Lettre à ma fille

Toi, ma merveilleuse fille, celle qui a la vie devant elle… Une belle et grande page blanche que tu écriras avec des hauts et probablement aussi quelques bas. J’aimerais tellement te guider vers la meilleure vie possible pour toi. Je te garderai près de moi et te protégerai tant que tu me laisseras le faire, mais le jour où tu voudras prendre ton envol, je te promets de te laisser aller. Mes conseils pour toi seront ceux-ci :

1.  Sois intelligente. S’il y a bien une chose importante dans la vie et qu’on ne pourra jamais t’enlever, c’est ta culture. Trouve la forme d’intelligence qui te passionne et ne cesse jamais d’ouvrir tes horizons. Défends tes opinions, mais écoute aussi celles des autres.
2.  Aime-toi. Tu es la personne la plus importante pour toi. N’oublie jamais à quel point tu es précieuse. Personne ne pourra t’aimer (à part ta famille bien sûr) si tu ne t’aimes pas d’abord.
3.  Sois heureuse. Fais un métier que tu aimes et qui te rend heureuse. Sois heureuse en amour. L’opinion des autres importe peu tant que tu es certaine d’être heureuse au fond de toi. Approprie-toi le bonheur, mais sache que tu devras travailler fort pour l’atteindre.
4.  Tu as le droit de te tromper, mais relève-toi toujours. On fait tous des choix que l’on regrette un jour ou l’autre. C’est de cette façon qu’on acquiert notre bagage personnel. Il faudra cependant que tu assumes tes erreurs et que tu sois capable de reconnaître tes torts.
5.  Fais confiance à la vie. Parfois, rien ne semble fonctionner comme on le veut. On tente de forcer le destin et c’est souvent de cette façon qu’on se trompe. Sois fonceuse, mais chaque chose en son temps.
6.  Sache que je serai toujours là pour toi. Peu importe l’heure, le moment, le lieu ou la situation, je serai là pour t’aider. Il faudra demander de l’aide lorsque tu en auras besoin. C’est à ça que sert la famille. Peu importe notre âge, on a toujours besoin de notre mère. J’ai encore besoin de la mienne très souvent. Ma chère fille, mon but sera de te fournir les outils nécessaires pour que tu te débrouilles le mieux possible dans la vie et que tu sois une femme forte et indépendante. Je te le dois, car tu as rendu ma vie tellement merveilleuse. Tu vivras du bonheur intense et des échecs tout aussi intenses. Parfois, tu devras chercher très loin la force pour passer à travers des situations difficiles, mais ça vaudra la peine.

Promesse de maman.

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KARINE G.

Nostalgie

Ce qui nous brise le cœur aujourd’hui fera notre bonheur demain. Ce choix qui à l’époque à brisé mon cœur, me rend maintenant si heureuse!

Je me souviens comme si c’était hier de ce matin de janvier. Il neigeait à plein ciel dehors, tu sais cette grosse neige pesante gorgée d’eau. Je m’étais levée tôt, j’avais étiré mon déjeuner et réchauffé mon café. Je devais bien me rendre à l’évidence, c’était ce matin-là que ma vie changeait. Après un certain moment, je devais bien me décider à enfiler mon manteau et à transporter mon petit baluchon. Je marchais d’un pas lent avec l’urgence de m’imprégner des lieux, des gens, des sons et des odeurs. J’ai pleuré en marchant, j’ai pleuré en métro, j’ai pleuré lorsque j’ai payé mon billet d’autobus et je me suis littéralement effondrée lorsque j’ai traversé pour la dernière fois le pont Jacques-Cartier. Tu me diras que j’y suis retournée depuis le temps et tu as bien raison, mais c’était ma dernière fois en tant que Montréalaise. À ce moment, je quittais une ville que j’aimais. Je laissais derrière moi des lieux et des amies chères à mon cœur.

