Dans la brume avec mon fils

Tu sais ma chum, ma belle amie, ma voisine, tu ne pouvais être plus précise que ce vendredi matin-là.

Mon téléphone vibre à 7 h du matin.

C’est toi, ce qui n’a rien d’étonnant jusque-là : « NORMAL » tu dirais.

Ce matin-là, à l’extérieur, il y avait une belle brume bien épaisse.

« Regarde par la fenêtre », tu m’as dit.

Ton œil de photographe te chatouillait ce matin-là et tu m’as gentiment, avec un certain empressement, demandé de nous vêtir Léon, Ben et moi et de sortir dans la rue.

Étant fervents de souvenirs, adeptes de ton travail et aussi à la portée de la main, nous nous sommes prêtés au jeu, bien certainement.

C’est donc dépeignée et ayant enfilé une salopette de jeans en deux temps trois mouvements, la brosse à dents au bec, les baskets délassés et le bambin aux bras que je me suis dit : tellement bonne idée!

Immortaliser un matin bien banal dans ma nouvelle vie de maman imparfaite. Mon amour pour mon p’tit poulet me rend si légère que je me suis dit que ça valait la peine de figer le moment. Il y a bien trop longtemps que je ne m’étais pas levée tôt le matin, de si bonne humeur et en forme. (Relativement en forme; on comprend avec le maigre nombre d’heures de sommeil par nuit. Je suis en forme cernée. Disons ça comme ça…)

Crédit : MarieMarine photographie

Ça doit remonter à ma propre enfance d’être aussi spontanément de bonne humeur, de ne pas devoir me forcer pour sourire. Ca peut paraître « dark » un brin, mais on se souvient que j’aurais pu aussi écrire il n’y a pas si longtemps : Dans la brume avec ma bouteille. Depuis que Léon est né, la mauvaise humeur n’a plus sa place dans ma vie. Presque plus.

En fait, cette photo que tu as prise, je crois qu’elle représente exactement ce que mon corps ressent, ce dont je rêve la nuit et ce qui remplit ma tête : Léon et rien d’autre.

Mon bébé neuf, qui me comble de bonheur et qui rehausse ma vie à un niveau dont j’ignorais même l’existence. Je suis exactement comme sur la photo ; rêveuse, dans la brume et surtout, mon fils bien serré contre moi.

Un tourbillon de nouveautés s’enchaîne de jour en jour dans le bonheur et la légèreté. Je fricote avec la fatigue et le manque d’énergie, mais mon degré d’adaptation maternel et ma capacité d’organisation familiale semblent enfin prendre forme, mais quelques fois, je suis encore un peu dans la brume.

Crédit : MarieMarine photographie

Léon est heureux, je le vois et je le sens et je suis, par le fait même, complètement ébahie et comblée. Chaque fois que quelqu’un lui sourit, le complimente, chaque fois qu’il éclate de rire ou qu’il fait un nouveau son; c’est le frisson. Le frisson de fierté. Le frisson qui me met la tête dans la brume. Une bulle de brume confortable et douillette pour mon fils, mon chum et moi. Toute la famille au chaud dans une brume de légèreté et de béatitude. Je figerais bien le moment présent tellement il est beau, et toi ma chum, ma belle amie, tu cognes à ma porte avec ton appareil photo. Grâce à cette image, ton talent et ta spontanéité, je garderai en tête cet état d’esprit si pur de ce vendredi matin familial bien banal.

 

 

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AURÉLIE M.

Toi, mon enfant non planifié!

On le sait toutes et tous, quand on devient parent, on vit au moins une fois dans notre nouveau rôle un passage obligé vers la culpabilité. Jamais, moi et mon homme, on n’aurait pu se douter en mai 2015, que notre décision non planifiée allait nous rattraper si rapidement. Tellement que c’est un souvenir qu’on a entassé dans notre tête et la seule fois où nous en avons parlé en amoureux, nous nous sommes juré que jamais nous ne voulions que notre poulet se sente non-désiré.

