Apprendre et accepter les allergies de ma poulette

 

Le 30 juin dernier, un événement a changé la vie de notre famille. En fait, je devrais dire une légumineuse : l’arachide. Nous étions en train de faire un pique-nique en famille, quand ma plus vieille, Emma, trois ans, a commencé à se gratter la langue, après avoir mangé trois arachides. Il faut savoir que ma fille n’avait jamais aimé le beurre d’arachide. En fait, c’est ce que je croyais. Quand je l’avais intégré à son alimentation, elle le recrachait chaque fois. En vieillissant, elle disait « Beurk beurk » en mangeant des toasts au beurre d’arachide. Donc, Emma n’aimait pas « le beurre de peanut » comme d’autres enfants n’aiment pas le brocoli. C’est ce que je me disais à l’époque, sans en faire de cas. Par contre, quand j’ai vu ma fille vouloir s’arracher la langue après avoir mangé trois cacahuètes, j’ai commencé à comprendre ce que cela pouvait signifier. Bien voyons! Une allergie aux arachides ? Oh non!
Quand j’ai réalisé que c’était certainement ça que ma fille avait, ç’a vraiment été un choc pour la Maman Poule que je suis. Pendant quelques jours, j’avais beaucoup de peine pour elle et je me disais qu’il devait y avoir une autre explication. C’est comme si tout d’un coup, ma poulette de trois ans avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête, qui à tout moment, était prête à tomber. J’avais maintenant l’impression que sa vie était en danger, et ce, chaque fois qu’elle mangeait. Et les jours où elle sera à la garderie? Et ensuite à l’école? Je ne serai pas là pour m’assurer qu’elle est sans danger. Un choc anaphylactique est prêt à sonner à sa porte, à tout moment. J’avais peur, très peur pour elle.
Suite à cet événement, notre médecin nous a prescrit deux épipens, en attendant de rencontrer l’allergologue. Nous avons été très chanceux, car trois semaines plus tard, nous avions déjà un rendez-vous avec un spécialiste en allergies. Les tests cutanés et les prises de sang ont confirmé une allergie à l’arachide élevée et une allergie aux noix de faible à modérée, tout dépendant la sorte de noix.

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Ça fait maintenant plusieurs mois que nous jonglons avec cette nouvelle réalité. J’ai appris à l’apprivoiser et à l’accepter. Je me dis que ma fille a des allergies alimentaires, pas le cancer. J’ai lu beaucoup sur le sujet. Je comprends maintenant mieux ce qui en est la cause. J’ai assisté à une conférence sur différents sujets en lien avec les allergies. Ça m’a rassuré. En plus, grâce aux réseaux sociaux, j’ai commencé à parler à d’autres mamans qui comme moi, vivent avec les allergies alimentaires de leur progéniture. J’ai réalisé que je n’étais pas la seule à vivre ça, loin de là!
Ma fille est une petite fille de trois ans, comme toutes les autres. Elle peut tout faire comme les autres, sauf qu’elle ne peut pas manger certains aliments. C’est fou comment elle me surprend. Emma demande déjà à son entourage, si tel ou tel aliment contient des arachides. Elle comprend son allergie et prend ça très au sérieux. Maintenant que la poussière est retombée et que notre frigo s’est adapté, je dois dire que je voyais ça vraiment pire que ce l’est en réalité. Le petit train-train quotidien continue, mais avec plus d’adaptation. Voilà! Mamans Poules d’enfants allergiques, comment vous êtes-vous senties en apprenant que votre enfant avait des allergies alimentaires ?

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VANESSA F.

Mon non-congé de maternité

 

C’est quand même coquin comme choix de mots… congé de maternité. Congé…

Entre toi et moi, je ne pense pas avoir eu de la broue dans le toupet autant que depuis mon accouchement, il y a 5 mois! À part peut-être quand j’étais étudiante, que je faisais un stage en Centre Jeunesse et que je travaillais 35 heures par semaine. Mais encore là, je trouvais quand même un peu de temps pour procrastiner (et m’entraîner à procréer!) et déguster un petit verre de vin devant Netflix. Maintenant, oublie ça! Mon énorme verre de vin, je le cale entre un allaitement et un changement de couche (et je ronfle 20 minutes plus tard). Procréer (insérer ici un bruit de criquet), disons que c’est moins tentant quand tu enregistres un déficit de sommeil de 8 millions d’heures. Tout à coup, tu as comme moins le goût!