Ce doux matin de janvier date de 2011 et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. On ne se le cachera pas, mon retour en région ne fut pas toujours rose. Tu ne comprenais pas mon ennui, je ne voyais pas ta peur de me perdre, celle de me voir retourner d’où j’arrivais. Moi je quittais ma ville pour l’amour et toi, tu l’avais quitté quelques années auparavant pour voir naître ton entreprise en espérant trouver l’amour. Avec le temps, beaucoup de temps, de l’amour, de l’huile de coude et un super travail d’équipe, je refais mon nid ici. De nouvelles amitiés ont vu le jour, j’ai réinventé mon métier, j’ai refait mes repères et trouvé mes bonnes adresses. Et bien sûr, ILS se sont pointé le bout du nez. Six ans plus tard, je ne vois pas ma vie sans vous et dans d’autres lieux qu’ici. Il  y a des jours où ma belle grande ville me manque terriblement. M’imaginer marcher dans ses rues, déguster sa cuisine ou perdre mon temps dans ses parcs me donne le mal du pays. Il m’arrive encore de pleurer mes amies, de m’en vouloir d’être loin d’elles, mais je suis extrêmement chanceuse, car lorsque l’on se retrouve, rien n’a vraiment changé mise à part la marmaille qui tourne autour de nous!

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Dans ces moments de nostalgie, je prends un pas de recul et je vous regarde, vous les trois êtres les plus importants de ma vie et je me dis que finalement Montréal, il lui manque un petit quelque chose… VOUS. Cette belle grande ville a bricolé l’adulte que je suis et ma région natale me laissera l’opportunité de déployer mes ailes.

 

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GENEVIEVE H.-M.

Une maman imparfaite, ça dit les vraies choses

Le respect, ça se mérite. Famille pas famille. Je suis de celles qui croient que le désaccord c’est sain. C’est la façon de traiter ce différend qui sépare les gentils des méchants. Prendre pour acquis qu’un membre de la famille doit accepter n’importe quoi parce qu’il fait partie de la « gang », c’est du profitage. Croire que le respect t’est dû juste à cause du chiffre qui définit ton ancienneté dans la vie, c’est du profit d’âge. Au contraire, plus ce chiffre est haut, plus tu devrais l’enseigner le respect, pas l’exiger.

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Les parents, ça n’a pas toujours raison. Ils font ce qu’ils pensent être le mieux au meilleur de leurs connaissances, mais quelques fois ce n’est pas assez. Ce n’est jamais avec une mauvaise intention et ils apprennent eux aussi dans ce processus. Bien sûr, les parents devraient se soutenir entre eux, même quand l’autre a tort, car c’est la base d’une équipe solide. Mais au bout du compte, c’est d’accepter l’erreur de l’autre comme de soi.

Le sexe, c’est bon. Oui c’est dangereux et il faut se protéger et ne pas minimiser les risques. À l’école, ils t’apprennent toutes les ITS (dans mon temps c’était MTS, mais bon, on se met au goût du jour) que tu peux contracter avec le sexe, photos à l’appui. C’est dégueulasse, ça fait peur, et ils ont raison de sensibiliser les jeunes à ça.

Mais l’envers de la médaille, c’est le plaisir. Beaucoup de plaisir. C’est de la préparation mentale, physique et émotionnelle autant pour la première fois que pour toutes les autres. On entend partout que les gars aiment ça comme ça, et que les filles n’aiment pas telle chose. Mais la vérité c’est qu’il faut piler sur ses tabous et discuter avec l’autre, parce qu’on n’est pas tous pareils.

La mort, ça fait peur. Ça fait peur à ceux qui restent. Ça terrifie ceux qui aiment. La mort frappe fort et sur n’importe qui. Elle t’avertit quand ça lui tente ou elle ose la surprise. Dans tous les cas, c’est la seule chose inévitable dans la vie, le seul point commun avec chaque être humain sur cette Terre et ça c’est triste. Certains l’attendent, d’autres la fuient, quelques-uns (trop) la provoquent, mais elle n’oublie personne sauf elle-même.

L’amour, le vrai, ça existe. Ce n’est pas comme dans les films où on s’embrasse passionnément sous la pluie. Quand il pleut, on rentre en dedans, on va se mettre en pyjama chaud et là on s’embrasse passionnément. L’amour, ça demande du travail, de la compréhension, des compromis, de l’intimité, de l’acceptation, de l’ouverture et beaucoup d’autodérision. Le rire, c’est ce qui tient un couple en vie.

