Les étrangers

Là messieurs dames, il faut qu’on se parle. J’ai remarqué, surtout depuis qu’on se promène pas mal avec les jumeaux et qu’ils sont exposés à une cohorte d’inconnus, que votre attitude – chers inconnus – n’est pas la même avec moi qu’avec mon chum… C’est quoi votre problème au juste? Comment ça se fait que lui, lorsqu’il se promène seul avec les petits, vous lui dites que vous le trouvez bon, que vous le trouvez fort, qu’il est un père formidable et aimant… Mais que moi j’ai droit aux restants de souper de v’la trois jours (celui que personne va manger, mais que personne ne jette non plus)? Moi, seule avec les jumeaux, je me fais dire que j’ai les mains pleines, que c’est du trouble, han? Ma pauvre madame c’pas drôle votre vie, han? Eeee allo on se connaît? Pourquoi c’est comme ça? Pourquoi on glorifie les pères et non les mères, surtout en public?
Le problème au fait, ce n’est pas que vous jetiez des fleurs à mon chum, jetez-y en à la journée longue si vous voulez, c’est vrai que c’est un père extraordinaire! Mais moi là-dedans? Pourquoi c’est difficile de vous taire, lorsque votre commentaire est négatif? J’ai tu l’air d’avoir envie d’me faire dire que j’ai l’air fatiguée? Ou que deux enfants, c’est du trouble? Ou ma préférée « avec votre mari ça vous fait trois bébés ». Pardon? Non, juste non! Et puis pourquoi personne ne lui dit ça à lui quand il est seul? Hey boboy!
Même chose avec les copines, la famille ou quiconque qui ose récompenser verbalement le chum en question qui a fait la vaisselle et que « je devrais me compter chanceuse »… Écoutez, si j’avais voulu me contenter que le simple fait que mon conjoint fasse la vaisselle m’apporte de la joie, j’aurais marié un collégien. Un homme, ça aide dans la maison parce que c’est un partenaire à part entière qui croit que la division des tâches est non seulement nécessaire, mais NORMALE. C’est normal de faire la vaisselle! C’est normal de passer le balai ou de faire l’épicerie seul avec tes bébés! Normal pour moi? Normal pour lui! C’est tout!
Ah puis pendant que je vous ai en ligne chers inconnus, serait-il possible d’arrêter de toucher mes enfants AVEC VOS MAINS? C’est parce qu’on ne se connaît pas beaucoup et puis la prochaine fois, je vous caresse le visage avec MES mains!
J’vous aime quand même là.

MELANIE M

MÉLANIE G.

Un après-midi dans un BBQ

 