Retournons en arrière, en novembre 2014… Moi et mon homme, après 8 ans de vie commune, un cocon familial douillet, des emplois stables, pleins d’expériences formidables passées et des projets plein la tête pour le futur, nous prenons la décision d’arrêter la pilule contraceptive. Nous ne sommes pas insouciants et après plusieurs discussions, nous réalisons que nous sommes rendus à cette étape dans notre vie. Nous n’avions pas de plans, pas d’exigences, pas d’attentes, pas de limites de temps! Déjà dans mon travail, je prends suffisamment de décisions, je gère trop de délais et je subis des échéanciers. Je n’avais donc pas envie de mener cette partie de ma vie comme un projet de carrière. Nous avons décidé de laisser aller les choses, sans trop forcer la nature. Il faut se l’admettre, nous n’avions pas consacré énormément de temps pour concrétiser notre future famille!

Rendue en mars 2015 et quelques jours de retard plus tard, imaginez-vous ô combien surprise j’ai été d’apercevoir deux lignes sur ce machin en plastique! Sans s’annoncer, le bonheur venait de nous happer de plein fouet. Je m’en souviens comme si c’était hier, nous étions si fébriles et si angoissés en même temps devant cette grande aventure qui nous attendait et qui allait remplir nos vies d’un amour infini. Comme tout bons futurs parents, nous brainstormions une liste de prénoms, nous nous étions procuré la bible de la maternité et nous comptions rigoureusement notre DPA tous les jours. Mai 2015 arriva ainsi que le premier rendez-vous avec une gynéco inconnue qui m’a été attribuée sur le fly. Nous remplissons le questionnaire, entrons dans le bureau de la spécialiste et là, vlan elle nous bombarde de questions.

« Vous essayez depuis quand? On n’essayait pas vraiment, on laissait la vie suivre son cours! »

« Prenais-tu des hormones? Hum non! »

« Calculais-tu ton ovulation? Pas plus! »

Mille questions plus loin, elle conclut d’un ton accusateur rempli de préjugés :

« Ok, donc il n’était pas voulu, pas planifié, pas prévu? »

À ce moment précis, je me suis sentie monstrueusement coupable… Elle avait semé un doute (non justifié) en moi! Est-ce qu’on le méritait? Nous avions consacré si peu d’efforts après tout! Dans sa tête, comme nous n’étions pas au désespoir devant la difficulté d’enfanter, nous n’étions pas de bons candidats au rôle de parents.

Cette rencontre, je l’ai trouvée très difficile et nous en sommes ressortis démolis sur l’instant, mais ensemble nous avons été capables d’effacer ce monstre de culpabilité qu’elle avait créé en nous l’espace d’un moment. Non, nous n’avions pas planifié notre p’tit mec comme on planifie les repas de la semaine et nous n’étions pas rendus à envisager la fécondation in vitro. Une chose est certaine par contre, nous désirions profondément l’avoir dans nos vies et la facilité n’allait pas faire de nous des parents moins aimants. Chaque soir, alors que je le contemple dormir, mon cœur se remplit d’amour et je remercie la vie pour cette chance que nous avons!

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Crédit : Jessica Samyn Photographie

 

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CATHERINE B.

Quand voyager la tête reposée est chose du passé

J’arrive dans le stationnement de l’aéroport. Mon cœur bat plus vite qu’à l’habitude. En ne quittant pas l’enseigne des départs des yeux, mon cerveau fait des calculs. C’est plus fort que lui. J’ai beau tenter de tout bloquer dans ma tête, je me répète qu’ils ont réussi leur mission avec moi. Me faire peur. Hanter le quotidien de monsieur et madame tout le monde qui sont sensibles à des événements comme ceux-là.

De quoi je parle?

Du terrorisme.

J’étais dans le terminal A à Bruxelles 3 jours avant les explosions qui ont eu lieu le 22 mars 2016. J’aurais tout fait pour ne pas mettre les pieds dans cet aéroport qui sent les gaufres et le chocolat. Je lisais et relisais des nouvelles concernant Bruxelles (avant même les attentats) qui m’ont empêchée de dormir. Je savais qu’on devait passer par là pour retourner à Montréal. Tout le monde autour de moi savait et sait que j’ai la peur constante d’être au centre d’une catastrophe comme celle-là.