Mais bon, mon point n’est pas là. Mon point c’est que depuis que je suis en « congé », je n’ai eu aucune journée de congé. Pour vrai!

Il y a les rendez-vous!! Allers-retours à l’hôpital (petit poulet a fait une jaunisse), CLSC et halte d’allaitement pour s’assurer que bébé prend assez de poids pour guérir, visite de l’infirmière à la maison, rendez-vous avec son médecin et les vaccins… Rendez-vous pour la mère qui a fait de la haute pression en fin de grossesse et nombreux suivis post-partum pour différents petits problèmes inflammatoires. OVERDOSE.

Il y a la visite. La famille, la belle-famille, les amis. On fait un peu de ménage par-ci par-là pour les recevoir. Rien de majeur là. À peine pour dire que personne ne trébuche dans mes bobettes sales (joke, pas joke). On écrit des courriels et on envoie des photos pour faire l’annonce à ceux qu’on ne voit pas. On va faire des coucous aux collègues. On fait une ride de 12 heures pour aller visiter la famille à Rimouski et faire rencontrer notre petite merveille à un arrière-grand-père très ému. On va au resto avec les bffs et on se fait des soupers entre pounes (ou femmes, mais j’aime bien pounes!). J’avais quand même un semblant de vie sociale avant l’arrivée du poulet, alors il faut l’entretenir. Pas OVERDOSE.

Il y a le magasinage. Avoir un bébé, c’est une magnifique occasion de se créer des besoins. Non, mais sans blague, il y a plein de trucs auxquels je n’avais pas pensé : des petits bols pour les céréales (deux cuillères à table dans un bol à soupe ça donne pas mal juste des pertes et un bol sale), une brosse pour laver les biberons et le tire-lait, les biberons (oui, il en faut même quand on allaite)… Vous voyez le genre. Et ça, ce sont des essentiels… Il y a tout le reste. Un soixantième cache-couche, un jeans trop mignon, le magnifique chandail bleu de P’tit Mec P’tite Nana… Toutes d’excellentes raisons de swigner monsieur dans sa coquille et de gambader, carte de crédit en main, de boutique en boutique. Pas OVERDOSE pantoute. Sauf pour le budget.

Et il y a les activités. Ça, je dose à mon goût, mais comme je suis un peu intense dans la vie, vous comprendrez qu’il y en a quelques-unes! Petit poulet et sa maman (accompagnée de son muffin top) ont un cours de musculation le jeudi et de Pilates le vendredi. Le mercredi, on fait du bénévolat à la joujouthèque et selon nos goûts (et notre sommeil), on participe à différents ateliers offerts par un organisme-famille du coin comme celui sur le portage ou le sommeil. On tripe. On essaie aussi de faire notre jogging de temps en temps.

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Ah! et il y a la vie aussi… le garage, les courses, les anniversaires, l’Halloween, les vacances… Ça roule, mais je ne m’en plains pas parce qu’à travers toutes ces belles journées de non-congé, je suis accompagnée de ma petite personne préférée : mon fils.

Et vous, votre congé, il était comment?

 

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ISABELLE BDC

 

Quand est-ce qu’on en fait un deuxième?

 

« Quand est-ce que vous allez en faire un deuxième? » Le sujet a été abordé plusieurs fois sur plusieurs angles différents. Celui que moi je choisis, ce n’est pas de leur répondre à eux, mais plutôt à moi. Quand est-ce qu’on en fait un deuxième?

