Ton fils a un an, il doit manger seul. Ton enfant a un an et demi, il doit marcher. Ta fille a deux ans, elle doit parler. Trois ans, vite, elle doit dire des phrases de trois mots et plus. « Quoi? Toi, ton enfant ne fait pas partie de ces normes préétablies par la société? As-tu pensé consulter? En as-tu parlé à ton médecin? Moi, mon enfant n’a aucun retard… Il est même en avance sur tout. »

Non, mais pour vrai, à quel point ces commentaires et cette pression constante sont désagréables? Je comprends qu’à quelque part, nous, les nouveaux parents, avons besoin de nous référer à quelque chose ou quelqu’un. Comme je suis de nature très anxieuse, je me pose beaucoup de questions afin de savoir si mon fils est sur la bonne voie. Je vais me référer à la bible du Naître et Grandir au besoin. Par contre, les commentaires des petites Germaines de ce monde me font peur et me culpabilisent énormément. Je sais que je devrais les ignorer, mais c’est difficile.

Mon poulet avait deux ans et demi et non, il ne commençait pas toujours sa phrase avec un « je ». Oui, il a encore un biberon pour le dodo le soir. Il se couche sans rien dire, ne suce pas son pouce, ne me fait pas de crise et se relève que très rarement une fois couché. Pourquoi est-ce si grave que je lui donne un peu de lait dans un biberon le soir? Il dort pratiquement douze heures en ligne. Il se brosse bien les dents trois fois par jour. Le biberon est réconfortant pour lui et agréable pour moi.

Mon poulet a presque trois ans et non, il ne va pas encore sur le pot. Selon tous les critères et recommandations du Naître et Grandir, il est prêt. Mais il hurle dès que je l’assois sur le pot, comme si je lui coupais les bras en morceaux. Il pleure comme si sa doudou venait d’être complètement engloutie par le broyeur à déchets… Mais selon les autres enfants, il est prêt et doit aller sur le pot. J’ai essayé le système de récompenses, les surprises, du temps de iPad, le renforcement positif… Rien n’y fait. Il refuse catégoriquement. Lorsque je le laisse en culotte (qu’il a choisi lui-même au magasin), il se retient et lorsque je ne regarde pas, va chercher sa pull-up et la met lui-même.

Est-ce que je continue de m’acharner et de lui mettre de la pression? Est-ce qu’à tout bientôt trois ans, ce mini bout d’homme à besoin de se faire imposer nos normes sociétales? Il parle bien maintenant, de belles phrases avec des « je », il court, saute, s’habille seul… Il a de très belles réussites.

Eh bien, je choisis de lâcher prise. Je me dis que lorsqu’il sera prêt, il va y aller, sans pression, sans chicane, sans amertume.

1er octobre 2019. Mon petit homme m’a dit qu’il voulait des culottes de grand. Depuis, aucun accident, il se retient et va sur le pot quand il en a besoin! Prochaine étape : lui dire que lorsqu’il se sentira prêt, il laissera tomber le lait au dodo…