La lutte, c’est arrangé. La fée des dents, elle n’existe pas. La Caramilk, c’est fait dans des moules. Et Pamela Anderson, ce ne sont pas ses vrais. D’autres questions?

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SABRINA H.

Un texte sur… l’érythème fessier!

Ce n’est pas que je manque d’inspiration, mais je trouvais de la plus grande importance de vous partager mon petit secret. Mon fils a régulièrement le péteux au vif (ce n’est pas ça le secret) et j’ai déniché (attention, c’est là que ça se passe) LA crème contre l’érythème fessier à vous procurer ABSOLUMENT.

Il s’agit de la crème Baby Butz de l’entreprise canadienne Olen. Cette crème, entièrement naturelle, a une concentration d’oxyde de zinc à 30 % en plus de contenir de la lanoline que l’on retrouve également dans les crèmes pour le soin des mamelons gercés. Ça fonctionne comme un charme et en plus, il y a une petite tortue franchement mignonne sur le pot! D’ailleurs, les produits Olen ne sont pas testés sur les animaux… yeah!

noel_photo2_isabellebdcCrédit : Baby Butz

N’ayez crainte, je parle ici en connaissance de cause. La crème à péteux, ça me connait… À peine quelques jours après la naissance de notre fils, mon chum et moi l’avons gentiment surnommé « le traceux »! Jusqu’à ses quatre mois, nous n’avons JAMAIS changé une couche vierge de caca. Toujours une petite trace quelque part. C’est quand même une belle invitation pour l’érythème fessier ça! Et le mieux, c’est que Baby Butz continue d’impressionner même en période de poussée dentaire. Amazing!

Courez (de grâce pas en portage avec bébé) à votre pharmacie, vous allez CA-PO-TER sur cette petite merveille en pot, je vous le garantis! Oh et puisque c’était les fêtes il n’y a pas si longtemps et que nos cartes de crédit sont pleines, voici un petit cadeau pour vous. Laissez votre adresse courriel et un commentaire pour courir la chance de gagner votre pot. Merci Olen Cosmetics!

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ISABELLE BDC

Une espionne à l’école

L’histoire d’une maman poule qui veut être une souris pour suivre sa fille partout.

Le mardi 30 août 2016, ma vie a changé! Ma poulette a commencé l’école. L’anxiété dans le tapis et accompagnée du meilleur calmant au monde (son père, mon mari), je suis allée la reconduire à pied. Plus nous avancions, plus elle souriait et sautillait. La fierté a commencé à prendre le dessus. En arrivant, elle a couru vers son professeur et a pris son rang. Son père l’a prise dans ses bars pour lui souhaiter une belle journée et elle a dit : « Aaaah papa, pas dans les bras !!! ». Puis il a quitté la cour. Pendant un bon moment, je suis restée à côté de ma poulette et elle me regardait l’air de dire, c’est beau va-t’en. J’ai tout de même eu de la difficulté à quitter la cour d’école, mais je n’ai pas pleuré. Les heures ont passé rapidement, j’ai tout de même pensé à elle. J’aurais tant aimé être une souris pour la voir socialiser, écouter, apprendre et s’épanouir. Dans le fond, nos enfants se définissent et ça se passe souvent entre les murs de l’école loin de nos regards…

Comme je suis maman à la maison, j’ai trouvé un moyen tout discret pour infiltrer ce monde. Je me suis proposée comme bénévole à la bibliothèque. Ah! Le plus beau dans tout ça, c’est que la responsable coordonne nos périodes de bénévolat avec le moment où notre enfant est à la bibliothèque. Je JURE que je n’ai rien demandé! J Alors une fois semaine, je suis un rat de bibliothèque et j’accueille les élèves. Poulette et son groupe sont à peine vingt minutes avec moi, mais je peux tout de même l’observer. Elle est tellement à son affaire, écoute les consignes et suit toujours les mêmes petites filles. Oh lala! Elle a déjà sa gang. Après deux, trois câlins, un bisou et un « bonne journée minou », elle retourne à son univers. Je suis si contente de vivre ces moments, je sais que je suis privilégiée et j’en profite. De plus, je suis assez lucide pour savoir que dans quelques années, ça ne sera plus du tout cool que maman soit à l’école.