Mon fils a un an et mon mari et moi avions discuté de la différence d’âge idéale qui devrait séparer nos enfants. Alors, présentement, je devrais être en train de faire l’amour… Je ne m’explique pas mon hésitation, mais elle est là. Notre famille commence tout juste à trouver une certaine stabilité dans le rythme travail/garderie/repas/routine en général/dodo.

Je connais pourtant très bien le temps que gestation d’un humain et je me débrouille assez en maths pour savoir que dans au moins 9 mois (sans compter le temps de conception qui est plutôt long et ardu dans notre cas et les antécédents/peurs de fausses couches), mon fils va probablement marcher et être un peu plus autonome qu’aujourd’hui. Je sais qu’il aura presque 3 ans à mon retour au travail… Mais je ne suis pas capable de me projeter jusque-là. Peut-être que ça va assez vite de même, que je refuse d’accélérer le temps même fictivement.

Mon corps a peur de revivre les fausses couches et les complications (bien qu’elles aient été mineures). Il a peur de ne pas pouvoir fournir toute l’énergie que nécessite un Zack d’un an. Ma tête a peur que le p’tit nouveau détruise les fondations que nous avons construites à coups de bulldozer. Elle pense aux finances, au travail, au temps…

 

Pourtant, j’ai ce qu’on appelle un enfant facile. J’hais ce terme-là parce que quand tu passes une nuit de marde, par exemple, c’est comme invalidé auprès des autres vu que la majorité des autres nuits se passent bien. Tous les Nostradamus de ce monde me prédisent alors un deuxième qui sera l’enfer vu la chance que j’ai eue avec mon premier. Ce qui ajoute évidemment une frustration/peur à cause d’eux autres.

D’un autre côté, mon cœur est tellement prêt, lui. Il est prêt à être émerveillé par la beauté du rôle de grand frère de mon garçon. Il est prêt à être deux fois plus nerveux pour toutes les petites menaces de la vie. Mon cœur est prêt à en construire un autre et tout faire pour le rendre encore meilleur que lui-même. Mais la naïveté n’est plus là pour le rassurer. T’sais celle qui te dit que tout va bien aller. Maintenant, je sais ce qui m’attend. Pour certaines c’est rassurant, pour moi c’est angoissant.

Faque, c’est quand qu’on en fait un deuxième?

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SABRINA H.

Choisir un prénom… envers et contre tous!

 

 

Choisir un prénom… quel casse-tête!

Mon fils n’était même pas dans les pensées de son père (mais dans les miennes depuis loooooooongtemps!) que j’avais déjà des listes bien garnies de prénoms. Par contre, à la minute où je suis tombée enceinte, mes idées ont changé! Comme si mes choix n’étaient plus aussi bons une fois le temps de nommer cet enfant pour la vie arrivé. Parce qu’on va se le dire, c’est toute une responsabilité de choisir le prénom que notre bébé portera pour toujours! Mais s’il n’y avait que ça…

Il faut composer avec nos goûts et évidemment ceux de papa. On l’a fait à deux ce p’tit poulet-là, on va choisir à deux! Là-dessus, ça n’a pas été trop difficile. On avait plusieurs critères (ok, surtout moi…) : francophone, pas trop long, pas trop commun sans être trop original (lire : pas 6 qui ont son nom dans sa classe, mais pas seulement lui dans toute l’école secondaire…) et qui ne fait pas trop de diminutif. Bonus s’il y a un lien historique, car on adore l’histoire l’Homme et moi.

Papa ne voulait pas parler de prénom avant de connaître le sexe… et ça me rendait folle! J’avais besoin de me flatter la bedaine en me demandant s’il porterait mieux un prénom qu’un autre, s’il donnerait un coup de pied à un prénom en particulier… Alors la veille de l’échographie, j’ai fini par le convaincre d’en parler. Et on s’est rendu compte qu’on était sur la même longueur d’onde! Ok, sa liste était pas mal plus courte que la mienne, mais ses choix me plaisaient et son choix pour un garçon figurait dans ma liste : Hector. Pour une fille, mon premier choix était Élizabeth et il aimait bien. Il m’a suggéré Marion, et j’ai trouvé ça mignon. On est donc partis pour l’échographie, le lendemain, avec ces 3 prénoms dans la tête et le cœur. Quand la technicienne nous a annoncé qu’on aurait un fils, j’étais très contente d’avoir un petit Hector dans la bedaine!

