1932, Montréal vit naître un petit bonhomme qui allait devenir un grand homme. Ébéniste pour la ville de Montréal, époux fidèle et toujours amoureux pendant 58 ans, père aimant de 5 enfants, grand-père incomparable de 9 petits-enfants et arrière-grand-père comblé de 4 arrière-petits-enfants. Ardent amoureux d’opéra, de musique classique, de sports, de beau, de vrai et surtout fier de sa famille, de son patrimoine, de son histoire. Un conteur, un nostalgique, un farceur, un bon vivant quoi! Cet homme extraordinaire, c’est mon grand-père, grand-papa Gérard.

Févier 2018 fut terrible pour notre famille tissée serrée. Les métastases ont pris possession de ton corps. Pour toi, le choix est clair, les soins palliatifs. Depuis, tu t’en vas. Ton souvenir vivra au-delà de ton départ, tes récits resteront dans nos mémoires et nous serons les fiers étendards de ton histoire, de notre histoire. Nous t’aimions, nous t’aimons et nous t’aimerons.

Le deuil n’est pas une étape facile, la mort étant généralement tabou dans notre société. Notre conception de la mort évolue au cours de notre vie, elle est modelée par nos expériences personnelles, nos croyances et notre personnalité. C’est la première fois que je vis un deuil en tant que maman. Bien entendu, notre réflexe naturel en tant que parents est de protéger notre enfant prétextant qu’il est trop petit pour comprendre ce qui se passe. Étant infirmière et papa psychoéducateur, nous avons une certaine expérience avec la théorie, mais quand on le vit de l’intérieur, c’est différent. Nous nous sommes posé la question, comment en parler aux enfants. Les miens sont petits, quoique ma 2 ans fait des liens impressionnants dans sa petite tête en pleine effervescence. Comme une grande sœur, je voulais aussi supporter ma « petite sœur », les siens sont plus grands, ils comprennent davantage ce qu’ils voient, ce qui se dit, ce qui se passe.

Les conseils qui suivent ne sont que des pistes, des suggestions générales qui, je l’espère, pourront vous aider le temps venu.

  • Annoncez le décès à l’enfant dès que possible. Veillez à utiliser les mots précis, assurez-vous de sa compréhension du message. Demandez-lui ce qu’il comprend de l’information qu’il vient de recevoir et demandez-lui s’il a des questions.
  • Utilisez le mot « mort », évitez de dire que la personne est endormie pour toujours, cela pourrait causer des craintes ou des troubles du sommeil.
  • Expliquez-lui ce qui va changer par rapport au départ de cette personne, mais surtout insister sur ce qui ne changera pas.
  • Essayez de maintenir autant que possible la routine quotidienne, assurez la présence d’une personne significative pour l’enfant.
  • Rassurez l’enfant qu’il peut continuer à s’amuser et à avoir du plaisir malgré sa tristesse.
  • Encouragez l’enfant à parler de ses émotions, aidez- le à nommer ce qu’il ressent : peur, colère, peine. Réconfortez-le. Assurez-lui que ses émotions sont normales.
  •  N’hésitez pas à utiliser ce qui plait à l’enfant pour faciliter l’explication, utilisez un toutou, le dessin, un super-héros. Faites parler l’objet pour vous ou expliquez à l’enfant que « toutou » a aussi perdu une personne importante pour lui.

Bref, soyez francs, simples et surtout demeurez à l’écoute. Tout comme l’adulte, l’enfant réagit à une perte à sa façon, il l’exprimera comme il le peut. Il aura besoin de beaucoup d’amour et de temps, comme nous.

 

Références

Feuillet soins palliatifs

Jacques, Josée (2005). Un baume pour le cœur. Corporation des thanatologues du Québec.

Lambert, Marie-Hélène. La mort, comment répondre à ses questions ? Premières séparations, premiers deuils. Les mots et les gestes pour le réconforter. Éditions Bayard.