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Évidemment, je ne suis pas la seule à vouloir admirer son enfant dans sa classe (j’imagine que plusieurs se reconnaissent). La professeure, que je soupçonne d’être mère poule, nous envoie par courriel un résumé de la semaine avec des photos de nos trésors, prises la plupart du temps à leur insu. Même s’il faut rapidement laisser nos petits poulets voler de leurs propres ailes, c’est agréable d’avoir des alliés pour garder un œil dessus. En ce moment, c’est la prof et la bibliothèque, mais dans quelques années se sera poulet qui se fera sûrement un plaisir de tout me raconter! 🙂

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ELOISE V.

Marco pour le bain

Il n’y a pas si longtemps, j’ai acheté un nouveau jouet pour le bain à mon fils (bon, je l’avoue, je le voulais pour moi aussi!). Mon petit poulet venait tout juste d’abandonner sa suce et ça représentait tout un défi pour lui! Ça valait bien une récompense, non? Je suis donc allée me procurer le petit « Marco » pour le bain de la compagnie Boon que je zieutais depuis quelques semaines déjà.

J’adore les produits de la compagnie Boon, car bien qu’ils soient un peu plus dispendieux que la moyenne, ils sont toujours faits de matériel de qualité et sortent de l’ordinaire de par leurs couleurs et leur design! Ils attirent l’œil des enfants… et des parents! Vous saurez probablement de quels types de produits je vous parle si je vous mentionne la fameuse grenouille qu’on accroche au mur de la salle de bain pour y ranger les jouets de bain ou le superbe tapis à l’aspect gazon pour y faire sécher les biberons?

Fidèle au reste, Marco est d’un superbe turquoise et on voit au premier coup d’œil que c’est un produit de bonne qualité.

Mais qu’est-ce qu’il fait ce petit bonhomme, hein? Ce qu’il fait est relativement simple: lorsque ses pieds qui contiennent de petits capteurs touchent l’eau, Marco s’illumine! Il s’illuminera ainsi de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel tant qu’il sera plongé dans l’eau. Et quand on le retire, il s’éteint automatiquement. Il est aussi de forme et de dimension parfaites pour les petites mains! De plus, il stimule l’enfant à nommer les couleurs qu’il voit.

Nous en avons profité pour fermer les lumières de la salle de bain la première fois que mon fils a pris son bain avec lui. Il était complètement fasciné, il chuchotait : « Woooow c’est beau! »

La lumière est relativement forte ce qui rend le jeu d’autant plus amusant.

La vendeuse au magasin m’a avoué l’utiliser elle-même dans son bain me ventant les vertus relaxantes de cette lumière aux différentes couleurs. Sur le moment, j’ai bien ri! Mais j’ai finalement compris et me suis laissée moi-même prendre au jeu! À moi la luminothérapie!!! (non mais sincèrement, c’est très relaxant!)

Ici ce petit bonhomme réchauffe un cœur chaque soir à l’heure du bain! Mon fils l’adore, il ne le quitte plus! Je le recommande fortement… pour petits et grands!

Vous le voulez? Voici des endroits où vous le procurer :

Mère Hélène

https://www.merehelene.com/fr/Produit-25584-Boon-Jouet-pour-le-bain-avec-Lumiere-Marco

Agatha boutique

https://www.boutiquepourbebe.com/produit/jouets-de-bain-marco-boon/

Rose ou bleu

https://www.roseoubleu.com/fr/jouet-de-bain-marco-de-boon-48520-pour-le-bain

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MARYSE F.

Elle s’appelle Élena

Elle s’appelle Élena. Elle est infirmière. Une excellente infirmière.

