’ai une petite boursouflure. Rien de creux. Pas de lacération. Pas de problème. Un petit bleu.

Le vrai problème, c’est le chien qui n’est pas en laisse. L’autre problème, c’est la propriétaire du chien qui ne faisait qu’appeler le chien par son nom comme si elle appelait un furet qui est en train de grimper dans un arbre.

         * T’es correcte? me demande-t-elle, grand sourire et aucun malaise visible.
        * Oui, oui, ça va. J’ai juste vraiment eu peur. Il a réussi à me mor…
        * Viens t’en mon chien!

Elle m’a coupé la parole sans s’excuser et est partie.

Et si j’avais été avec mes enfants? Mon bras et un visage d’enfant, c’est très différent.

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Crédit photo: PIXABAY
Qu’est-ce que ça prend pour comprendre que TOUS les chiens peuvent causer des blessures? Les plus petits, les plus beaux et les plus doux. Ils sont souvent à la hauteur du visage de nos enfants. Sur une période d’à peu près 15 ans, 24 morsures fatales se sont produites sur des enfants de moins de 12 ans*.

Il me semble que si on se met dans la peau de ces parents qui ont perdu des enfants, ça réveille un tantinet!
*Source: Journal du Collège des Médecins de famille du Canada

 

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CAROLYNE D.

Infertilité secondaire

Détrompe-toi. Je suis vraiment contente pour toi quand tu me parles de ton petit bébé à venir. C’est juste qu’il y a toujours ce petit pincement au cœur qui me rappelle que moi je ne suis pas enceinte malgré tout ce temps. Ce petit pincement au cœur qui dit à quand mon tour à moi? Je suis vraiment enthousiaste de tout ce que tu me racontes. Les hauts et les bas de ta grossesse. Cela me rappelle celle de mon bébé. Eh oui, j’ai déjà un enfant. Nous essayons depuis déjà 2 ans d’en avoir un deuxième. Un 2e petit ange ou petit monstre. Seul l’avenir nous le dira. Mais encore une fois, on dirait que le monde est contre nous. Je l’avoue, je vous jalouse un peu, beaucoup les filles qui regardez votre chum et qui tombez enceintes! Moi pour mon premier, ça a pris un bon 2 ans et demi… 2 ans et demi à se dire « mon Dieu qu’est-ce qu’on fait de pas correct? C’est moi? C’est lui? C’est nous 2 ensembles? » Et comme par magie, lorsque nous avons pris un rendez-vous dans un centre de fertilité, je suis tombée enceinte!!! J’étais folle de joie et mon chum aussi. On a eu notre petit monstre d’amour. Après quelque temps, on s’est dit que ça serait bien de lui faire un petit frère ou une petite sœur. Et puis les mois ont passé et les tests sont restés négatifs. L’histoire se répète. On a beau se dire qu’on a déjà un petit trésor à aimer, le petit pincement au cœur reste là chaque fois que décollent nos menstruations, qu’on entend parler qu’une telle est tombée enceinte… Je sais, je sais, je me plains le ventre plein; j’ai un enfant et il y a des filles qui donneraient n’importe quoi pour en avoir un et qui n’y arriveront jamais. J’étais comme ça avant d’en avoir un. Je me disais « pfffff elle au moins elle a eu la chance d’en avoir un, elle ne devrait pas se plaindre. » Mais maintenant que le besoin de maternité, un besoin je dirais viscéral m’est revenu, les pincements sont aussi gros que la première fois et font aussi mal. Par contre, j’ai la chance de pouvoir aller sniffer l’odeur de mon petit garçon pour me remonter le moral.
Pour toutes celles qui, comme moi, font de l’infertilité secondaire.

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FIFI B.

 

La liste des non-dits de la parentalité – Partie 1

 

Lorsque tu es en processus de création de ta progéniture (surtout lors de ton premier), tu t’en fais dire des affaires sur la vie de parent. Et par la suite, tu réalises que c’est vraiment vrai (lire plus vrai que vraiment vrai) que ta vie change du tout au tout. Voici quelques « petites tranches de mon petit vécu de parent » signifiant que oui, ça te change une routine en titi quand tu as un bébé.

