Ma St-Valentin, il y a 3 ans, je l’ai passée à l’hôpital, en train d’accoucher.

Vers 1 h 30 du matin, mes contractions ont commencé. À 2 h, j’étais dans le bain avec des chandelles (ouate de phoque?) en agonie. Un bain! Ça sert à quoi un bain en plein travail ? Non, mais dites-moi franchement. À quoi ça sert? À part le fait que la moitié de ton corps est en hypothermie, je ne vois pas de quoi en faire tout un plat positif. Et j’ai vraiment pris le temps d’allumer des chandelles (!?). Pour ajouter au fait que c’était la Saint-Valentin et que c’était super romantique dans la salle de bains, mon homme s’est amené une beurrée de Nutella, il s’est assis sur le bol de toilette et m’a regardée souffrir.

On est en Autriche. On doit appeler la gardienne qui est à 30 minutes de route de chez nous. Je demande à mon mari s’il connaît le numéro de l’ambulance, au cas où.  Ils n’ont pas fait ça simple, les Européens. 122, les pompiers, 144 les ambulances, 133 la police, 112 pour toute urgence… et ainsi de suite.

Finalement, la bonne nouvelle, c’est qu’on a appelé la gardienne qui est arrivée beaucoup trop tard pour que je puisse me rendre à l’auto entre deux contractions. Littéralement, je rampais. Je vous laisse créer l’image que vous voulez dans votre tête.

Arrivés à l’hôpital, personne n’est là. PAR-SONNE. Parce que la maudite chaise roulante, j’en avais besoin. LÀ LÀ. Comme dans TOUTE-SUITE.

On criait dans l’entrée de l’hôpital : HALLLOO?!?!

Finalement, on monte à l’étage en ascenseur, lieu où j’ai failli mourir de douleur.

20 minutes plus tard, j’ai un bébé dans mes bras.

Mais le fun ne s’arrête pas là.

Dans les jours à venir, je dois me débrouiller avec les infirmières qui ne parlent que l’allemand. Je souffre en allemand. Mon bébé se fait parler en allemand. Je mange de l’allemand : huit tranches de baloney trempées dans le vinaigre pour souper, le jour de mon accouchement. Je rêvais soudainement à la bouffe couleur vomi des hôpitaux du Québec. Y me semble que des épinards bouillis m’auraient remise sul’ piton.

Finalement, j’ai opté pour la livraison de bouffe maison de mon amoureux. Suffisait de trouve un four à micro-ondes. Je me promenais sur l’étage avec une photo d’un four à micro-ondes, ne sachant pas comment le dire en allemand.

Chaque fois que je tentais de parler en anglais, on me répondait : « Kein Deutsch ??»

Non. NON! Kein Deutsch. Français. English. And a little Deutsch. Je parle deux langues et demie, j’ai un bébé de 10 livres qui vient de passer entre mes deux jambes, « ma madame » est enflée, j’ai un coccyx déplacé, j’ai une thrombose veineuse, je n’ai pas d’amis et pas de famille avec moi.

Si ça me tente de parler le danois ou le mandarin, je vais le parler.

Voilà.