Toutes les fois, je pense à mes enfants. À mon homme. Et si mon mari était à la salle de bain avec les enfants quand ça arrive? Si mon p’tit poulet était là, à regarder les avions décoller à 10 mètres de moi et que soudain, tout se transformait en un nuage de poussière avec en toile de fond, des hurlements et des cris de peur de et de douleur?

Depuis Bruxelles, j’ai décidé qu’on ne se séparait plus à l’aéroport.

Je suis folle?

Peut-être.

J’exagère?

Peut-être.

Si c’est mon temps, ça va arriver?

Peut-être.

J’habite à 30 minutes de Munich. Trois jours après l’attentat de Berlin, moi et mon mari, on se regardait dans les yeux en se demandant si on allait à Munich visiter les marchés de Noël.

Est-ce que ça vaut la peine de risquer? L’Allemagne était sur le pied d’alerte. J’en aurais probablement fait des plaques rouges la veille, de toute façon.

Prendre le train. Visiter les grandes villes. Prendre l’avion en Europe. Prendre le métro. Penser que les deux hommes que je viens de croiser au centre d’achat sont louches. Ce sont des niaiseries qui me font perdre des heures de sommeil.

Dans quelques semaines, je devrai franchir les portes de l’aéroport de Munich. Je vais retrouver mon souffle… lorsque je serai en train de pousser les portes tournantes de la sortie de l’aéroport de Montréal!

 

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CAROLYNE D.

La joujouthèque, ce sauveur

Je ne sais pas pour vous, mais des fois j’ai l’impression d’habiter dans un Toys »R »Us. Il y a de la bebelle au pied carré mes amies, je vous le dis! Allo le plastique. Allo les couleurs pas trop belles et franchement trop voyantes. Allo les petites musiques qui se mettent à jouer à 2 h du matin. Allo l’achat de piles (ou la danse de la recharge… encore mieux!). Allo le ramassage desdites bebelles. Allo l’entreposage quand, deux semaines plus tard, c’est passé de mode pour votre bébé de quatre mois qui est soudainement devenu adolescent. Allo le burnout. C’est trop de gestion pour moi.

Bon. C’est certain que j’ai un léger problème entre les deux oreilles et que je suis une freak du rangement. Moi, je n’aime pas que ça traîne. Je n’aime pas que mon salon ait l’air d’une garderie. Je n’aime pas que mon comptoir de cuisine soit plein de gogosses. Chacune ses bibittes.

J’ai donc trouvé, en la joujouthèque de Rosemont, une façon très sympa d’éviter d’accumuler des tonnes de plastique chez moi, tout en ayant une belle variété de jouets pour mon petit poulet. Le concept est fort simple : 25 dollars par année pour l’emprunt de deux jouets à la fois pour trois semaines. Il y a différents types d’abonnement que vous pouvez consulter ici : https://www.joujoutheque.org/fonctionnement

Bien sûr, les modalités seront différentes d’une joujouthèque à l’autre, mais essentiellement, le concept reste le même. Des centaines de jouets de toutes sortes que vous pouvez emprunter pour un prix dérisoire. Camions, fermettes, trains, poupées, casse-têtes, jeux de société, Playmobil, jeux de rôles, trotteurs, tapis d’éveil, jeux de quilles, trottinettes, ballons… Vous commencez à triper, je le sais. Attendez de voir vos enfants quand vous leur direz de choisir!

Si votre emprunt devient un must, vous pourrez toujours aller l’acheter, mais au moins, vous aurez eu la chance de l’essayer. C’est le genre d’affaire ben le fun à faire avec les jeux de société.

Et ça évite de payer un prix de fou pour des casse-têtes qui seront faits trois fois et demie et qui seront à jamais oubliés.

OK… Je pense que je vous ai assez vendu ma salade! Allez faire un tour à la joujou la plus près de chez vous. Et en passant, la plupart acceptent les dons de jouets!

 

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ISABELLE BDC

Le calme, la tempête et le retour au calme

Je suis en couple avec un homme merveilleux depuis presque dix ans. Les premières années ont été assez rock ‘n’ roll, mais nous mettions de l’eau dans notre vin après chaque dispute et nous avons appris à très bien vivre ensemble. Nous avons suivi le chemin traditionnel : mariage, maison et les enfants. Notre fort a été secoué avec l’arrivée des poulets. Encore une fois, nous en sommes sortis plus forts. Maintenant que tout est placé et qu’une routine s’est installée, nous avons une relation vraiment harmonieuse. Depuis deux ans, notre couple est en santé à tous les niveaux, je nous sens réellement amoureux et nous formons une super équipe. Le soir, je me couche heureuse et accomplie.

