Récemment, j’ai eu 36 ans. Je suis une épouse et une maman … malgré tout ça, ma chaîne de télévision préférée est VRAK.TV. Je ne manque aucun épisode du Chalet, de Jérémie et Code F. J’ai lu tous les tomes d’Aurélie Laflamme et j’ai déjà fait la file au cinéma pour écouter Twilight le soir de la première. Bref, j’ai un cœur d’ado.

Pourtant mon adolescence n’a pas été facile. J’ai un nom et un prénom bizarres, j’avais des broches, des lunettes et mes cheveux frisés étaient rarement dociles. J’ai été le bouc émissaire de plusieurs personnes, vous pouvez donc imaginer que je n’ai pas eu de « petit » chum au secondaire. Les peines d’amour ont été tellement nombreuses, j’étais vraiment naïve et romantique, les rares fois que j’ai fait les premiers pas, j’ai frappé un mur. Ma vie était finie chaque fois 🙂 Les émissions de télévision d’ados sont donc venues à ma rescousse. Mon anglais s’est amélioré grâce à mon écoute assidue de Dawson’s Creek. J’étais Joey et j’ai pleuré ma vie à maintes reprises devant ses échecs amoureux et en pensant aux miens.

Par chance, les astres se sont mieux alignés pour mon futur. D’ailleurs, j’ai rencontré mon mari à 19 ans et nous sommes devenus amoureux 7 ans plus tard. Il a su dès notre première rencontre que je serais importante pour lui. Depuis, je carbure aux trucs d’adolescents. J’ai une admiration sans bornes pour ces jeunes, cette période est tellement importante et difficile. C’est vraiment le moment où on se définit. J’aime les gens qui créent pour eux, qui sont des exemples ou qui font les choses différemment.

Mon grand-père riait souvent en disant : « Ha les jeunes sont complètement fous … on dit ça depuis toujours ». Il a raison et en plus des exemples de « bons jeunes », il y en a plein. L’an passé, j’ai travaillé dans une école primaire et j’ai créé des liens avec les grands. C’était beau de voir leur solidarité, leur curiosité et leur imagination. Un midi, l’un d’eux est durement tombé sur l’asphalte et a pris beaucoup de temps à se relever. Ses amis sont restés jusqu’à ce qu’il se relève et m’ont assuré de veiller sur lui. Je les ai revus quelques mois plus tard à la piste de vélo de mon village. Ils étaient une dizaine d’enfants de tous les âges et les grands s’assuraient que tout le monde puisse pédaler. Ils ont même chronométré tous les jeunes pendant leur parcours pour connaître le plus rapide et ils ont été impressionnés par la vitesse de mon poulet de 4 ans.

J’aime cette transformation chez l’humain. Je suis nostalgique de la mienne … je dois la revivre par procuration en consommant tout ce qui leur est adressé. Pour vrai, je vous mets au défi d’écouter Code F et de ne pas devenir accro.