J’ai toujours été mitigée par rapport au couponing. Je trouve que les émissions américaines que l’on voit à ce sujet sont exagérées et qu’elles encouragent la surconsommation. Sincèrement, qui a besoin d’un approvisionnement de trois vies complètes en pots de moutarde?!

Mais cette année, j’ai ressenti l’appel criant de l’économie monter en moi. Au même moment, j’ai écouté une émission québécoise sur le couponing, où une femme faisait une épicerie de 1 000 dollars pour presque rien. Ça y est, me v’là motivée! Non mais, pas plus folle qu’une autre, pourquoi je paierais le gros prix pour mon épicerie quand il y a moyen de se vautrer dans le filet mignon pour une poignée de peanuts?! C’est cette semaine que ça se passe, mon épicerie me coûtera moins de 40 dollars. I wish…

Lundi : Je m’installe devant mon ordinateur. Sachez que toute couponneuse débutante doit s’inscrire à l’équivalent d’un bottin téléphonique de sites Web afin d’être informée des aubaines et d’imprimer des coupons. Je passe donc l’après-midi à me créer des identifiants farfelus et à imprimer une avalanche de coupons, espérant que l’économie que je ferai grâce à eux compensera pour toutes ces feuilles de papier…

Mercredi : L’apothéose de la semaine d’une couponneuse, le Publi-Sac! Je brave le froid au petit matin pour réussir à en attraper un avant que mon voisinage retraité fasse sa razzia. J’ouvre le tout, je compare, je note, je m’étends, mon salon a l’air d’une usine de récupération. C’était chez IGA ou Métro que le Philadelphia était le moins cher? 3 pour 5 dollars, c’est-tu un meilleur deal que 2 pour 3 dollars? Calculatrice obligatoire, gin tonic fortement suggéré!

Jeudi : JOUR J! L’épicerie! J’ai tout en main : ma liste de repas hebdomadaires, le bloc-notes regroupant mes imbattables, mes circulaires, ma tonne de coupons classés par type de produit, ma sacoche, mes sacs réutilisables. Les enfants emmitouflés dans leurs habits d’hiver me regardent avec les yeux ronds comme des soucoupes. Je me jette un dernier regard dans le miroir de l’entrée. J’ai les mains moites, les dents serrées, des plis dans le front et un bouton de stress au menton. J’ai l’air de partir à la guerre.

C’est là, à ce moment précis, que j’ai décroché. J’ai pris une grande inspiration, et j’ai soigneusement déposé mon attirail de couponneuse directement au bac de recyclage. J’ai fait mon épicerie la tête légère, comme d’habitude. Je me contente maintenant de mieux planifier mes repas pour ne rien acheter de superflu et évidemment de profiter des spéciaux avantageux. C’est suffisant pour me faire économiser un minimum, tout en conservant ma santé mentale intacte, ou en tout cas pas loin. Décidément, le couponing ce n’est pas pour moi!

Alors, d’autres économes imparfaites dans la salle?

MELISSA

Mélissa B.