Chaque année, mon employeur organise une journée d’activités pour les employés et leur petite famille. Cet été-là, nous étions invités à un BBQ; baignade, volleyball, kayak, hamburgers et saucisses étaient au programme!
C’était la première fin de semaine où nous essayions de sortir sans que mon fils ne porte de « pull up ». Bien qu’il s’agisse d’une sortie en public, nous nous sommes dit que la journée précédente s’était bien déroulée et que de toute façon il passerait la journée en maillot de bain à l’extérieur et qu’un petit dégât ne serait pas bien grave!
Tout l’après-midi se passait très bien; mon fils nous demandait quand il avait envie de faire pipi. Tout le monde s’amusait dans la piscine, sur la terrasse, un verre à la main! Puis fut le temps de passer à table. Tout le monde avait une belle assiette à la main. U un petit BBQ traditionnel avec crudités, salades de pâtes, hamburgers, saucisses italiennes, etc. Comme il manquait de place sur la grande table principale, mon conjoint, mon fils et moi nous nous sommes installés sur une petite table tous les trois. Non pas que nous voulions êtes à l’écart, mais c’était la seule place qu’il restait.
Pendant que nous mangions, une collègue avec qui j’ai peu d’occasions de discuter, faute d’horaires compatibles et de temps, est venue me jaser! Évidemment, pendant que nous discutions, mon fils s’est mis à crier sorti de nulle part: « Mamaaaaaannnn j’ai envie de caca!!!! » (parce que t’sais, évidemment ça passe toujours de : « J’ai pas envie » à « J’ai envie et je crie comme si j’étais assis dans l’ feu! »)
Même si mon chum était occupé à dévorer son hamburger avec boulette ultra épaisse, il voyait bien que j’étais occupée à discuter. Il amena alors notre fils aux toilettes. On entendait une voix « Caca, caca cacaaaaaaaaaa! » à l’horizon qui s’éloignait!
Comme nous manquions d’espace, une partie du buffet était installé assez bas, sur des bacs de rangement extérieur et évidemment, mon fils avait fait tomber quelque chose sur son passage les bras dans les airs en signe de panique!
Entre deux sujets, je dis à ma collègue: « Je reviens, je vais aller ramasser la saucisse que Zac a fait tomber par terre! »
Et je me suis levée et plus j’avançais, plus mon cerveau comprenait. Non non noooooonnnnn!!! Je n’avais pas le choix, ce moment s’était présenté à moi et je devais maintenant dealer avec! C’est une fois accroupie que ma peur se confirma : « C’est pas une saucisse!!! C’est une crotte!!!!!! C’EST UNE CROTTE!!! »
Oui, j’ai crié ça dans un BBQ! Oui, j’ai vécu ce moment de devoir ramasser l’énooooorme étron de mon fils à coup de petites napkins aux couleurs de fête! Je me revois encore, accroupie à essayer de camoufler tout ça afin de ne pas couper l’appétit de tout le monde! J’imagine que dans sa panique, mon fils avait bien réalisé que sa crotte, elle était maintenant dans son maillot et il ne savait plus quoi en faire!
Comme tout moment embarrassant, sur le coup on a envie de se cacher, mais quand j’y repense, c’était un des moments les plus cocasses de toute ma vie de maman! Et ça a bien diverti mes collègues qui au final ont été mis au courant de cet épisode que je ne pouvais garder pour moi!
Oui, mon fils a fait caca par terre dans un BBQ! Bon, qu’est-ce qu’on mange pour souper? Ayez une pensée pour moi la prochaine fois que vous croquerez dans une belle grosse saucisse italienne juteuse!

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MARYSE F.

Être une maman différente

 

 

J’en ai déjà fait mention dans mes billets précédents et dans ma bio : je suis une maman différente. La Vie a voulu que j’arrive dans ce beau monde avec une amputation de la jambe droite (juste au-dessus du genou) et une malformation de la jambe gauche. Jusqu’à ce que je sois la maman poule de mon p’tit mec adoré, jamais (ou presque) ça ne m’avait empêché de faire ce que je voulais, je le faisais simplement autrement, à ma manière, comme je le pouvais.

Mais. Parce qu’il y a un « mais ». Je suis devenue maman. Et là, mon handicap m’a « poppé » en plein visage.

Physiquement, être maman, ça me demande beaucoup plus que je ne l’aurais pensé. Mes capacités ne sont pas celles que j’imaginais (mais merci d’exister, le portage, comme je le dis dans mon billet de septembre « Comment le portage m’a sauvé la vie »!). Je trouve difficile de devoir mettre mes jambes artificielles tous les matins, très tôt, pour être sûre de marcher quand Fiston va se lever et être prête à en prendre soin. Mais surtout, mon fils n’aura jamais la maman que les autres enfants ont. Celle qui va courir dehors avec lui. Celle qui l’emmènera en balade en vélo. Celle qui le portera sur ses épaules quand on ira au zoo. Non. Jamais. Bien sûr je suis capable de faire plusieurs choses, je suis restée la fille autonome que j’étais avant sa naissance. Mais. Toujours ce fameux « mais ». Les autres mamans, elles, en sont capables, de tout ça. Pas moi. Mon fils mérite mieux que je me dis souvent. Mais mieux que quoi, en fait? Les autres mamans, leurs petits poulets, elles les aiment inconditionnellement. Elles leur cuisinent de bons repas. Elles les câlinent, les bercent, les collent. Elles jouent avec eux. Elles leur donnent le bain, leur chantent des berceuses, les couchent. Et moi, je ne fais pas tout ça? Mais oui, ma grande, tu fais tout ça!