La première fois qu’elle est entrée dans ma chambre, il devait être autour de trois heures de l’après-midi. C’est un peu flou. Ça faisait environ 11 heures que j’étais en travail, environ une heure qu’on m’avait installé l’épidurale. Je n’étais pas trop fraîche, pas trop top! Elle était douce, délicate, silencieuse. Je l’entendais à peine préparer son matériel. Elle allait et venait discrètement.

Elle s’appelle Élena et c’est exactement de cette infirmière dont j’avais besoin. À grand coup de Pitocin, on tentait de faire progresser le travail et elle, elle m’encourageait. En roulant ses « r ». C’était doux à mes oreilles. Ça, je m’en souviens très bien. Et son sourire et son rire. Parce qu’elle était comique. Et c’est aussi ce dont j’avais besoin.

Elle s’appelle Élena et elle était là durant les huit heures les moins glamours de ma vie. Entre les vomissements et les grognements, son calme m’apaisait. Son calme qui fait que jamais je n’ai compris qu’on appelait la médecin à quelques reprises sans qu’elle ne vienne. Son calme quand bébé est arrivé et qu’il n’était pas au top de sa forme lui non plus. Son calme quand nous étions six, sept ou huit dans la chambre et que je n’entendais, à travers cette cacophonie, que mes plaintes. J’étais un peu brisée (pas juste physiquement!) et épuisée. Élena me réconfortait et me félicitait comme si j’avais accouché comme une chatte (allo les 17 heures de travail et la poussée de deux heures!).

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Elle s’appelle Élena et sans elle, je n’aurais pas cette magnifique photo prise avant que bébé et papa quittent pour la pouponnière. Je la remercie pour son silence. Quand tout est redevenu calme dans la chambre, mais qu’il y avait une tempête dans ma tête et dans mon cœur, elle n’a pas parlé. On ne pouvait me nettoyer et me changer, je n’avais pas de points. Je ne pouvais aller voir bébé, je n’avais pas de points. On attendait que quelqu’un vienne me recoudre… une histoire bien intéressante d’ailleurs! Je salue ma meilleure amie qui a fait un beau travail avec ma nou… allo Annie! Élena, elle, ramassait tranquillement le bordel laissé par ce marathon que nous venions de terminer.

Nous avons passé environ 200 heures à l’hôpital. Des infirmières, j’en ai vu passer. Des bonnes, des moins bonnes. Élena, c’est la best. Peut-être pas la best pour toutes les mamans. Il y a toutes sortes de mamans, toutes sortes d’infirmières. Pour moi, c’est la best.

Et vous, avez-vous eu le bonheur de rencontrer votre Élena?

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ISABELLE BDC

Je ne suis pas une poupée de porcelaine

12 ans, j’arrête de grandir physiquement. Haute de (presque) 5 pieds et (presque) toujours de bonne humeur, les gens se donnent encore le droit de juger ma compétence, mon jugement, ma volonté seulement en se fiant sur mon apparence, sans même m’écouter.

C’est assez! J’en ai marre! Je sors mes griffes!

Je ne suis pas une poupée de porcelaine qu’on manie à sa guise, qu’on peut se permettre de soulever dans les airs lors d’une accolade sans le demander. C’est drôle quand on est enfant, pas quand on prend en maturité.

Comme n’importe qui, je sais ce que je ressens, même si ma force et mes capacités me surprennent encore. Oui, j’ai moi-même filtré et rempli 180 poches de sable de 50 livres chacune cet été, avec les enfants dans les jambes. Oui, je les ai transportées moi-même, même si je pèse à peine plus du double de ces poches. Non, je n’ai pas besoin qu’un grand, qu’un homme, le fasse pour moi. J’aime travailler physiquement, je suis capable et autonome. Croyez-moi.

Avant d’être mère, ça me dérangeait moins. Probablement parce que je percevais moins cette discrimination qui est vieille comme la nuit des temps et pas foncièrement malveillante. Je pense que ce qui m’a réveillé, ce sont mes accouchements.