Une fois à la maison, l’Homme a continué d’y penser et il m’a suggéré de nommer notre petit poulet Adrien. Je suis tombée sous le charme! On se laissait une petite porte pour un autre prénom, au cas où il n’aurait pas la binette d’un Adrien, mais je savais que c’était son nom! Je le sentais de tout mon cœur!

Il y en a eu des commentaires, quand on a commencé à en parler… plusieurs adoraient ça, certains semblaient mal à l’aise de nous dire que ça ne leur plaisait pas et d’autres (bien peu, il faut le dire) nous ont carrément dit que ça n’avait pas d’allure. Mais les autres, qu’ils aiment ou non, je m’en fous complètement et papa aussi. Et vous savez quoi? Il ne pourrait porter aucun autre prénom notre Adrien. C’est son nom à lui et on l’a choisi avec amour, envers et contre tous. Et ça, ça n’a pas de prix!

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(Vous voyez comme ça lui va bien? 😉 )

 

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AUDREE J.

 

Lister sa vie

Je l’avoue, j’aime les listes! Comme plusieurs, j’ai une liste pour l’épicerie, une pour les repas et une autre pour les tâches à faire. Mais mon amour des listes est bien plus grand que cela! J’en fais pour tout! La popote qu’il faut faire pour le congélo, les achats de vêtements pour les enfants ou bien pour les projets déco. Ah! Il y a aussi les listes saisonnières : les courses pour l’Halloween, les cadeaux de Noël, la préparation du jardin ou pour ce qui reste à faire autour de la maison. Et celles pour le boulot. Certaines se retrouvent sur mon frigo, d’autres dans mon porte-monnaie ou encore dans ma voiture. Les listes sont toujours au cœur de ma vie, mais leur intensité est par contre variable. Vu sous cet angle, vous pensez probablement que je suis soit bien organisée soit un peu parano!!! De mon point de vue, je dirais que je suis un joli mélange de tout ça!
Mais faire des listes, c’est entre autres un temps d’arrêt. Ce petit flirt entre moi, le bout de papier et le crayon me fait un bien immense. Il me recentre sur moi, sur ma famille et me redonne un souffle nouveau pour affronter le quotidien. Pour être franche, les listes me rassurent, puisqu’avec elles, je connais le début et la fin de quelque chose. Elles sont mes fidèles alliées quand les semaines sont folles, elles m’épaulent lors des journées où je suis dans le « rush », que mon amoureux est absent et que les enfants sont à 10 sur l’Échelle de Richter. Elles me prennent par la main quand j’ai seulement envie de pleurer et m’obligent à mettre de côté la procrastination. Par contre, n’allez pas croire que je réussis à accomplir tout ce qui se retrouve sur ces divers « post-it ». Évidemment, les tâches qui me plaisent le moins se retrouvent en bas de liste et quelques fois, se transfèrent d’un papier à un autre! Bah! Quoi, je ne suis pas une maman parfaite!
Il m’arrive aussi d’avoir la liste sentimentale! La veille de l’anniversaire de mes enfants, je leur fais une grande liste. Il y a nos beaux moments de l’année, leurs réussites, ce que je souhaite pour la prochaine année, ce que je m’engage à faire pour favoriser leur épanouissement ou ce que je désire voir naître chez eux. Évidemment, il y a la traditionnelle liste du premier de l’an. Pour celle-ci, je regarde rarement derrière. Je focus sur ce qui arrivera et elle est habituellement diviser en quatre sphères : moi, mon couple, ma famille, mes projets. Cette dernière, je la garde précieusement dans mon carnet de travail, je ne la consulte pas régulièrement, mais je sais qu’en cas de besoin, elle fera son boulot et me remettra sur les rails!
Psst! Êtes-vous surprise si je vous dis que j’ai aussi une liste pour les sujets que j’ai envie d’aborder sur ce blogue?

