Chaque histoire d’allaitement est différente et unique. Aujourd’hui, je te parle de la mienne. Pas celle de Monique ou de ta voisine. Pas celle de la belle-sœur de ta collègue ou de ton arrière-grand-mère qui a eu 8 enfants. La mienne, celle de mon premier petit poulet. MA première expérience d’allaitement. J’ai l’air d’insister… Ben oui. Parce que mon histoire ne définit pas toutes les histoires.

Est-ce que ç’a été beau et simple cette histoire d’allaitement? Non. Pas toujours. Est-ce que je suis fière de ce que nous avons fait mon fils et moi? Oui. Chaque fois que j’y pense. Est-ce que je recommencerais? N’importe quand!

Cette histoire d’allaitement a commencé en pleine nuit, dans une pouponnière remplie à pleine capacité. On m’a « parké » entre deux incubateurs, on a tiré le petit rideau qui les séparait. Le petit rideau me tombait sur la tête. On m’a offert une chaise pliante en métal pour le confort de mes génitaux rapiécés! On m’a dit que je pouvais prendre mon fils et on m’a laissée me démerder avec les fils qui déclenchaient une alarme à chaque mouvement. J’étais encore en jaquette d’hôpital (celle qui s’attache en arrière et que tu ne peux pas enlever à cause du soluté) et je grelotais de fatigue, à moitié nue. Pas d’oreiller, pas de couverture. Je sais bien qu’on n’était pas au Ritz-Carlton, mais là…

J’aurais aimé qu’on me conseille d’avoir mon tire-lait à l’accouchement… au cas où bébé aurait besoin d’un petit traitement de bronzage pour la jaunisse. J’aurais aimé que le personnel infirmier me dise sensiblement la même chose. J’ai eu droit à tous les conseils et les façons de faire et à leurs contraires. J’aurais aimé qu’on ne me dise pas d’attendre une heure de plus avant de voir mon bébé pour la première fois à cause de la fermeture de la pouponnière au changement de quart des infirmières. J’aurais aimé que ce soit autre chose comme début…

Mais la suite n’est pas trop mal… Plein de mains ont tâté mes seins, on a stimulé bébé avec des débarbouillettes d’eau froide, j’ai eu plusieurs suivis pour assurer la prise de poids de bébé. J’ai pris du Fenugrec et mes aisselles ont senti le céleri et le sirop d’érable! On s’est apprivoisé, on a trouvé notre rythme.

J’ai allaité pendant 9 mois. À toute heure du jour et de la nuit. Dans l’auto, au centre commercial, au restaurant. J’ai repoussé plusieurs fois le dernier boire. J’ai pleuré la dernière fois.

Ce contact me manque souvent. Je m’ennuie de cette proximité et de la chaleur que dégageait mon fils. Je suis fière d’avoir été persévérante et d’avoir surmonté les difficultés avec mon petit poulet. Je suis plus forte de cette première expérience, mais, on va se le dire, j’espère que la prochaine sera différente!