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Pas de patte, on a plus de place! ☺

Dans le fond, je le sais que je suis une bonne maman. Une très bonne maman, même. (Tant qu’à me lancer des fleurs, aussi bien le faire pour vrai!) Je ne serai jamais comme la maman de ses amis, c’est vrai. Mais je suis SA maman. La seule qu’il connaît. Il ne sait pas encore, lui, qu’une maman, ça part en vélo et ça court au parc. Il ne sait pas non plus que je ne le fais pas parce que je n’en suis pas capable. Pour ce bel enfant, je ne suis que sa maman, point. Celle qui a de la misère à marcher, oui, qui se traîne à quatre pattes le soir après le bain, mais surtout celle qui l’aime, le câline, lui chante tout plein de chansons et le bécote dès qu’elle en a l’occasion. Et ça, je suis capable de le faire…

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AUDREE J.

ÉVITER L’ÉPISIOTOMIE

Éviter l’épisiotomie (ou quelconques lésions périnéales), ça vous dit?

Bon, ce n’est pas à tout prix, mais si vous pouviez avoir un petit coup de pouce afin de ne pas vous dandiner comme un pingouin à votre sortie de l’hôpital, vous l’accepteriez?

Avant d’avoir des enfants, ma phobie dans la vie, c’était d’accoucher. Sur une échelle de 1 à 10, 1 étant le top du relax et 10 étant le top de la panique, je me suis toujours située à 8-10.

On a voulu provoquer mon premier accouchement dû au poids élevé estimé par les médecins et le fait que c’était mon premier. Le poids du deuxième avait une estimation encore plus élevée, mais j’ai vite compris qu’on n’allait pas me provoquer de sitôt.

Un jour, je suis soudainement passée au 6 sur mon échelle personnelle de panique. Voici pourquoi : une amie m’a parlé du ÉPI-NO, un machin qui sert à renforcer et à étirer les muscles qui sont liés à l’accouchement. On n’achète pas ça sur Kijiji, là! Ce sont des médecins, des gynécologues, des sages-femmes et des physiothérapeutes uro-génitaux qui l’ont créé.

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La grande question, c’est de savoir si je l’ai essayé. Oui, je l’ai utilisé pour mes deux grossesses. Et je m’en suis tirée pratiquement sans égratignure avec des bébés de 9 et 10 livres.

On ne saura jamais si cette pompe est ce qui a sauvé ma démarche postpartum, mais j’ai tellement été satisfaite (je vous promets que je ne suis pas représentante!) que j’en ai parlé à peu près à tout le monde dans mon entourage et celles qui se la sont procurée n’ont pas eu un seul point de suture.

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L’idée principale qui a conduit au développement du système ÉPI-NO vient directement de l’Afrique, où les sages-femmes utilisent des courges calebasses ou des bidules qui ont un peu la forme d’un maraca afin de diminuer le risque de déchirure.

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Le but est d’être capable de gonfler le dispositif en silicone le plus possible, et ce, en débutant le processus 3 semaines avant l’accouchement : il peut atteindre un diamètre de 10 cm.

Avec l’accord du médecin, vous pouvez également utiliser ÉPI-NO quelques semaines après l’accouchement afin de procéder au biofeedback pour renforcer les muscles du plancher pelvien qui ont été étirés. (En version simple, on veut éviter de faire pipi en jouant au tennis.)

Pour plus d’informations ou pour vous le procurer, voici une adresse pratique!

http://www.pelviennewellness.com/pages/contact-us

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CAROLYNE D.