 

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GENEVIEVE H.M

T’es dans ma bulle de Noël

 

Décembre! Cette période de l’année me rend tellement fébrile! J’adore tout, tout, tout du temps des Fêtes. J’apprécie les premières neiges tout comme les chansons de Noël dans les centres commerciaux où je vais probablement passer beaucoup trop de temps dans les prochains jours à préparer mes cadeaux… Il y a une nouvelle réalité que j’appréhende de plus en plus en tant que nouvelle maman avec l’approche des Fêtes, soit de me sentir envahie dans ma bulle de Noël!
Voilà, je m’explique… Déjà, depuis que nous avons notre p’tit poulet, beaucoup trop de gens ressentent l’insatiable besoin de toucher notre p’tit mec. Vous me direz que le toucher fait partie des cinq sens, moi je vous répondrai en tant que maman poule : NON juste NON! En fait, je vais doser mon NON. À la base, moi et mon conjoint ne sommes pas sauvages. Par contre, quand je suis au restaurant en pleine conversation, que mon garçon dort dans les bras de son papa et qu’une dame au passage décide de lui retirer sa tuque pour lui jouer dans les cheveux et tasser son manteau pour lui pincer les joues, disons que ça passe moins bien! En plus d’être ultimement impoli envers moi et mon conjoint, ça agresse mon poulet qui devrait se sentir paisible et protégé dans les bras de son papa poule! Le pire, c’est que quand on tente de faire réaliser à ces gens l’affront qu’ils font, NOUS sommes les fautifs à leurs yeux! Si nous simulons une situation inverse et que mon garçon, à l’âge de 5 ans disons, décide d’aller couper la parole à une dame qui discute avec son conjoint au restaurant pour lui demander ses confitures aux framboises, eh bien, ce sera mon poupou le « p’tit mal élevé » là-dedans.
Maintenant, comme les Fêtes sont synonymes de réjouissances et que les gens ont le cœur plus léger durant les festivités, j’ai une peur bleue juste à penser à la quantité de gens qui vont vouloir le toucher. Avec ce billet, une partie de moi veut aussi faire de la sensibilisation. Le temps des Fêtes, c’est aussi synonyme de microbes à profusion et je n’ai pas trop envie de subir durant mon congé en famille la grippe que mon p’tit poulet aura attrapée quand il se sera fait postillonné au visage ou bien la gastro qu’il aura attrapée grâce à la personne qui lui aura flatté les mains sans se laver les siennes en allant aux toilettes. Plus loin encore (ne vous inquiétez pas, je ne suis pas hypocondriaque), je pense auxs enfants allergiques et au matin, si inoffensif, où après avoir mangé du beurre d’arachide, quelqu’un décidera, sans y penser, de pincer les joues d’un chéri pour qui ça pourrait être fatal.
Je finirai avec un avertissement plus léger à VOUS-là, la p’tite madame qui le trouve bien « cute » mon poulet,… pensez-y deux fois avant de lui flatter les cheveux ou de lui enlever sa botte pour jouer avec ses p’tits pieds sans avertissement, car il est fort probable que son papa poule se mette à VOUS flatter les cheveux sans avertissement!

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CATHERINE B.

Noël sur Skype et comment bien s’en sortir

 

