J’ai besoin de toi. Plus souvent que tu décides de te manifester. Tu es comme un coup de vent dans une journée chaude. Dès que tu passes, je m’arrête pour te savourer parce que je sais que tu es éphémère. Trop éphémère. Quand tu m’honores de ta présence, le temps s’arrête. J’ai l’impression que tu n’existes que pour moi. Comme si tu savais que sans ta visite, je n’y arriverais pas.

Je rêve de toi. La plupart du temps éveillée. Je t’espère. Je t’attends. Quand on est finalement seuls tous les deux, je me sens entière. Je peux me sentir, m’entendre et me voir. Me rappeler que j’existe dans tout le brouhaha. Mes rêves tournent parfois aux fantasmes. Ceux qu’on doit taire parce qu’il serait mal vu de les évoquer dans certaines situations…

Je me laisse guider par toi. C’est toujours toi qui choisis où et quand. Pour combien de temps… Je n’ai aucun contrôle sur toi, car sinon, je te garderais auprès de moi encore plus longtemps. Tu me fais du bien… chaque fois. Après chacune de tes visites, mon corps et mon esprit sont plus détendus. Plus enclins à continuer ma journée. Ça ne me dérange pas de te partager. Je sais à quel point tu me fais du bien. Fais juste revenir me voir. Ne m’oublie pas.

Mes moments préférés sont tes visites en soirée. Quand le soleil se couche en même temps que les enfants. Ton arrivée concorde presque toujours avec le départ des petits dans les bras de Morphée. C’est à ce moment que je peux pleinement jouir de toi. Te savourer en entier. Oui, toi. Le silence!

Vous ne pensiez toujours pas que j’étais en train de faire l’éloge d’un amant toujours ben!? Ben non. Je louange le silence. Ce fantôme impalpable, mais dont la présence est indéniablement indispensable. T’sais le bout de la journée où il n’y a plus de cri, de bruit de jouets, de pleur, de question, de « mamannnnnnn », de musique, de télévision. Arien!

Ce moment-là où tu peux finalement t’entendre penser. Où tu ouvres un livre pour en lire plus que 3 lignes sans que t’aies à faire un bisou sur un autre bobo. Où tu entres dans ton bain ben trop chaud jusqu’à tant que tu ratatines. La petite collation de bout de comptoir quand t’as fini de rapailler la maisonnée avant d’aller te coucher. Ton petit caca la porte barrée à checker les sacoches sur ton cell.

Ces petits moments font toute la différence dans mon niveau de tolérance. Le silence fait trop peu partie de la vie d’un parent. Mais quand il est là, il faut le saisir à 2 mains et en soutirer chaque seconde. Et pourtant, quand ça fait un petit moment qu’on l’apprécie, on commence à le trouver étrange. Il y a comme une drôle de relation entre le silence et nous… On finit par aller voir dans la chambre des p’tits pour être sûre que tout est correct parce que ça fait un bout qu’on n’a rien entendu dans les moniteurs. Pis là, le silence devient moins enviable. On est même obligé de mettre notre main sur la poitrine ou sous le nez de notre enfant pour être sûre qu’il respire encore. Pis évidemment en ressortant de la chambre on pile sur la seule planche de bois du plancher qui craque… Au revoir silence… On se revoit bientôt j’espère.