– Avant d’avoir des enfants, le magasin que tu allais le plus souvent était probablement la SAQ. Maintenant, c’est le Jean Coutu – amicalement appelé JC – pis tu y vas au moins trois fois semaine, des fois DEUX fois dans la même journée, dans les premières semaines de vie de ton premier. Il est important de noter que cette phase est réversible avec le temps, c’est-à-dire quand tu retrouves ton sommeil régulier.

– Parce qu’en début de vie du nouveau-né, tes heures de sommeil sont finement calculées. En fait, tu n’as jamais autant parlé aux autres des heures de sommeil collées que tu as dormi…D’ailleurs, les autres s’en foutent pas mal de ton sommeil entrecoupé, mais ils t’écoutent, parce que ça l’air de vraiment te faire du bien, à travers ta face pâlotte pis tes cernes qui finissent en dessous de tes joues.

– Parenthèse à voix haute : une sortie avec un nouveau-née, c’est presqu’un déménagement, surtout quand tu es une rookie de la parentalité…

– Ton type de sortie mondaine change littéralement. Voici une liste d’exemples concrets à l’agenda d’une nouvelle mère : le shower de Vanessa, les deux ans des jumeaux, le baptême de Zack, la fête d’Aleck, etc. Peut-être moins mondain qu’une sortie dans un resto 5 étoiles, mais tout aussi agréable, aussi pour le portefeuille. Pis qui n’aime pas les petites sandwichs, les crudités, la salade de macaroni, les hot-dogst sans oublier les chips et le gâteau, mais surtout voir des enfants heureux!

– Côté relationnel, après ta sortie de l’hôpital avec ton p’tit poulet ou ta p’tite poulette, les deux premières questions que tu poses aux personnes que tu vois sont : « Es-tu malade? » et « As-tu les mains propres? » Fuck la courtoisie.

– Revenons au sommeil, quand tu te couches, jamais tu ne t’es endormie aussi rapidement, mais jamais tu ne t’es réveillée aussi vite…un drôle de bruit de ton bébé, deux pleurs ou whatever, tu te lèves comme une machine de guerre et il n’y a rien qui pourra t’empêcher d’arriver au lit de ton bébé. Aussi, quand ton p’tit mec ou ta p’tite nana dort dans ta chambre, tu pratiques désormais ce sport qu’on appelle « le push-up de lit » pour l’observer dans son berceau au moindre son inhabituel.

– Durant les premières semaines de vie de ton précieux p’tit poulet ou p’tite poulette, lorsque tu réussis à te nourrir, tu le fais avec l’élégance d’un ex-prisonnier qui mange son premier repas à sa sortie de prison. Pas chic, mais nécessaire quand ça fait 10 heures que tu n’as pas bouffé.

– Quand tu tires ton lait, ledit lait maternel et sa production deviennent une obsession… sérieux ça devient un sujet d’ordre national dans le foyer familial… Pis ton chum ne te le dit pas parce qu’il est fin, pis bien fier de toi de te donner corps et seins, mais my god qu’il est écœuré de t’entendre lui radoter le nombre d’onces que tu as récoltées lors de ta dernière traite ou de pouvoir seulement contempler tes deux boules voluptueuses sans pouvoir leur toucher. Notez aussi que ladite quantité possiblement bue par l’enfant est aussi sujet prioritaire de la famille. « P’tit poulet a-t-il assez bu, il me semble que p’tite poulette n’a pas assez bu aujourd’hui, combien tu penses qu’il a bu…etc. »
-Tirer son lait, ce n’est pas glamour comme dirait l’autre. On peut te comparer à une vache ou une chèvre. Mais la chèvre à une barbe, pis une barbe, ce n’est pas cool pour une fille, alors tu préfères de loin la comparaison avec la vache.

-Ta page Facebook devient un album de photos de ton bébé… Eh oui, tu es l’une de ces personnes qui se disaient : « non, moi je ne partagerais pas de photo de mon bébé…». Maintenant, assume-toi verrat et partage comme bon te semble les photos de ta progéniture.