Notre premier Noël en Californie a été assez éprouvant. Ça faisait à peine 2 mois que moi et notre fiston de 9 mois avions rejoint papa pour la grande aventure : un travail à l’étranger.
J’ouvrais les dernières boîtes dans notre dispendieux et minuscule appartement de San José, j’étais pleine d’hormones, de stress constant, de solitude au quotidien, je souffrais de mon anglais très moyen et notre bébé nocturne ne passait pas aux oubliettes. J’attendais Noël (sur Skype) comme une bouée de sauvetage, un moyen de me sentir chez nous quelques minutes. Coup de chance, c’était la première fois depuis des années que même la famille élargie se réunissait chez ma sœur! Bref, mes attentes étaient hautes pour cette technologie si peu fiable…
Finalement, l’Appel tant attendu! À l’autre bout du continent, toute ma famille prend un moment pour nous, au milieu du party de l’année. La réception est mauvaise, le son coupe et l’image gèle régulièrement. Bébé ne veut plus rester dans mes bras, je laisse son père lui courir après avec soulagement. J’ai le cœur gros en comprenant avec délai que mon frère et sa douce attendent un nouveau bébé. J’ai du mal à les féliciter tellement la vidéo est mauvaise. Je les laisse à regret. Comme j’aurais aimé y être et faire vivre à notre fils un vrai party de Noël avec tout le monde! Qu’on s’entende, ça fait partie de notre choix d’être loin, mais c’est quand même avec un visage ruisselant de larmes que j’assume le tout. Un verre de vin s’impose!

La 2e année, une petite sœur s’était ajoutée à notre petite famille. Nous avions vécu au quotidien avec Skype dans le décor et connaissions déjà les limites de ses capacités. C’était encore un party monstre, nous nous sommes même habillés pour l’occasion. …j’étais maquillée avec des pantoufles!
Entendre « on aurait aimé que vous soyez là! » me donne la drôle d’impression d’être morte, mais avoir 2 petits en bas de 2 ans dans notre contexte, relativise amplement cette impression! Heureusement, le coup est moins dur cette fois. Avec un petit soulagement, je m’offre un bain chaud et je me couche tôt.

Cette année, nous en sommes à notre 3e Noël à l’étranger. Les petits sont plus vieux et cette fois, je m’entends à l’avance avec ma mère qu’une parade des robes et vestons avec un petit mot bref suffira. Les petits en seront aussi soulagés, parce qu’ils ne connaissent pas vraiment cette merveilleuse famille qui les salue de si loin, ils veulent seulement jouer et faire des mauvais coups!
C’est donc cette année que nous commençons nos propres traditions! Nous n’attendons ni visite, ni famille, ni amis. Nous avons un projet de taille : nous irons offrir à nos héros des gâteries faites à la main. C’est avec beaucoup d’excitation que l’on cuisine, décore et emballe de petites bouchées que nous irons livrer directement au poste de police et à notre caserne de pompiers préférée!
La magie de Noël revient chez nous, enfin!

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JOELLE M.

Le dernier

 

La journée est longue.
Après une nuit quasi blanche, tu es réveillé depuis 4 h ce matin.
Tu as un gros rhume et tu n’arrives pas à faire de sieste.
Avoir le rhume à deux ans, c’est pas si facile. Tu veux ta suce, mais tu as le nez trop bouché et tu tousses trop pour pouvoir la téter à ton goût.

D’ailleurs, cette fameuse suce, celle que tu as bien voulu prendre seulement qu’à 8 mois (quand tu as finalement accepté de lâcher « un peu » mes seins), il faudra te la couper bientôt… Tu as eu deux ans la semaine passée; tu t’en viens grand! Mais t’inquiète pas, maman n’a pas prévu ça prochainement.
Mon bébé, on dirait qu’avec toi, tout s’étire un peu plus longtemps…comme si bien souvent, inconsciemment, je voulais te garder encore tout petit.

Après toi, plus jamais mon bedon ne va être la maison d’un petit poulet ou d’une poulette. Mais c’est correct.
J’ai été choyée et tellement privilégiée de pouvoir le vivre 3 fois.
Reste que toi, t’es mon dernier.
Mon dernier bébé qui n’est plus un bébé, mais qui le restera toujours. Est-ce que ça fait du sens cette phrase-là?
Pour les mamans poules comme moi, sûrement.

J’ai toujours été nostalgique quand je rangeais vos vêtements trop petits. Quoique, pour ta sœur et ton frère, je savais que j’aurais la chance d’ouvrir à nouveau certaines des boîtes qui les contenaient. La peine que j’ai eue quand j’ai dû dire au revoir à tes premiers pyjamas trop petits. Tu étais le dernier à les porter…

Maintenant, tu as deux ans et je m’y suis (presque) habituée.