Retour au travail : quand la lune de miel dure… une semaine

 

 

J’étais vraiment, mais vraiment heureuse de retourner au travail.

Je ne l’ai dit à personne, mais je regardais mes courriels de job depuis un mois. Presque chaque jour. Je préparais mes projets, mes lectures. J’allais voir si les listes d’étudiants étaient entrées dans mon horaire, si j’en reconnaissais certains parmi eux. J’étais fébrile, j’avais hâte.

J’ai la chance d’aimer mon métier. J’enseigne la littérature et le français au niveau collégial. Je me couche le soir en pensant aux cours que je vais donner le lendemain, à la façon dont je présenterai Phèdre à mes étudiants, à la manière dont je leur ferai travailler le poème Speak white pour qu’ils aient autant de plaisir que moi au contact de ces œuvres – bon, disons pour qu’ils aient un peu de plaisir, point. Pour qu’ils ne soient pas effrayés ni rebutés. Pour qu’une « vieille » œuvre littéraire de 30 ou de 300 ans leur parle, leur raconte quelque chose un brin en rapport avec leur réalité : la vie, l’amour, l’extase, la colère, la mort. J’ai la chance de parler de ça, avec de jeunes adultes tout frais.

À la première semaine, quand j’ai annoncé à mes nouveaux élèves que je revenais au travail à temps plein avec eux, après un bébé et plus ou moins 16 mois de « congé » de maternité, j’étais émue, et ils l’ont bien senti. Je suis sortie de là sur un nuage, en disant à tous mes collègues que j’avais des groupes « bonbons » ; ces groupes avec lesquels on a des discussions intéressantes et puis quelques moments de grâce – des frissons communs à la lecture d’un texte, la copie brillante d’un élève qui révèle une réflexion fine et personnelle. Dès les premières heures de cours, je leur avais ouvert mon cœur et ils m’avaient rendu la pareille. Joie!

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Crédit : Pixabay / MabelAmber

Et puis tout s’est accumulé. Ma réserve de plats congelés a fondu comme neige au soleil. La montagne de linge à plier est devenue un Everest au milieu du salon – mon chum erre probablement de l’autre côté à la recherche du bas perdu. Ma fille surpasse son record personnel en matière de rhume éternel. Elle maîtrise très bien le mot « maman » et le démontre chaque nuit. La Ville de Montréal a foutu tous ses chantiers de construction entre notre maison, le métro, la garderie et le bureau. Je corrige dans le trafic parce que c’est le seul moment libre de ma journée. Je répète inlassablement la même chose: a – à, mordu-mordre. Notre vieille bouledogue ne comprend pas qu’elle doit faire caca au moment où nous le décidons, c’est-à-dire à 6 h 47 du matin. Mon cerveau chante des ritournelles d’enfants heureux en pleine nuit (autre moment où je devrais corriger). J’ai les cheveux gras. Je ne trouve plus mes souliers.

J’arrive en courant devant une classe d’étudiants qui ont des yeux de poisson. Je les maintiens éveillés la première heure. On prie tous pour que la pause arrive ; enfin du café! Ahhh! On poursuit nos palabres, je les pousse pousse pousse, et hop, une deuxième pause, fiou! Certains s’endorment. Il est 9 h 50, ça fait presque deux heures qu’on discute de Révolution tranquille et de poésie engagée. Encore un peu. Je présente une activité dans laquelle ils finissent par embarquer, on se motive chacun du mieux qu’on peut à chercher, à prendre la parole, à partager nos idées. On conclut en confirmant que le thème de la solitude est définitivement prédominant dans ce texte, mais t’sais, ça va être quoi, donc, l’examen, madame?

J’ai la chance d’aimer mon métier. Je suis super heureuse d’être là. Mais vous savez ce qui me rend encore plus heureuse? Dans 15 semaines, c’est les vacances.

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CLAUDINE N.