Puis par un bel après-midi de printemps, mon intérieur s’est brisé…

Chéri entre dans notre chambre en larmes : je t’ai trompée …

Complètement sous le choc, mon premier réflexe a été de le consoler. Je ne pouvais pas croire ce que j’entendais, donc je répétais : ce n’est pas grave, je suis là, je t’aime. Ensuite, j’ai décanté ces informations en dormant. J’ai été un zombie pendant presque un mois. En public et avec les enfants, nous étions comme avant, une petite famille heureuse et même un couple amoureux. Et oui, amoureux ! C’était ça le problème … j’étais toujours éperdument amoureuse de cet homme et malgré tout, il réussissait à me faire rire et me rendait encore heureuse. Il aurait été très simple de partir et refaire ma vie, mais plein de raisons m’empêchaient de le faire. Alors, j’ai pris la décision de rester. Évidemment, il n’avait pas intérêt à recommencer!!!

Chacun de notre côté, nous avons cheminé, consulté et surtout communiqué. Nous n’avons jamais tant parlé à cœur ouvert; je disais tout, je ne filtrais rien, après tout il m’avait fait si mal, j’avais quand même le droit de lui confier mes états d’âme. Il a respecté le temps que j’avais besoin pour être seule, pour sortir avec mes amies (très tard), pour dépenser (!) et pour revenir à lui.

Mon univers s’est rebâti sur de nouvelles bases, mais sous le même toit avec la même équipe. Je crois sincèrement que cette histoire s’éloigne de nous et que sous peu, elle sera très ancienne. Avec beaucoup de recul, j’ai pris cette décision parce que pour moi, c’est aussi ça un couple et je savais que je ne serais pas plus heureuse dans un appartement avec mes enfants une semaine sur deux. Par contre, je sais que ce n’est pas pareil pour tout le monde et ce qui est le plus important à travers une telle tempête, c’est de s’écouter et d’agir pour son bonheur et pour retrouver la lumière.

J’ai retrouvé la mienne, je suis rayonnante et tellement fière de nous.

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MAMAN POULE

Mon passager clandestin

Fidèle au poste, toujours prêt à prendre la relève au moindre signe de fatigue. Lui qui m’accompagne tout au long de mes journées, qui me rappelle le pire qui peut arriver, qui me permet d’enchaîner les uns après les autres les scénarios catastrophiques. Celui qui m’empêche de m’endormir le soir une fois au lit ou de me rendormir suite à un réveil, quel qu’il soit. Parfois celui qui me cause des nausées, des maux de tête, des migraines et me fait vomir. Vu de l’extérieur, généralement tout paraît bien, personne ne le sait que j’ai un passager clandestin, mais c’est un passager vraiment pas facile à traîner… honnêtement, j’aimerais bien le kicker out, mais j’en suis incapable. C’est comme en moi. Je suis une personne anxieuse, je vis avec l’anxiété.

Pour m’aider à voyager avec ça, j’ai consulté une psychologue. J’ai pris mon courage à deux mains, 8 ans après la première fois où j’ai eu l’idée de consulter. Après plusieurs années à y penser, à me convaincre que je pouvais, moi aussi, consulter un professionnel de la santé mentale, arriver à passer par-dessus les préjugés de la société et à prendre le téléphone pour prendre un rendez-vous. Sérieusement, ç’a été le pire! Appeler pour prendre un premier rendez-vous. Ayoye hein!? Passer un appel, un geste aussi banal, mais ô combien significatif! Accepter de se faire aider. Pas évident.

isabelle_hebert_lamoureux_appel  Crédit : PIXABAY

Grâce à ces consultations, j’ai réussi à aller chercher plusieurs outils pour apprendre à vivre avec et j’en remercie profondément ma psychologue Pascale! Vraiment ça m’a aidé! Prendre la décision d’aller consulter a été une des décisions les plus bénéfiques dans ma vie et je le recommande à tout le monde. Tu te dis en allant à ton premier rendez-vous « Moi, je ne pleurerai pas. Pas moi. » Et la première chose que tu vois près de ton siège dans son bureau… une boîte de mouchoirs! Ouin pis?! Qu’est-ce que ça peut bien faire de pleurer dans son bureau? Ça peut te faire du bien en titi ma petite maman imparfaite! C’est moi qui te le dis! Ne pas vouloir pleurer, ça se passe entre toi et ton orgueil! Laisse-moi ça de côté svp!