– Facebook, Twitter, Instagram deviennent tes meilleurs alliés durant la nuit. Faut bien tuer le temps entre deux boires, un tirage de lait pis une p’tite collation. Le plus drôle, c’est que tu vas même espionner tes amies nouvellement mamans pour voir si elles sont en ligne, question de ne pas te sentir trop seule… Si ça fait longtemps qu’elles ne l’ont pas été, tu les « jalouses » intérieurement en te disant que leur précieux fait ses nuits, pis que tu as hâte en taaaa que le tien les fasse aussi ;). On va se le dire, le plus difficile, c’est le manque de sommeil constant!

Bref, malgré cette transformation soudaine dans une vie, les nuits blanches, les moments plus « toff », les situations dans lesquelles nous nous sentons parfois impuissants, les grandes joies, les petites réussites et les larmes de bonheur, être parent devient au fil du temps le plus beau des rôles au monde. La beauté de la vie prend tout son sens et nos précieux p’tits poulets et p’tites poulettes nous comblent de joie tous les jours (joie souvent accompagnée d’un bon verre de vin lors du souper!)

Partie 2 à venir…version familiale à 4!

 

CAROLINE B.

 

Mes tendances favorites pour les minis

 

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Chandail manches longues : H&M, Pantalon coton : l’Aubainerie, T-Shirt : P’tit mec P’tite nana, Couvertures : Winners
#1 Le noir et blanc

Que ça soit dans le décor ou les vêtements, j’adore la tendance du noir et blanc. C’est simple, unisexe et donne un look très chic en toute simplicité et que l’on peut retrouver partout à tous les prix.
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Crédit: Pinterest

#2 Les formes géométriques

Encore dans le même style minimaliste, j’aime beaucoup les formes géométriques. Cela permet d’ajouter une « twist » plus originale et plus moderne à un ensemble. Parce qu’un ours fait avec des triangles, c’est tellement plus cool que Winnie the pooh!
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Pull manches longues : Boxed apparel, T-shirt : P’tit mec P’tite nana, Pantalon : Coton Vanille
#3 Le bois

Autant que mes enfants adorent leurs gros jouets pleins de couleurs, qui allument et me donnent des migraines, autant je les déteste! J’aime que certains de leurs jouets complémentent le décor. C’est pour cela que j’adore les jouets de bois. Leur look est tellement beau que je m’en sers même comme décoration des fois! C’est un gros plus si, comme moi, vous habitez en condo ou en appartement et que vous n’avez pas une salle de jeux isolée.

 

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Melissa Leduc

MELISSA L.

Ma nostalgie des Fêtes

 

Je suis une fan de Noël; depuis que je suis toute petite, j’adore le temps des Fêtes. La musique, les décorations, les marchés de Noël, gâter mes proches, la bonne bouffe et en plus j’ai récemment découvert les cafés Édition spéciale du Starbucks, ils sont juste trop bons! Bref, j’adore ce temps de l’année.

Beaucoup de mes souvenirs d’enfance se retrouvent à cette période. Je revois encore mon père mettre le même disque de Noël pour nous annoncer qu’on allait faire le sapin. Chez nous, on avait un vieux sapin artificiel. Le genre qu’on devait assembler branche par branche. Une fois le sapin monté, mon père s’occupait de démêler le tas de lumière avant de les enrouler autour de l’arbre. Ensuite ma mère prenait la relève et on l’aidait à le décorer. Quand je pense à Noël et mon enfance, je pense surtout au réveillon le 24 au soir. Ma famille et moi, on allait à la messe, pour ensuite revenir à la maison où ma mère nous préparait des petites bouchées. Rien de super fancy là, mais pour mon frère et moi, c’était un vrai festin de roi! Après le repas, on courait mettre nos pyjamas et on allait s’installer en famille au salon. Mon père allumait un feu de foyer (un vrai là, avec des bûches qui crépitent) et on se mettait un film, pratiquement toujours le même, le classique du temps « Maman j’ai raté l’avion » puis on se collait en famille.