L’Halloween approche…

 

Cette fête de déguisements, de décorations et de friandises approche! On est contents! Nos petits poulets sont heureux, nous sommes heureux, la vie est belle! Le mieux dans tout ça : on est les premiers à piger dans la récolte pour assouvir notre « besoin » de sucre. Par contre, l’Halloween peut devenir une source de stress intense pour certains parents : ceux de petits poulets ayant des allergies! Le triage de bonbons suite à la récolte et les 1 000 répétitions de « NE PAS MANGER DE BONBONS AVANT QUE MAMAN LES AIT VÉRIFIÉS » peuvent s’avérer moins plaisants pour notre recherche de quiétude maternelle (ça existe la quiétude maternelle?!?).
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Source : www.dejouerlesallergies.com

Pour ceux et celles qui ne le savaient pas, il existe le programme #MaCitrouilleTurquoise, une idée tellement géniale qui favorise une fête d’Halloween sécuritaire pour les enfants allergiques. Regardez par ici : http://allergies-alimentaires.org/fr/nouvelles/voyages-et-fetes/participez-a-l-initiative-ma-citrouille-turquoise
Ayant un chum allergique et intolérant à plusieurs aliments ainsi qu’un petit poulet avec des intolérances alimentaires, donc vivant cette réalité, je trouve que ce projet vaut la peine d’être découvert et partagé! Le principe est fort simple, on offre des surprises non alimentaires de style : pâte à modeler, autocollants, colliers fluorescents, bulles, etc. Laissez aller votre imagination, les p’tits monstres vont assurément aimer! Ou bien, autre alternative, offrir des friandises sans allergènes. Et on peut s’entendre pour dire que ce n’est pas trop compliqué à repérer.
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Sources : Nestlé, Hershey, Freddofood.com, Twizzlers

De nos jours, plusieurs boîtes de friandises sont identifiées « sans arachides », par exemple. On peut aussi donner des croustilles, des barres tendres certifiées sans allergènes ou des compotes de pommes à boire (décorées à la Pinterest).
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Source : Pinterest

Afin que la population monstrueuse qui déambule dans les rues le 31 octobre sache que vous offrez des surprises sans allergènes, on vous invite à avoir une citrouille turquoise (que vous pouvez facilement peindre avec de la peinture acrylique du magasin à 1 $ par exemple) et à l’installer bien en vue évidemment. Vous pouvez aussi mettre une affiche suggérée par Allergies Québec que vous trouverez grâce au lien partagé un peu plus haut. Des directives à partager à vos amis et un concours s’y trouvent également!
Ce qui est bien aussi, c’est que l’on peut inscrire notre résidence afin que les parents de poulets et poulettes concernés puissent cibler les maisons « sécuritaires » à visiter. Vous pouvez le faire par ce lien : https://www.foodallergy.org/teal-pumpkin-project/fever-map#.V_KOvYjhBdi
Pour ma part, ma peinture est achetée, une citrouille turquoise élira domicile sur mon perron et j’aurai le bonheur d’offrir, encore cette année, la tranquillité d’esprit aux parents d’enfants allergiques et des surprises originales et amusantes aux p’tits poulets costumés!
Joyeuse Halloween!!!

ISABELLE

ISABELLE L.

 

 

La rage au volant…d’un panier d’épicerie

Plusieurs choses me donnent de l’érythème fessier (je voulais écrire le feu au cul, mais c’est beaucoup moins ladylike). La plupart d’entre elles se produisent dans un lieu que je fréquente chaque semaine à mon grand désarroi : l’épicerie. J’haïs faire l’épicerie. Heureusement, je peux remplir mon panier des articles nécessaires plus rapidement qu’un adolescent précoce remplit son Kleenex. Voici les raisons qui motivent ma haine pour cet endroit et ses usagers.
Nicole, dame début soixantaine qui s’est «donné une teinture bourgogne». Elle coche sa liste d’épicerie au-dessus de ses lunettes sur le bout de son nez. Celle qui fait l’inventaire de ce qui lui reste à mettre dans son panier qui est stationné en plein milieu de l’allée.
Le fameux frigidaire à lait. Il sent le louche, il y a des croûtes de ce qui a déjà été liquide et laisse les sacs de poches de lait mouillées. Je ne sais jamais si c’est du vieux lait ou juste de la condensation. Alors, je fais probablement le geste le plus étrange à faire en public : je sens mes doigts. Et je croise les doigts que ce soit la deuxième option parce que, t’sais, qui aime ça sentir du lait suri?