« T’accouches comme une chatte! » C’est ce qu’on m’avait dit quand j’ai accouché de mon premier en 3 h 30. Comme si mettre au monde- sur mon lit- un bébé prématuré de 5,5 livres, trop vite pour que je puisse me rendre à la maison de naissance, était une occasion idéale pour témoigner de son ignorance sur l’ampleur et les troubles de l’évènement. Dans ma tête : « Prière de ravaler ta langue avant de me dire des conneries dénigrantes du genre! »

Pire encore, je n’arrive toujours pas à croire que ma deuxième sage-femme (en Californie cette fois) ne m’ait tout simplement pas cru quand je lui ai dit que j’accouchais et qu’elle ait fini par arriver 15 minutes APRÈS la naissance de ma fille. Sérieusement?? Suis-je non crédible à ce point quand je dis que mes contractions sont irrégulières jusqu’à la fin et que le tout se déroule super rapidement avec moi, que c’est MA normalité?

Je sais maintenant qui je suis, de quoi je suis capable. Je suis moi aussi foncièrement imparfaite, mais j’ai confiance en mon jugement. Forte, capable, valable et digne de respect sous toutes ses formes, j’ai aussi le devoir d’en faire autant pour autrui. Je suis une maman poule et ça me convient. N’allez point chercher la tigresse en moi!

À toi qui me lis, je sais que tu es fait de cette même force de vivre et que toi aussi, tu mérites d’être cru, entendu, respecté et aidé au besoin. Et ce, peu importe tes capacités, ton vécu ou ton physique. Je crois en toi, même si tu as 3 ans et que tu n’as pas tous les mots pour me faire comprendre ce que tu vis.

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JOELLE M.

Quand l’amour se multiplie

Quand le « + » s’affiche sur le test de grossesse qui t’annonce la venue de ton deuxième enfant, t’es comblée de bonheur. Ta famille va bientôt s’agrandir. Quelle joie! Tu sautes à pieds joints dans cette belle aventure. Tu savoures tous les moments marquants : les rendez-vous chez le médecin, les échographies, le son du p’tit cœur, les p’tits coups de pieds dans ta bedaine… Pour le reste, avouons-le, t’es plutôt occupée avec ton premier-né et le temps file à toute allure.

Puis, un soir, alors que tu regardes tendrement ta Belle au bois dormant, alors que tu la trouves si belle et que t’es si fière de ses récents accomplissements, cette pensée te vient à l’esprit : mais comment est-ce que je vais pouvoir aimer ce deuxième bébé autant qu’elle? Je l’aime tellement. C’est impossible!

T’en parles à des amies qui ont plusieurs enfants et elles te disent que ce sentiment est normal. Elles te disent de ne pas t’inquiéter que ton cœur est capable de beaucoup plus d’amour que tu ne le crois. Tu aimeras ce deuxième bébé de façon différente, mais à la fois tout aussi intensément que le premier. Promis. Juré.

Pourtant, malgré ce qu’on te dit, tu continues quand même de penser qu’il te sera impossible d’aimer autant, ton premier enfant détenant déjà tout ton amour maternel. Puis, cette pensée surgit : c’est qu’il te faudra aimer un peu moins ton premier pour faire en sorte d’aimer les deux également. Et te voilà envahie par cette peur de moins aimer ta belle grande fille, la prunelle de tes yeux, celle qui ensoleille toutes tes journées.

Le temps passe à une vitesse incroyable. Te voilà déjà au troisième trimestre. La dernière ligne droite avant de rencontrer ce petit trésor. Malgré tes craintes, t’as vraiment hâte. T’as l’impression de le connaître un peu déjà. Tu reconnais ses périodes d’éveils et t’es même certaine de déceler certaines de ses émotions. C’est un lien incroyablement puissant qu’une mère développe avec son bébé avant même qu’il ne naisse.

Et puis voilà enfin le temps de quitter vers le lieu de naissance. Tout déboule rapidement. Tu reconnais cette douleur qui t’apportera la récompense ultime. Tu te laisses emporter par elle. Chaque contraction te rapproche du but. Puis tu pousses. Tu pousses de toutes tes forces, tu traverses le feu, tu crois que tu laisseras ta peau à cette douleur qui n’en finit plus…

C’est à cet instant que l’on dépose sur ta poitrine ce petit être si parfait, si beau. Tu enrobes de tes bras et de tout ton amour ce petit être si fragile. Et c’est à ce moment que ce que l’on t’a répété prend tout son sens : l’amour ne se divise pas, il se multiplie.

