La rentrée est arrivée en coup de vent, en pleine canicule. Pendant que je voyais défiler sur les médias sociaux des photos d’enfants en habit neuf, sac à dos neuf et boîte à lunch neuve pour la rentrée. J’allais moi aussi, pour la première fois depuis 10 ans, faire mes emplettes dans un magasin bien connu vendant des fournitures scolaires.

Par contre, mes enfants sont encore à la garderie. J’ai encore une année de répit avant la grande rentrée de mon petit poulet l’aîné.

J’ai acheté un agenda, un cahier, un surligneur, un pousse-mine, un stylo, etc. Pour moi.

10 ans après avoir terminé mon BAC, je retourne sur les bancs d’école.

Au 2cycle.

La dernière ligne m’amène un sentiment de panique entremêlé à un sentiment de fierté. Le premier parce que mon premier cours de la session m’a ramené à l’ordre : c’est exigeant le 2cycle universitaire! Le deuxième parce que je n’ai jamais cru que j’avais le potentiel pour faire des études universitaires au deuxième cycle.

Je me suis donné une chance; je ne prends qu’un cours (le soir) cette session-ci.

Le Papa Poule m’a encouragé dès les premiers instants où j’ai évoqué la possibilité de m’inscrire à ce programme. Il a cru en moi et savait qu’il s’agissait pour moi de la meilleure façon d’arriver à mes objectifs professionnels.

Donc, depuis la fin août, le lundi, Maman n’entre pas à la maison pour le souper. Les enfants passent la soirée avec Papa. Mon plus vieux dit qu’il s’ennuie. Le plus jeune est TROP heureux de me voir le lendemain matin. Ça me fait un pincement au cœur.

Le regard de mon 4 ans quand il a compris que j’allais à l’école vaut mille mots. Il s’est allumé, il était heureux pour moi, fier.

Je me dis que c’est entre autres pour ça que je le fais, malgré le stress et la surcharge de travail que ça peut engendrer. Je le fais pour montrer à mes enfants qu’il y a toujours une façon de faire avancer les choses, que les murs professionnels et personnels sont faits pour être contournés et escaladés. Je le fais pour me faire grandir, comme la maternité m’a fait grandir.

Je le fais pour moi, mais aussi pour eux. Parce qu’une Maman Poule épanouie est une Maman Poule plus heureuse et que cela est le modèle que je veux transmettre à mes enfants. Mes enfants ne seront pas une excuse pour me retenir, mais bien une raison pour me pousser à aller plus haut.

À un cours, un soir par semaine, je suis consciente que je suis loin des autres parents qui entreprennent des projets plus grands et plus exigeants. J’ai la chance d’avoir des parents et des beaux-parents présents. Un mari compréhensif qui m’appuie dans ma démarche et des collègues qui ont fait le même processus que moi. J’ai de la chance. Vraiment.

J’admire ce parent qui cumule les emplois, qui retourne aux études à temps plein ou qui doit suivre un cours de francisation pour se trouver un emploi et subvenir aux besoins de sa progéniture. Ce sont de grands coups à donner. Je suis persuadée qu’il s’agit aussi du plus beau cadeau que l’on peut se faire et faire à nos enfants : ouvrir une porte vers de nouvelles possibilités.

Alors, toi, le parent qui en arrache, qui va faire ses emplettes à ce magasin de fournitures scolaires pour toi-même, je goûte à un dixième de te réalité et j’admire ton courage, ta volonté et ta persévérance. Bravo!