Perdre son bébé, c’est vraiment quelque chose de très difficile à vivre. Croyez-moi j’en sais quelque chose. La mienne, je l’ai perdue à 23 semaines de grossesse suite à un accouchement prématuré. J’ai accouché d’un bébé sans vie. Aujourd’hui ce que je trouve le plus difficile, c’est de revivre cette journée jour après jour. Avoir des flash-back soudains du moment où je crève mes eaux, l’annonce du médecin sur la suite des choses, le visage dévasté de mon chum, le lourd silence dans la chambre d’hôpital au moment de l’accouchement et me rappeler du si petit corps inerte de ma fille dans mes bras. Revenir à la maison avec une chambre de petite fille inachevée et pleurer toutes les larmes de mon corps dans cette pièce vide. Ces souvenirs me reviennent sans cesse et m’ont marquée pour la vie.

Avoir en tête que ma première fille aurait 3 ans et essayer de m’imaginer à quoi elle ressemblerait. Aurait-elle été le portrait de sa petite sœur Sarah? Ça, on ne le saura jamais. « Vous devez mettre cet événement derrière vous ». Ça, c’est la phrase qu’on m’a dit un peu trop souvent venant de gens qui n’ont peut-être pas su mesurer l’ampleur de notre douleur. Des gens qui voulaient aider, mais qui n’avaient tout simplement pas les bons outils pour le faire. Jamais ce ne sera derrière nous, c’est juste impossible.

Je porte sur mes épaules le poids de cette journée depuis presque 3 ans maintenant et ce n’est pas plus léger avec le temps. J’ai appris à vivre avec cette lourdeur tout simplement. J’en ai voulu à la terre entière de nous avoir fait vivre cette épreuve, mais aujourd’hui, je me sens plus forte malgré tout. Plus forte, mais plus intolérante face à ceux qui aiment s’apitoyer sur leur sort en nous faisant croire que leurs problèmes sont plus gros ou plus importants que ceux des autres. Je suis plus forte, mais en même temps fragile parce que j’ai encore cette plaie ouverte qui refuse de cicatriser.

Par contre, mon couple est plus solide que jamais. Mon chum a été mon roc dans mon cheminement et il l’est encore plus aujourd’hui juste par sa façon d’être avec notre poulette Sarah et par son enthousiasme à accueillir dans quelques mois le petit dernier de notre famille. Cet homme je l’aime d’amour, car il me complète et me comprend mieux que quiconque. Parce que oui la vie doit continuer même s’il y a des jours plus difficiles que d’autres. Parce que malgré tout, ma petite famille me comble de bonheur et que j’aime ma vie telle qu’elle est avec ses petits bonheurs comme ses grandes tristesses.

Je sais qu’on ne l’oubliera jamais, car elle a fait partie de nos vies l’espace d’un instant et aujourd’hui elle occupe une place privilégiée dans nos cœurs. Olivia où que tu sois, je t’ai aimée dès que j’ai su que j’étais enceinte, pas une journée ne passe sans que j’aie une pensée pour toi. Même si aujourd’hui je suis une maman épanouie, sache, ma fille, que tu resteras en moi pour toujours.