Le 25 décembre, c’est en famille avec mes grands-parents, les sœurs de mon père et mes cousins/cousines que ça se passait. Tout le monde était content de se retrouver et chaque famille apportait sa contribution pour le repas. Il y avait de la bouffe pour une armée et on mangeait jusqu’à rouler par terre. C’est bien la seule fois dans l’année où mes parents me laissaient manger plus d’un dessert…quelle joie! Dans le temps, ça veillait tard, on jouait à des jeux et mon grand-père se déguisait à notre insu pour faire le père Noël. Nos yeux d’enfants brillaient à chaque cadeau que l’on recevait. Bref, c’était le bon temps.
Malheureusement les choses changent, on vieillit et nous avons tous des obligations différentes. Pour ma part, nous sommes plusieurs dans ma famille avec des horaires atypiques, alors nous ne sommes pas toujours en congé lors des jours fériés. On doit s’adapter, car l’important c’est de pouvoir se voir. Pour nous, Noël n’est plus toujours le 24 ou le 25 décembre, mais bien quand nous sommes tous disponibles. Aussi, autant du côté de mon chum que du mien, nos familles ne se réunissent plus en grand nombre pour fêter Noël. Quand j’y pense, je trouve ça triste un peu parce que je garde tellement un beau souvenir de cette époque et ça me rend nostalgique. Que voulez-vous, j’ai un cœur d’enfant quand il s’agit de Noël!

Parfois j’ai l’impression que dans mon entourage, on a perdu la magie du temps des Fêtes. En fait, je crois qu’on ne prend plus le temps de prendre son temps, de savourer la période des Fêtes sans que ce soit une corvée de recevoir à Noël. Fêter Noël ne devrait pas être compliqué, mais de nos jours, on dirait qu’on est centré sur soi-même et qu’on ne prend plus la peine de remettre le compteur à zéro le temps d’une soirée. Pourtant il serait si simple de juste oublier notre quotidien et de profiter du moment avec les gens qu’on aime. Une tradition qui perdure depuis que je suis avec mon chum, c’est notre fameux souper d’amis où l’on se réunit la gang ensemble un samedi de décembre. J’adore mes amis pour ça, notre souper de Noël c’est sacré et tout le monde doit y être!

 

Cette année sera le premier Noël de notre petite poulette. C’est peut-être pour ça que je tiens tant à vivre un beau Noël comme dans mes souvenirs, car comme je suis en congé de maternité, je ne travaillerai pas pour son premier Noël. Je sais au fond de moi qu’elle ne réalisera pas la signification de cette journée et qu’elle n’en gardera aucun souvenir, mais si vous saviez comment c’est secondaire pour moi. Quand on a un horaire où l’on travaille les jours fériés, on prend tout ce qui passe et cette année je veux profiter pleinement de ce premier Noël.

Quand j’ai raconté à mon chum ma nostalgie du temps des Fêtes, il m’a dit : « Ben chérie, on a juste à créer nos propres traditions pour avoir d’aussi beaux souvenirs ». Aussi simple que ça! En une phrase il a réussi à faire disparaître l’angoisse qui me rongeait depuis plusieurs jours. C’est pour ce genre de paroles que j’aime mon chum, le papa poule qui ferait tout pour nous rendre heureuses.

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JULIE H

Le rêve d’une grande famille

Maman, belle-mère (ouf! Ça sonne comme «sorcière» me semble! Je dirais plus belle maman dans ce cas!), artiste, designer (ça sonne «glamour», ça, me semble…Ah! pis j’le laisse comme ça!)… Jamais je n’aurais imaginé que mon horloge biologique ressonerait à 31 ans (ce doit être le changement d’heure qui a provoqué ce chamboulement…). Qu’est-ce qui s’est passé??? Je n’ai rien vu venir! Pourtant, il n’y a pas si longtemps, c’était très clair que mon amoureux, à l’aube de ses 40ans, avec déjà 3 garçons (assez actifs merci! ) et les tempes grisonnantes, avait assez donné! Mais non! BOOM !!! Je sais désormais que l’horloge biologique est une réalité physiologique inéluctable qui crée une urgence particulière.

