Je m’adresse à toi petite crevette que je n’aurai jamais. Sache que ce n’est pas par manque d’amour pour toi que je t’écris ceci. Ta maman ne peut pas porter une mini boulette à nouveau, ce serait trop dangereux pour toi et pour moi. C’est pour cette raison que je te demande pardon. Je te demande pardon d’avoir fait ce choix : de n’avoir que ta grande sœur qui nous comble de bonheur. 

Nous avions déjà décidé Papa et moi de n’avoir qu’un seul enfant, mais la voix du cœur est plus difficile à faire taire que celle de la raison. Crois-moi quand je te dis que je t’aurais chéri et adoré, mais la raison l’emporte. Je ne pourrai jamais te laisser faire ton petit nid au creux de mon ventre. J’ai trop peur de ce que je serai obligée de faire pour ma santé et la tienne.

Parce que oui, j’aurais envie de te bercer et de te câliner. Le pire dans tout ça, c’est que je me surprends quelques fois à t’imaginer, ce à quoi tu pourrais ressembler, à ta sœur, à ta maman, à ton papa.

Mais je dois faire le deuil de ma bedaine, de toi ma brioche. Pour ma santé et celle notre couple.

Je dois me résigner. Pas d’autres enfants à catiner. Pardonne-moi!! Tu sauras trouver une maman mieux que moi… qui te désire complètement et qui sera en mesure de bien t’amener à terme, de te faire grandir correctement.

Je m’adresse à toi petite crevette. Je fais le deuil de ma bedaine en te souhaitant une bonne vie. En me disant que j’assume mon choix et que j’aime mieux le contrôler plutôt que le « supprimer », il n’y a pas d’option « delete », je ne pourrais pas, même si dans la vie des fois, on n’a pas le choix.

Mais sache que je t’aurais aimé. BEAUCOUP ❤