Tout ça pour dire que je recommande FORTEMENT à ceux et celles qui y pensent, juste un peu ou ben ben fort, de faire ce premier appel ou d’envoyer ce premier courriel à ce professionnel qui a à cœur ton bien-être et ta santé mentale. C’est un très beau cadeau à se faire. Avoir su tout le bien-être que ça allait m’apporter, j’aurais osé avant.

isabelle_hebert_lamoureux_bell_cause  Crédit : BELL

C’est suite à Bell cause pour la cause qui a été très médiatisée que j’ai eu le coming out de plusieurs personnes dans mon entourage (merci Facebook 😉) qui vivent aussi avec ce passager clandestin vicieux. Je ne m’en doutais pas du tout! Et c’est là que je me dis que ce billet pourrait peut-être en aider d’autres. De un, à se sentir moins seuls, mais aussi à donner le petit kick pour entreprendre des démarches pour aller chercher de l’aide. Prenez-le en note : c’est tout à votre honneur!

 

ISABELLE

ISABELLE H.-L.

Choisir une destination voyage «kid-friendly»

En tant que maman globe-trotteuse, je me fais souvent poser la question : Quelle sont les destinations voyage les plus kid-friendly? J’avoue que cette question est assez difficile à répondre, car il y a autant de définitions de kid-friendly qu’il y a de familles!

Voici donc les questions que nous nous sommes posées avant d’entamer notre voyage de trois mois en Asie du Sud lorsqu’il est venu le temps de choisir notre itinéraire.

  1. Notre type de voyage

Cette fois-ci, nous en avions de la chance. En termes de temps, nous avions plus de trois mois ce qui est un luxe dans la planification d’un itinéraire. En termes de budget, c’était un peu plus serré. Nous avons donc décidé de nous en tenir à des destinations peu coûteuses où il nous serait possible de vivre avec environ 80 $ australiens par jour pour deux adultes et un bébé d’un an (hébergement, bouffe et activités compris). En partant, nous avons fait le choix de rayer la Nouvelle- Zélande et d’écourter notre road trip en Australie afin de pouvoir voyager plus longtemps. Puisque nous partions de l’Australie, l’Asie du Sud nous semblait l’endroit le plus logique à explorer en termes de déplacements et de coût de la vie. Inutile de préciser que nous avons également rayé les hôtels 5 étoiles.

  1. Saison des pluies, la mousson et la température

Sur notre liste, il nous restait donc l’Afrique du Sud en remontant par la côte Est et Madagascar, le Cambodge et ses voisins, l’Inde et le Sri Lanka, etc. Quand nous nous sommes mis à regarder les conditions météorologiques, plusieurs idées ont pris le bord soit parce qu’il allait faire beaucoup trop chaud (en haut de 40oC ce n’est plus agréable), soit parce que nous étions en pleine saison de la mousson. Quand à la saison des pluies, ça n’a pas été un énorme facteur, car nous avions du temps (à considérer si vous n’avez qu’une semaine à la plage) et on s’est dit qu’on survivrait bien à une petite pluie torrentielle tropicale ici et là. C’est ainsi qu’à grand regret, nous avons rayé le Cambodge en juin.

  1. Région à haut risque de paludisme

Le côté accès aux soins de santé et risques pour notre poulette d’un an a été l’élément déterminant dans le choix de notre itinéraire. Nous avons choisi d’éviter toutes zones à haut risque de contracter le paludisme (malaria). Puisque nous les parents poules avons tous deux voyagé en Afrique, nous connaissions aussi bien les risques associés au paludisme que ceux associés à la prise de médicaments de prévention du palu. N’étant pas à l’aise avec l’idée de donner des médicaments anti-paludisme à notre fille d’an, nous avons décidé de rayer toute région à haut risque de contracter la maladie.