Quand j’ai décidé de te donner ton dernier biberon, j’ai étiré un peu le moment. Quand bien même que tu ne l’avais accepté qu’à un an (tout comme pour la suce; tu ne voulais que « maman »), ce fameux biberon, tu l’aimais!
Un matin où j’ai voulu de le donner (même si chaque jour précédent, je me jurais que tu avais eu le dernier), avant même que je ne m’exécute, tu es allé ouvrir l’armoire à verres/biberons qui est à ta hauteur et tu as sorti 3 verres. Un pour ta sœur, un pour ton frère et un pour toi. Pendant que tu me désignais quel verre était pour qui, mon cœur fondait littéralement, la maman poule que je suis était over fière et ma tête pensait.

Tu es grand mon bébé. Il faut que je continue de te laisser grandir… Parce que tu fais drôlement bien ça!
Plus tard, j’ai donc rangé la collection de bouteilles pour les donner, presque sans pincement au cœur.
Il n’y aura plus jamais de bébé dans mon ventre et c’est correct.
Mes trois bébés deviennent grands et c’est franchement correct. Vous le faites si bien, vous me rendez fière et au fond de moi, je sais que vous resterez toujours mes bébés.
Ta grande sœur de 5 ans me l’a prouvé dernièrement, quand elle a eu besoin de mes bras pour s’endormir, lorsqu’elle a eu ce gros rhume-là, un peu avant toi.
Comme tu es le dernier, je sais que je dois tout simplement en profiter. Je connais aussi tous les bonus et les « Je t’aime » qui viendront avec le temps qui passe si vite. Et tu sais quoi? Moi aussi je suis encore le bébé de ma maman.

Pour le moment, tu n’arrives pas à dormir. Mais je sais que ce soir, je pourrai te regarder t’assoupir dans mes bras (la suce au bec) et que tu en auras besoin. Comme toutes les fois où, tout mini, tu dormais contre moi des heures durant.
Et c’est correct comme ça.
Moi aussi j’en ai besoin.
Parce que t’sais…t’es le dernier.
PhotoCarolineGauthier

CAROLINE G.

 

Photo : Maman et bébé
Crédit : Izabel Paré

Je ne vais pas t’oublier

« Maman, tu ne vas pas m’oublier? »
« T’oublier à la garderie, mais non voyons, c’est impossible! »
« Mais quand mon petit frère va être là, tu ne vas pas m’oublier? »

Ouf… Cette petite question toute simple m’a alors frappée en pleine face. Voilà déjà quelques fois que tu me demandais si je n’allais pas t’oublier à la garderie. Je ne comprenais pas pourquoi tout d’un coup cela t’inquiétait. Mais c’est que du haut de tes 3 ans, tu avais déjà bien compris que bientôt, dans quelques semaines tu allais devoir partager ta maman. Et qu’évidemment, tu avais peur de perdre ta place. Tu avais peur que maman t’oublie.
Ce soir-là, alors que je te mettais au lit, j’ai essayé de me mettre à ta place. J’ai essayé de comprendre ce que c’est que de voir sa chambre toute chamboulée, le lit poussé dans un coin pour faire place à un deuxième petit lit, qui était d’ailleurs le tien. Les vêtements entassés ou déplacés afin de faire place à des petits pyjamas que tu as portés. De devoir te résoudre à l’idée que maman ne peut parfois plus te prendre dans ses bras, parce qu’elle a trop mal au dos à cause du bébé dans son ventre. Que parfois maman a moins de patience parce qu’elle est fatiguée et ne dort pas bien. Que maman s’enthousiasme quand elle parle de quelqu’un d’autre qui viendra… et que c’est aussi un petit garçon. Les fois aussi où les gens sur la rue ont salué le gros ventre de maman avant de te saluer toi.
Ce soir-là, j’ai compris que tu avais saisi bien plus de choses que je ne pouvais le penser. Toutes ces fois où tu m’as dit que j’étais belle, que tu as choisi maman plutôt que papa pour quelque chose d’aussi anodin que d’aller chercher une collation, ces fois, de plus en plus fréquentes ces derniers jours, où tu m’as appelée du petit téléphone rouge de la garderie. Mais aussi toutes ces fois où tu m’as demandé un plus gros et plus long câlin que d’habitude et que j’ai cru que ce n’était qu’une façon de repousser l’heure du dodo…
Et toutes les fois aussi, où on t’a demandé si tu avais hâte que ton petit frère arrive et que tu as répondu oui. Mais qu’au fond de toi il y avait peut-être un peu de peine même si tu ne comprends pas tout. Qu’au fond de toi, il y a un petit garçon heureux de devenir grand, mais aussi très triste à l’idée de devoir partager sa maman. Non, je ne vais pas t’oublier, comme tu le dis si bien: « Pomis! »

