Depuis que j’ai accouché la question qui revient souvent c’est :

« Puis, l’allaitement comment ça se passe? »

Quand j’étais enceinte, je ne voulais pas allaiter.

Ça ne me parlait pas tant.

Comme j’avais déjà des contrats en cours et que je ne pouvais amener ma fille avec moi pour faire des régies de plateau, il fallait donc la mettre au biberon rapidement. Je n’avais pas tant envie de vivre une transition sein/biberon à 2 mois.

Après plusieurs lectures et discussions entre mamans, je me suis dit que j’essayerai. Je les ai lus les mille articles comme quoi c’est mieux d’allaiter : comment le lait est meilleur pour mon enfant, comment elle serait plus intelligente, moins grosse, beaucoup plus protégée des infections. Comment tout serait donc mieux avec mon lait.

Mon allaitement a duré un gros mois.

Ça ne se passait pas super bien. Bébé ne faisait que boire ou s’endormir sur mon sein et elle buvait aux demi-heures. J’ai pleuré pendant une soirée au complet pour me rendre à l’évidence; ça m’épuisait plus qu’autre chose (On salue mes hormones au passage).

Donc, un peu déçue de moi-même, je réponds aux gens que j’ai dû arrêter.

Mais ce qui m’accroche, c’est que les gens prennent pour acquis que j’allaite en me demandant directement : «  Puis, l’allaitement ? »

Toi, t’as décidé que je l’allaitais.

Bonjour la pression et le jugement si t’as décidé de donner le biberon à ton mini être-humain.

Comme je dis que j’ai essayé de donner le sein, le jugement est souvent moins pire, mais dans les faits, il ne devrait avoir aucun jugement.

Puis, je ne devrais même pas être déçue de moi.

J’essayais juste de donner le meilleur de moi-même à ma fille puis, en allaitant, je n’y arrivais pas.

J’ai décidé d’arrêter parce que c’était difficile.  Je ne me suis pas entêté à essayer. Parce que mentalement, je n’y arrivais pas. J’ai décidé de sauver mon mental. J’ai préféré être plus en forme avec ma mini que de continuer à lui donner le « meilleur » lait pour elle.  Je ne l’avais pas moi, cette force-là. Puis, en plus, ça permettait à son papa d’avoir son moment avec elle.

Si toi, tu là cette force. Bravo. Sincèrement.

Je trouve ça beau. Puis, je te trouve forte de te lever pour tous les boires de nuit.

Moi, je n’étais juste pas capable.

Puis, s’il te plaît, juge-moi pas.

Ne juge pas les mamans qui n’essaient pas.

Ne juge pas les autres qui ont essayé puis qui arrêtent.

Elles ont leurs raisons.

Puis c’est ben correct de même.

Elles aussi, ce sont les meilleures du monde.