Aujourd’hui, le 3 avril 2018, il y a un an que mon père nous a quittés. Je viens de vivre mon premier deuil. Ce fut une année pendant laquelle je n’ai cessé de penser à lui, pendant laquelle je me suis énormément ennuyée, pendant laquelle j’avais toujours le réflexe de vouloir l’appeler, pendant laquelle les émotions ont fait leur chemin… Mais ce fut aussi une année de premières fois.

Ce fut la première fête des Pères pendant laquelle je lui ai parlé dans mon cœur.

Ce fut la première fois que sa femme, ma belle-mère d’amour, était seule pour la fête de mon fils aîné qui a eu 2 ans.

Ce fut la première fois que je suis passée au quartier chinois sans me rendre chez lui.

Ce fut mon premier anniversaire sans qu’il ne me cuisine un délicieux festin comme il l’a toujours fait.

Ce fut la première fois où j’ai trouvé ça stupide que quelqu’un me dise de lui parler dans mon cœur quand j’avais seulement envie de lui parler en personne. Pourtant, je l’avais déjà dit à quelqu’un cette phrase-là moi aussi.

Ce fut un premier Noël et un premier Nouvel An chinois sans se voir.

Ce fut son premier anniversaire de naissance étant absent.

Ce fut beaucoup d’autres premières fois.

Et ce fut douloureux chaque fois.

J’aurais aimé que ce soit la première fois qu’il rencontre mon 2e fils, mais il est parti 3 mois avant sa naissance. Je me sens si égoïste quand je sors de sa chambre, les larmes coulant silencieusement sur mes joues après que je l’aie bercé et mis au lit, parce que je me dis que j’aurais donc aimé qu’ils puissent se connaître. Mais il a tant souffert et s’est battu durant de longues années pour rester auprès de nous plus longtemps. Ce sentiment de culpabilité face à mes propres émotions fait sans doute partie du deuil…

Souvent, je me demande comment se dérouleront les deuxièmes fois? Les troisièmes fois? Et toutes les autres fois?

Et toi, comment as-tu vécu ton premier deuil et ses premières fois?

À la mémoire de mon Papa

Peter Fung 1948-2017