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MARYSE F.

Être photographe, pas père Noël!
En collaboration avec Sophie Lamoureux Photographe

Ahhhh le temps des Fêtes, saison de réjouissances, d’excès, de chandails quétaines de Noël et de traditionnelles séances de photos. Personnellement, c’est une période de l’année que j’adore et encore plus depuis que j’ai mon petit poulet, arrivé en décembre 2015. Nous avons justement eu le plaisir de faire un shooting photo en famille et c’est suite à cela que j’ai voulu discuter avec la photographe des implications que représente ce temps si achalandé.
Pas besoin de vous dire que je ne prendrais pas sa place! Pendant que nous attendions patiemment notre tour, j’ai tendu l’oreille pour espionner ce qui se disait un peu dans les autres familles (j’avoue je suis coupable!). J’ai entendu des choses qui m’ont profondément troublée en tant que maman inexpérimentée qui en est à sa première séance de Noël… Des parents ordonnaient à leurs enfants d’être parfaits au risque d’avoir une conséquence! D’autres s’insurgeaient d’avance que si le décor ne leur plaisait pas, ils allaient demander un remboursement! Certains exigeaient que la photographe remette les photos en 4 semaines puisque Noël approche (notez qu’ils ont choisi eux même, en connaissance de cause, un délai de 4 à 6 semaines)! Le summum pour moi, ç’a été une famille qui mentionnait qu’elle était mieux de respecter les poses qu’ils s’étaient imaginés et qu’ils avaient pratiqués à la maison!

Durant toute la séance, cela m’a trotté dans la tête! Est-ce moi qui suis trop naïve ou bien trop en amour avec Noël? Dans mon imaginaire à moi, une séance de Noël, ce n’est pas pour être parfait en prévision de faire le « cover » d’un magazine, mais plus pour envoyer quelques clichés, telle une vague d’amour à nos proches. Si mon p’tit mec est plutôt taquin et qu’il décide de faire une grimace, je serai au contraire ravie que la photographe me l’envoie, car cela reflète bien une partie de sa personnalité! J’en ai donc parlé avec la photographe qui m’a confirmé que j’étais effectivement trop sous le charme de Noël. En effet, il y a bien plus de clients exigeants que de clients sensés durant la frénésie des Fêtes.

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crédit photo: Sophie Lamoureux Photographe
Votre photographe, ce n’est pas le père Noël, ce n’est pas en criant très fort, en vous roulant par terre ou bien en le demandant mille millions de fois comme une enfant qui fait sa liste de cadeaux que cela va se réaliser. Votre photographe n’est pas surhumain, c’est une personne comme vous et moi qui passe bien moins de temps dans sa famille durant cette période pour créer des décors féériques et immortaliser VOS moments! Laissez-vous envoûter par la frénésie des Fêtes et donnez un peu de répit à la personne qui vous permettra d’être sentimentale dans 20 ans quand vous retrouverez les photos de Noël 2016 et que vous réaliserez que votre bébé rentre de l’université juste à temps pour fêter Noël en famille.

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CATHERINE B.

 

 

 

crédit photo: HelloMyNameIsMike