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Crédit : Sabrina Hurd

Pour ne pas nommer l’endroit, je fais mon épicerie dans un établissement où je pourrais croiser le capitaine du Romano Fafard. Ils ont la brillante idée de mettre les produits à rabais dans des gros paniers en milieu d’allée. La marchandise y est joliment exposée à la manière d’une tour abstraite dont l’équilibre semble aussi solide que des jambes d’adolescentes devant Justin Bieber.
Jean-Claude, quadragénaire qui tâte tous les morceaux de viande rouge pour faire son choix. Je soupçonne un lien de parenté avec Nicole pour des raisons de panier arrêté devant toutes les coupes de bœuf disponibles pour délimiter son territoire. Au moins, il ne fait pas pipi dessus!
Sandra, jeune femme en jogging et Uggs qui mâche sa gomme à grande yeule tout en parlant au cellulaire. Elle range son panier d’un swing aléatoire dans le tempo à panier. Pis tant pis pour les autres.
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Crédit : Sabrina Hurd

Les petits sacs à légumes. Ils sont à traiter comme une jeune vierge après sa première nuit d’amour. Ils ne s’ouvrent pas facilement et une fois que c’est fait, il faut être délicat. Sinon ils répandent leur contenu où bon leur semble : fond du panier, sacs réutilisables, tapis roulant à la caisse (pas la vierge là, les sacs).
Je suis convaincue de ne pas être la seule à détester certains lieux publics. Lesquels fuyez-vous et pourquoi?

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SABRINA H.

Maternité 2.0

 

 

Petite, il m’arrivait de regarder « Les Filles de Caleb » avec ma mère… Une fois adulte, je me suis « tapé » la série d’une traite, avec grand plaisir. Pour moi, c’était clair : élever une famille, ce ne serait pas toujours rose, mais ce serait somme toute assez facile… ERREUR!

 

Je me disais que, si les femmes de cette époque (pas si lointaine, il faut le dire!) arrivaient à élever 10-12 enfants pendant que l’Homme était au champ ou au bois, j’en serais capable aussi! C’était facile, les femmes s’entraidaient entre voisines, la mère était proche, tout comme les sœurs… De nos jours, force est de constater que c’est bien différent! D’accord, on n’élève plus 10-12 enfants, ou du moins, c’est plutôt rare. On ne connaît pas forcément son voisinage, et, si c’est le cas, on n’a pas nécessairement envie d’y faire appel… Notre mère, nos sœurs et nos amies travaillent bien souvent et sont occupées le jour, le soir, la fin de semaine… Je suis chanceuse, ma mère travaille peu et est très disponible (lire mon billet de mai, « Ma maman, mon héroïne »), et mes amies sont présentes, chacune leur tour, comme si elles se « relayaient » pour m’aider! Mais, bien souvent, je n’ose pas les déranger pour leur poser les 10 000 questions qui me hantent depuis la naissance de mon petit poulet! C’est LÀ que viennent à ma rescousse les réseaux sociaux!