Finalement, le plus important est de se sentir à l’aise avec la destination de son choix et de bien s’informer avant le départ. Pour le reste, rappelez-vous que d’autres l’ont fait avant vous et ont survécu!

 

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MARIANNE L.

Lettre à ma dragonne de 2 ans

J’ai été sincèrement impressionnée hier soir, lorsque tu m’as explosé ta première crise du « terrible two » dans le bain. J’en ai vu d’autres avant toi, entre autres ton frère, mais aussi tous les petits cocos du temps où j’étais éducatrice à la petite enfance chez les 2 ans. Mais toi, tu as battu des records à mon vécu!

Voir l’ampleur et la force de ta rage, ton tout petit corps raidi par la tension, poings fermés, cris puissants et petits pieds martelant le fond du bain : tout ça m’a choquée… mais aussi rassurée infiniment. Je sais que je t’ai fait peur quand j’ai haussé le ton et perdu patience. J’ai eu autant de peine que toi en te voyant reprendre ton souffle. C’est moi aussi que je consolais en te berçant quand on a fait la paix.

Malgré tout, je suis rassurée de te voir aussi forte, capable de te battre pour ce que tu trouves injustice, même si pour l’instant c’était l’histoire d’une brosse à dents.

Je sais que pour les prochains temps, tu peaufineras ton énergie brute et je t’aiderai à trouver les mots qu’il te faut pour te défendre et prendre position. Je sais que je me maudirai à chaque fois que tu argumenteras contre moi avec ce que je t’ai appris, mais je tâcherai de me féliciter d’avoir élevé une fille forte qui croit en ses droits et ceux des autres.

Je suis fière que déjà, tu prennes position devant ton grand frère qui t’agace sans relâche ou devant ton père, à qui tu as lâché d’un ton autoritaire : « C’est assez papa! » alors qu’il levait la voix dans notre argumentation. Même lui en est resté figé sur le moment!

C’est d’autant plus important pour moi parce que tu me ressembles tellement physiquement. À presque 5 pieds et faite menue, on DOIT apprendre à lutter pour des choses aussi anodines que le droit d’apprendre à travailler physiquement, ou pire, pour avoir de la crédibilité et être prise au sérieux. Même sous tes airs de poupée, garde cette conviction d’avoir droit à la même place que les autres et au respect. Honnêtement, je t’envie un peu, même si je sais que ton parcours ne sera pas de tout repos. Mamie dragon pourrait t’en parler!

Ma petite dragonne, je ne tiens pas revivre cette tempête éprouvante avec toi, mais je serai là pour t’épauler de mon mieux quand ça arrivera.

Je t’aime inconditionnellement,

Ta maman poule

 

 

L’intimidation

L’intimidation. Ce mot est lourd de sens et de sous-entendus, pour moi, du moins.

Au primaire, on a ri de moi, de mon physique. On se moquait de ma dentition, on m’appelait le lapin ou bien le castor (pas très créatif, on s’entend). J’avais très peu d’amis, on me fuyait. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi… Je devais entrer dans les bulles des autres jeunes, j’imagine. Je me rappelle d’une fois, j’étais en 4e année, une camarade de classe a demandé à sa grande sœur de 6e année de venir m’embêter. Ainsi donc, pendant la récréation, elle se pointe devant moi, à deux centimètres de mon visage et me dit bêtement de laisser sa sœur tranquille, sinon ça irait mal. Elle a alors pelé sa clémentine et m’a lancé les pelures au visage, une à une. Peut-être qu’aujourd’hui, ce geste semble anodin, mais pour une fillette de 9 ans, c’était la honte totale.

Le pire a été ma 6e année où une fille me persécutait sans arrêt, en classe comme à la récréation. Durant l’hiver, elle s’amusait à me faire trébucher et me lancer de la neige au visage. Elle était toujours après moi, à dire que je n’étais pas bonne. Elle a volé mon agenda et s’est mise à regarder les dessins que je m’amusais à faire. Bien sûr, elle s’est moquée de moi. Je la détestais.