Mon garçon va avoir 3 ans, il pousse comme de la mauvaise herbe et voilà que le désir d’avoir une grande famille refait surface. Le fait de le voir si triste chaque fois que ses frères retournent chez leur maman a peut-être pesé dans la balance… (Juste en passant… la «Maman», ça, c’est un sujet à venir dans un prochain article 🙂 ) Bref, après avoir fait plein de farces à mon amoureux (Oui, oui…disons que je sondais le terrain! LOL ) sur le fait que notre famille serait plus complète avec un autre bébé, je crois avoir réussi à semer la graine du doute (… pas de jeux de mots à faire ici!) dans sa tête aussi. Les discussions au sujet de se faire couper «le canal famille» ont cessé… OUF! Mon coeur s’arrêtait chaque fois que le mot «vasectomie» était prononcé! Il fallait que je me rende à l’évidence… je voulais un deuxième enfant.

Eva, si c’est une fille (ce qui apporterait un bel équilibre à la famille :)) et «monsieur X» si c’est un garçon (tout simplement parce que le plus beau nom, Louca le porte déjà et que tous mes choix de «vieux» noms ne passent pas au conseil! lol). Mais encore là, tout n’est pas gagné…je dois être convaincante, user de stratégies et trouver LES arguments qui vont peser dans la balance. C’est ici que mon côté «mausus de chialeuse» entre en ligne de compte (ben oui, j’ai des défauts! Mais mes qualités font qu’on les oublie! Oui, oui! Je vous le jure!). Je vous explique…

Chez moi, le hockey prend une place importante. Disons qu’ avec deux enfants qui font partie d’une équipe et qui ont parfois jusqu’à 5-6 parties (ou pratiques) par semaine, mes fins de semaine sont «scraps» (j’aurais pu trouver un autre terme comme «foutues» ou «gâchées», mais ces termes n’étaient pas assez représentatifs à mon avis!)

À chaque fois qu’Alex me dit: «Ce soir, il y a du hockey!», c’est comme si c’êtait une surprise qui arrive au moment où j’ai des tonnes de choses à faire… (mon subconscient tente de refouler ces moments…J’en suis certaine!) Pourtant, je sais très bien QUAND les garçons doivent se rendre à l’aréna et à quelle heure! Je m’en confesse, je déteste la vie d’aréna! Mais je fais ma part, parce que c’est important pour les garçons et qu’ils ont besoin de ce temps pour dépenser leur trop plein d’énergie.

Puis un jour, lors d’un long voyage en voiture, mon conjoint et moi avons eu une discussion sérieuse… (parce que «prendre la décision d’avoir un enfant» ce doit être une décision réfléchie) Et c’est à ce moment que «l’entente» a été conclue, que «l’accord» est passé: Go! On essaie pour un autre bébé! (*lire ici:«J’aimerais avoir des jumeaux… d’un coup mon horloge biologique se remettait à faire des «free games»! ). Le «marché»? Je n’ai plus le droit chiâler (plus JAMAIS! Issshhhhhh!!!) à cause du hockey (Vous vous imaginez à quel point je devais être «gossante» pour que ça fasse l’objet d’une entente aussi sérieuse! ) Maintenant, il faut que je respecte mon entente; et je travaille fort, parce que ça vaut la peine…TELLEMENT!

Depuis cette belle promenade en voiture, on se réinvente nos histoires de famille futures, avec en tête un projet commun. Semblerait toutefois que ce soit moins évident qu’à la première grossesse; l’achat de tests d’ovulation et de grossesse fait presque partie de notre budget! J’en suis même rendue à essayer les trucs de grands-mères (qui ne fonctionnent clairement pas! ). Ce «petit poulet» n’est même pas encore conçu que je rêve à lui, à sa future «binette», je l’imagine blond ou brun, avec les yeux et le nez de papa, la bouche de maman…Je magasine même la future poussette et la bassinette (dire que je me suis «débarrassée» de tout cela il y a à peine 1 mois! ). Mon corps, ma tête et mon coeur sont prêts à accueillir un 2e enfant. J’ai hâte de refaire le monde accompagnée de princesses ou de chevaliers, j’ai hâte de chanter «Cadet Rouselle» à tue tête dans la voiture avec Louca qui danse sur la banquette arrière.

jess

JESSICA H.