 

Eh oui! Ces fameux réseaux sociaux, fléau des années 2000 pour certains, mais l’élément clé de ma santé mentale depuis que je suis maman! (Ok, j’exagère… à peine!) Et je ne parle pas seulement du fait que je puisse publier des photos de mon petit bonheur et les partager à tous, quoi que je le fasse très (trop!) souvent! Dans mon cas, Facebook et ses groupes de mamans sont mes plus grands alliés. Question concernant le dodo? Maman Poule X a un truc miracle. Inquiétude sur la quantité de lait bu par mon petit poulet? Maman Poule Y publie l’information pour me rassurer. Peur de ne pas assez stimuler mon fils adoré? Maman Poule Z est là avec les mots exacts pour que je me sente compétente. Bien entendu, la plupart de ces mamans ne sont que des « amies virtuelles », je ne les connais pas en personne. So what? Si on peut s’apporter support et réconfort entre nous, où est le mal? Auparavant, les mamans s’entraidaient « en personne »; on le fait maintenant aussi, mais par le biais du Net! Et mon fils ayant grandit, je peux à mon tour informer, consoler et supporter les autres mamans! N’est-ce pas merveilleux?

 

Ok, les réseaux sociaux ne remplaceront jamais la chaleur humaine, j’en conviens. Mais, bien sincèrement, les mamans rencontrées sur ces groupes m’ont grandement aidée à prendre confiance en moi et à trouver des idées, trucs et solutions pour alléger notre quotidien, à mon p’tit mec et moi. Et ça, chaleur ou pas, ça n’a pas de prix!

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AUDRÉE J.

 

Le lapin qui manquait d’amour

 

Ahhhh les toutous! On en a dix, on en a cent, on en a mille! Quand on les reçoit, ils ont tous un peu la même allure : pelage duveteux aux couleurs édulcorées, grands yeux miroitants, ventre rebondi et sourire sympathique. Ils sont cutes, mais il leur manque toujours quelque chose : de L’AMOUR! 

Voici donc un court tutoriel expliquant comment transformer visuellement vos toutous à grands coups de tough love! Toutes les techniques ont été testées et approuvées par le lapin de mon fils, que celui-ci a judicieusement baptisé Gros Lapin. Voici Gros Lapin lors de son arrivée à notre domicile :

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Gros Lapin Avant

Clairement, un toutou qui n’a jamais été cajolé. Afin de changer cette allure négligée, la première étape est de trimballer la peluche absolument PARTOUT. Épicerie, salle d’attente, voiture, parc; il ne doit jamais être laissé derrière! La place du toutou lors des repas doit être sur le coin de la table. Jamais à plus de 12 pouces de l’enfant propriétaire. En cas de spaghetti ou de toast à la confiture, c’est plutôt 6 pouces.

N’hésitez pas non plus à oublier le jouet dans un festival ou autre endroit public et le récupérer deux jours plus tard dans un bac d’objets perdus à l’hygiène douteuse. Si vous faites du camping, une nuit passée sur la table à pique-nique par temps de pluie contribuera nettement à la transformation rapide du petit protégé. Votre animal en peluche vous en remerciera!

Il se peut qu’un jour, le toutou présente une déchirure. N’allez surtout pas le jeter pour si peu! Utilisez vos talents de couturière, si piètres soient-ils, afin de repriser l’animal. Même avec un fil de couleur contrastante. Vous lui offrirez ainsi une cicatrice de guerre qui fera de lui le king du bac à jouets!

Grippe, gastro, virus inconnu? N’empêchez jamais votre enfant d’enfouir son petit visage morveux et ruisselant de sueur dans le cou de son toutou fétiche. C’est sa façon de lui donner de l’amour à grande dose! Points bonis en cas d’éclaboussure de vomi! 

Les élans artistiques de vos tout-petits ne doivent en aucun cas être freinés! Rien de tel qu’un maquillage improvisé aux Crayola ou qu’une coupe de cheveux artisanale pour renforcer le caractère unique de son animal rembourré! Souvenez-vous d’une chose : chaque tour dans la laveuse contribue à faire passer le fameux toutou du look « tablette de magasin » à un look « j’ai une famille qui m’aime »! Le rêve de toute peluche qui se respecte!