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KARINE V.

Les enfants c’est comme les crêpes? Vraiment ?

« Les enfants c’est comme les crêpes : la première est toujours un peu manquée, mais on s’améliore pour les suivantes ». Cette phrase entendue dernièrement m’a bien fait sourire (intérieurement, parce que ce n’est pas politically correct on s’entend). Puis j’ai fait un énorme constat. Le parallèle avec mes 3 enfants était inévitable. Je m’explique. Avec ma plus grande, qui a aujourd’hui 6 ans, j’avais un modèle d’éducation bien précis en tête. J’étais beaucoup plus rigide au niveau de la discipline et je dérogeais rarement de mes principes. On dort chacun dans son lit, on ne mange pas dans le salon, on donne des bisous quand on reçoit un cadeau, on ne court pas dans la maison, on reste à table durant tout le repas et ainsi de suite. Aussi, je retirais une grande fierté quand les gens autour de moi venaient me complimenter sur l’attitude exemplaire de ma fille en public. Je reproduisais tout simplement le modèle que je connaissais. Il n’était pas mauvais, mais je n’avais juste jamais pris de temps de réfléchir à quel type de mère je désirais être. C’était déjà tracé pour moi.

Quand mon garçon est arrivé quelque 3 ans plus tard, j’étais déjà en processus de changement intérieur. C’est par contre l’arrivée de ma petite dernière (16 mois à ce jour) qui me permet aujourd’hui d’affirmer que je ne suis plus du tout la même maman qu’il y a 5 ans. Un énorme lâcher-prise s’est opéré en moi. Pas tant sur la façon d’élever mes enfants que sur mes priorités. Tout est maintenant axé sur mon lien avec mes enfants. Ma relation avec eux, ce que je bâtis au fil des jours. Bien sûr, j’impose un cadre, des balises, mais j’ai trouvé un meilleur équilibre dans mon rôle de mère. J’ai longtemps eu peur du regard des autres, de leur jugement. Maintenant ça m’affecte beaucoup moins. Oui je suis la maman qui va cacher à l’occasion un chocolat dans la boîte à lunch de sa fille alors que c’est interdit à l’école. Oui mon garçon de 3 ans a le droit de se lever de table après 10 minutes parce que son appétit fait en sorte qu’il mange aux 2 heures et très peu aux repas. Oui on peut manger une collation dans le salon et même déjeuner au lit le dimanche, même si ça a fait des miettes partout. On ramasse et c’est tout. Oui mon gars peut mettre le même chandail trois jours de suite parce qu’il l’aime d’amour. Oui on dépasse parfois l’heure du coucher, même quand il y a de l’école le lendemain, parce qu’on ne peut arrêter de jaser. Et oui on a le droit de déjeuner avec notre casque de vélo sur la tête juste parce que c’est drôle. Ça déplaît parfois, ça dérange certains, mais chez moi c’est ainsi.

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Revenons donc à cette fameuse citation. Je ne suis pas prête à dire que j’ai « manqué » mon premier enfant, mais ce que je peux affirmer, c’est que les suivants m’ont permis d’améliorer mon lien avec lui. Ce lien était présent. Il s’est toutefois renforcé et j’aspire à continuer de le solidifier. Ce lien est précieux. C’est celui qui me donnera possiblement accès à ses précieuses confidences à l’adolescence (on l’espère). C’est celui qui fera en sorte qu’il viendra vers moi dans les moments plus difficiles de sa vie. Je suis loin d’être la meilleure maman du monde. Je n’ai pas cette prétention. Mais j’ai enfin trouvé le modèle que je désire être et dans lequel je me sens bien. Il me fallait juste un peu (beaucoup) de lâcher-prise et pour ça je remercie la vie!

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ISABELLE L.