Au secondaire, les choses ne se sont pas améliorées, sauf que j’avais deux très bonnes amies qui vivaient, elles aussi, certaines formes d’intimidation. Trois filles étaient méchantes envers moi et m’insultaient à tour de bras. On riait encore de ma dentition, on me disait que je ne valais rien, que j’étais une « loser » et que je n’arriverais à rien dans la vie.

Enfin, mon secondaire s’acheva et je pus partir loin pour poursuivre mes études. J’ai choisi une petite ville dans le Bas St-Laurent, à 2 h 30 de chez moi. Là-bas, je me suis fait plein d’amis, je n’étais plus la risée de personne. J’étais enfin moi.

Aujourd’hui, je regarde ma fille de 5 ans qui commencera la maternelle en septembre prochain et j’appréhende tant ce moment, car j’ai peur qu’elle vive la même chose que moi et Papa Poule (oui, il a aussi été victime d’intimidation). Pour nous deux, école rime avec méchanceté des enfants. On ne souhaite tellement pas que ça se produise avec notre p’tite poulette. Nous voulons la protéger, coûte que coûte. Nous voulons également qu’elle comprenne que se moquer des autres enfants, c’est irrespectueux et que nous n’accepterons jamais ce genre de comportement.

Ouf! Comme on dit, c’est un gros coup pour les parents quand les enfants commencent l’école.

P.-S. Je voudrais remercier Jennifer Cyr; ton livre Le Droit de Vivre m’a apportée tant! Ton témoignage m’a donné les outils qu’il me faut pour affronter l’entrée à l’école de mes enfants. Merci du fond du cœur!

fevrier_photo-2_genevieve-thibodeauCrédit : Genevieve Thibodeau

 

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GENEVIÈVE T.

Hommage à mes amis sans enfant

Une maman poule n’est jamais seule dans la basse cour…

J’ai deux couples d’amis très proches depuis des années. Nous avons vécu des peines, des joies et l’arrivée de mes enfants. Ils sont toujours présents et tellement attentionnés. En effet, ils sont des oncles et tantes gâteau, taquins et avec aucune conscience des conséquences de leurs gestes ;). J’avoue qu’il m’est déjà arrivé, avant le dodo, de faire de la discipline avec mes amis!! Ils sont toujours prêts à nous aider même si des événements improbables leur arrivent trop souvent en présence de mes enfants. Un soir, ma mère devait venir garder, une tempête l’en a empêché, donc j’appelle mon amie en panique. Elle arrive un peu stressée, mon fils a juste 2 mois. Quelques heures plus tard, je reçois un texto : ça ne va pas super bien. Bon rien de grave, mon fils a régurgité … sur lui-même, ma fille et elle. Elle a dû se changer de la tête au pied haha! C’était un régurgit MONUMENTAL !!! Disons que je n’ai pas osé lui demander de garder pendant un bon moment.

Tous les ans, depuis la naissance de ma fille, nous allons une journée par été au zoo, mes deux amies et les enfants (prendre note que c’est leur idée et qu’elles n’ont pas d’enfant à cette époque!). Une fois, j’ai les deux miens qui veulent faire un tour de mini poney. J’y vais avec mon fils et Marie (mon amie du régurgit) avec ma fille. Et bien croyez-le ou non, le cheval l’a mordu!!!!! La cuisse de Marie a passé du bleu au mauve et nous gardons un souvenir impérissable de cette aventure.

16117185_eloise-van-doorn  Crédit : Eloise Van Doorm

Pour sa part, son conjoint (Franque) était un peu maladroit au début. Maintenant, il est le premier à sortir un mouchoir pour essuyer de la bave. Il prend la relève avec plaisir au besoin. Avec le temps, Franque à même développé certaines tactiques pour coucher les enfants pendant un party!!

Bref même si mes amis se lèvent à 10 h tous les week-ends, ont du temps pour faire plein de sports ou pour faire l’amour, ils sont des alliés dans l’éducation de nos enfants. Mes poulets sont heureux et chanceux d’avoir ces êtres enjoués et attentifs dans leur vie. Ensemble, nous souhaitons qu’un jour ils aient leur propre famille pour à notre tour gâter, câliner et taquiner leurs poussins. Des amis sans enfant, c’est un plus dans une vie. 🙂

 

eloise-van-doorn

ELOISE V.