Voilà, vous avez maintenant toutes les cartes en main pour transformer vos toutous insipides en véritables boules d’amour ambulantes! Après près de quatre ans de ce traitement royal, voyez comment notre Gros Lapin a complètement changé d’apparence :

tapres

Gros Lapin Après

 On peut dire que celui-là, il est aimé, et ça paraît!

 

MELISSA

MÉLISSA B.

 

Fils, tout n’est pas rose ou bleu, pis ce n’est pas grave.

 

 

L’autre soir, pendant que je m’affairais à bien appliquer les 10 couleurs de vernis à ongles minutieusement choisies par madame ta sœur a.k.a. la poulette de 5 ans, toi tu étais assis dans le salon avec papa et ton petit frère.
Tu expliquais à papa, du haut de tes 3 ans ½, que les gars ne mettent pas de couleurs sur leurs ongles. Que c’est pour les filles. Que les gars ont par contre le droit de mettre du « blanc ». (Lire : transparent)

Après avoir fini la manucure de la poulette, je t’ai offert de mettre du « blanc » sur tes ongles. Ça n’a pas pris 2 secondes que tu étais devant moi, heureux de passer, toi aussi, un petit moment chouchou avec ta maman.

Du coin de l’œil, je te voyais bien reluquer les couleurs sur la table. Du bleu, du rose, du jaune, alouette; toutes les couleurs y étaient. Pis toi, tu me le dis souvent; ta couleur préférée, avant c’était le bleu, après le rouge et maintenant c’est le « mul-ti-co-lo-re ».
Avec tes yeux d’enfant, pas tes yeux de garçon, tu les vois toutes belles les couleurs.

Faque je t’ai proposé de colorer ton pouce.
Comme tu étais fier! Tes yeux étaient remplis d’arcs-en-ciel et ton sourire voulait tout dire. Pis là, j’ai vu un petit nuage passé.
L’air perplexe, tu m’as dit : « C’est pas grave, hein, maman?? »

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Crédit : Caroline Gauthier

Tu sais ce qui est grave mon poulet?
C’est quand les gens choisissent quelles couleurs on doit aimer. Quand les gens ne voient plus de nuances ni la magie/la folie et qu’ils voient seulement des différences. Quand ils choisissent ce qu’on doit être.

Quand tu avais environ l’âge de ton frère (18 mois) y a une grande personne qui riait parce que tu jouais avec des jouets de « fille ». Je n’ai jamais compris ce qui était si drôle.
Toi, tu jouais. Tout simplement.
#laissonslesenfantsêtredesenfants

Dernièrement, tu m’as dit : « C’est pas grave, hein maman, si la balançoire de bébé, dehors, elle est rose? »
Tu te rappelles de ma réponse?
« Est-ce qu’elle balance? Est-ce que bébé s’amuse? »
Tu as juste souri. Tu as compris, à 3 ans ½, pourquoi maman et papa n’en avaient jamais acheté une autre.

 

Jamais je ne vous empêcherai, ton frère et toi, de jouer à la poupée, de vous déguiser ou de jouer avec une cuisinette. Tout comme jamais je n’empêcherai votre sœur de jouer avec des voitures ou des superhéros.
Jamais je ne veux que tu t’empêches de t’amuser. Que toujours, tu sois toi.

Alors, non mon poulet, c’est pas grave.

Tu es un enfant et tu vois la vie avec des yeux d’enfant; tu la vois pleine de couleurs.
Ne perds jamais ça. Toi, ton frère et ta sœur continuez de toujours voir toutes les beautés de la vie, sans faire de différence. Soyez vous-mêmes, avec vos propres couleurs.

 

Peu importe où la vie te mènera, n’oublie jamais que ta couleur préférée a déjà été le multicolore. Quand ce sera parfois noir dans ta tête, promets-moi que tu vas t’en rappeler.

Mon fils, tout n’est pas rose ou bleu.
Pis c’est pas grave.

PhotoCarolineGauthier

CAROLINE G.