Tout le monde connaît un peu l’histoire de Don Quichotte, Seigneur de La Mancha. Chevalier sans peur qui préférait vivre une vie de rêve parsemée de quêtes, de magie et d’aventures, plutôt que vivre une réalité triste, grise et misérable. Ce fou qui transforma à l’aide de son imagination les moulins à vent en ogre à combattre, le pot de barbe en chapeau d’or et une auberge en château. Accompagné par son fidèle ami Sancho, il a vécu ses malheurs quotidiens en les transformant pour qu’ils deviennent des bonheurs immenses et remplis d’espoir.

 Je suis allée voir ce chef-d’œuvre sur la scène du Théâtre du Rideau Vert il n’y a pas longtemps; L’homme de la Mancha. Alors que je pleure encore ma séparation, le plus souvent lors de moments douteux et imprévisibles, je me suis organisée une tête et je suis allée m’empiffrer l’âme d’espoir et le cœur de bonheur pendant deux heures. Merveilleusement bien jouée et chantée, cette pièce est à voir et revoir; je n’ai aucun commentaire négatif à faire. Sous les dernières notes de la chanson La quête de Jacques Brel, j’ai pleuré une fois de plus à chaudes larmes. Cette fois par contre, je ne pleurais pas de peine, je pleurais de joie, d’espoir et surtout je pleurais en ayant un sentiment de renaissance. Je suis sortie de la salle en me disant que le lourd bagage qui m’accompagne ne peut que m’aider et m’inspirer.

Sous la plume de Cervantes est né «L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche», mais sous ma plume renaîtra L’incroyable Dame de La Mancha. Je transformerai mes larmes en gouttes de pluie pour mes fleurs, mes cries de haine en poème qui réconforte et les cailloux sur ma route en poussière d’étoiles. Au cours de ma quête, j’irai combattre les tourments de la vie avec la force que j’ai accumulée au cours de mes nombreuses batailles. Batailles trop souvent perdues, mais ô combien instructives et ressourçantes. Je serai accompagnée de mon petit chevalier à moi, mon petit prince au cœur pur et beau. Nous bâtirons une vie de rêves et d’aventures. Je lui apprendrai à se relever et à recommencer lorsque les coups de la vie seront plus difficiles à recevoir. Je lui enseignerai à « rêver l’impossible rêve… pour atteindre l’inaccessible étoile…[1]»

Après toute cette remise en question, j’ai envie de commencer un nouveau chapitre. William Shakespeare a écrit : « J’aimerais mieux une folie qui me rendrait gaie qu’une aventure qui me rendrait triste.» Ma dernière aventure s’est terminée par une douleur titanesque, je vais donc créer des instants de folie qui me rendront heureuse. Je chanterai sous la pluie, je danserai sous les étoiles et j’oserai même rêver qu’un jour peut-être, je rencontrerai celui qui voudra partager notre histoire, à mon mini et moi. Celui qui voudra partir découvrir les moulins à vent et les aurores boréales qui font rêver… Celui qui ne sera pas là pour nous protéger, mais bien pour nous accompagner. Un jour…

[1]Parole de la chanson La quête de Jacques Brel