On est jeunes et on tombe amoureux. On se dit oui pour la vie. On se bâtit une famille. On se doute naïvement de ce qui nous attend. Les conseils des autres ne nous intéressent pas. Pour nous, ce sera différent. On se promet de s’aimer quoi qu’il arrive. De toujours faire passer le couple en premier. De sortir souvent sans les enfants. On se le répète en boucle. On a trop souvent vu des couples tomber au combat autour de nous. Mais on se dit que ça ne nous arrivera pas. Pourtant, on est conscients qu’un couple sur deux ne survit pas au passage de la marmaille. C’est vrai que les premières années de vie de parents peuvent venir nous secouer. À des degrés différents bien sûr. Ça arrive aux meilleurs des couples. Même les plus amoureux. Même si ça ne paraît pas de l’extérieur. Même si la p’tite famille a l’air parfaite. Cette tempête épargne rarement. Et plus la vie nous envoie des épreuves hors de notre contrôle, plus les dommages sont importants. Un enfant différent, une dépression, un souci financier et pouf la traversée devient encore plus éprouvante. Et si par chance la petite enfance nous laisse indemnes, l’adolescence peut par contre nous rentrer dedans solidement.

Malgré tout ça, on décide bien souvent de recommencer et d’agrandir la famille. Encore et encore pour certains. Parce que le bonheur que procure la vie familiale l’emporte. Si on ne s’est jamais lâchés la main dans la tourmente, fine. Si après l’ouragan on a fini par se retrouver dans les décombres, pourquoi pas? L’important c’est d’éviter le déni. Surtout celui qui laisse présager que la pureté d’un nouveau bébé s’occupera de ressouder notre couple effrité…

Mes mots se veulent remplis d’espoir. Oui c’est encore possible de nos jours de bâtir des familles solides. Même de très grandes. C’est même possible de préserver son couple et de s’aimer encore plus fort, comme chantait l’autre. Faut juste bien se cramponner quand on sent qu’on s’en va dans le creux de la vague. Si l’amour est encore là, croyez-moi on finit par remonter et même surfer dessus.

En ce mois de la St-Valentin, je lève mon verre à tous les couples amoureux. Ceux qui ont le désir de plonger ou replonger dans la parentalité. Ceux qui ont triomphé et peuvent maintenant penser à eux. Mais aussi à ceux qui vont vivre cette fête en pleine zone de turbulence cette année. Ça fait malheureusement partie du voyage. D’ici à ce que la secousse passe, attachez bien votre ceinture et mettez votre amour à l’abri.