Février. Un si petit mois, mais si long pour moi. Depuis déjà quatre ans que je l’ai en aversion. Il fait froid, il fait sombre, la température semble en continuel symptôme prémenstruel.

Mon père biologique est décédé un 12 février, en 2015. Je n’étais pas très proche de lui, il nous a quittés ma mère et moi alors que j’avais à peine deux ans. Mais il faisait tout de même partie de ma vie. Même s’il était plutôt absent, c’est en partie grâce à lui si j’existe. Il était donc présent dans son absence, mais surtout présent en moi. Parce que oui, quand il est décédé, j’ai senti comme une infime partie de moi partir avec lui. J’ai alors réalisé qu’il n’allait plus jamais pouvoir me décevoir, mais surtout il n’aurait plus jamais la chance de me surprendre. Mon deuil s’est fait, mais a laissé une première marque rouge à mon calendrier de février.

L’année suivante, j’ai appris que j’étais enceinte. Le 7 février. J’allais enfin devenir maman, mais cette merveilleuse nouvelle a entraîné la chute de mon couple. La vie à deux allait continuer, mais avec mon bourgeon. Mon amoureux, lui, n’était pas prêt, il est parti en laissant une autre marque rouge au calendrier. Un autre petit deuil à faire. Un deuil à faire à travers ce tourbillon d’émotion à l’idée de devenir une maman et une maison.

Je croyais que février suivant allait être plus tranquille. Depuis deux ans, mes Saint-Valentins tournaient au drame. Je n’avais donc pas envie d’y penser. J’avais mis cette fête de l’amour de côté. Je me disais que j’allais profiter de mon congé de maternité prolongé pour me refaire, pour me réparer. Et le 8 février, alors que je me préparais à aller visiter mon amie qui avait le moral à plat depuis quelques temps, mon téléphone a sonné. Au bout du fil, on m’annonçait qu’elle nous avait quittés… Qu’elle avait choisi d’arrêter, de nous quitter.

Je n’ai rien de plus à ajouter pour cette année. J’étais convaincue que le mois de février était maudit. Maudit mois de février.

Cette année, février est arrivé et il est inutile de dire que j’avais le moral à zéro. En plus des nombreuses tempêtes de neige, il a fait plus que froid et je n’avais envie de rien. Mais cette année, je ne suis pas seule. Non pas que j’étais seule les autres années, je suis merveilleusement bien entourée, j’ai des amies fantastiques et une famille plus que parfaite. Mais je ne suis pas seule le soir dans mon lit, j’ai rencontré un homme, mon S. Lorsque ma tête à trop de temps pour penser et que les cauchemars se pointent le bout du nez, il est là. Cette année, j’ai à mes côtés un homme parfait pour moi. Il me supporte et m’écoute. Il me serre fort contre lui et me dit que j’ai le droit de pleurer autant que j’en ai envie. Cet homme, je me dis que je ne le remercie pas assez. Il m’a fait livrer des fleurs à mon travail, il m’a organisé une fin de semaine parfaite avant la Saint-Valentin. Il est présent pour moi, mais aussi pour mini. Il a réussi l’impossible, il a réussi à me faire oublier quel mois nous étions. Il a réussi à réchauffer mon mois de février…