Dans la vie, j’ai peur.

J’ai peur de tout. J’ai peur du changement, j’ai peur de ne pas être à la hauteur, j’ai peur de ne pas être une bonne mère, une bonne blonde, une bonne employée… bref c’est handicapant.

J’ai peur de ne pas être aimée. Encore à 37 ans, ce sentiment qui était présent chez moi enfant, me tourmente.

J’ai toujours eu le syndrome de l’imposteur, de ne pas être assez bonne, et ce, dans toutes les sphères de ma vie. Une belle thérapie m’a ouvert les yeux dans ma jeune vie d’adulte, mais ça reste imprégné.

J’imagine que l’intimidation vécue quand j’étais jeune fait partie de ces cicatrices. Ces petites voix dans ma tête qui me disent que je ne suis pas assez fine, pas assez bonne, pas assez capable.

La contradiction, c’est que je travaille dans un domaine qui demande beaucoup d’assurance et j’en ai… pour ce qui est des compétences, des connaissances, je peux même affirmer qu’au contraire, je suis plutôt sûre de moi. C’est étrange cette dualité. Certains diront que c’est le gémeau en moi, mais je n’y connais rien en astrologie.

J’ai toujours foncé malgré la peur. J’applique sur des postes importants, j’ai de l’ambition et je réussis la plupart du temps à me vendre tout en honnêteté. Et je n’ai pas peur de l’échec, puisqu’à chaque refus, j’apprends quelque chose.

Mon rôle de mère me donne du fil à retordre. Quelle remise en question, tant au niveau du couple que de sa personne! J’ai tellement peur de faire du tort à ma fille en faisant trop de ceci ou pas assez de cela. Tu comprends??

Appliquer le lâcher-prise est une discipline olympique chez moi. Je travaille très fort… je me parle.

J’ai peur de mon couple qui roule sur le pilote automatique. Depuis quelque temps, c’est pas évident. Celles qui pensent qu’avoir un enfant rapproche… je confirme que non. Les différences d’opinions, le manque de temps, la routine, tout ça nous brise, nous éloigne. J’ai peur qu’on ne réussisse plus à se retrouver.

J’ai peur de la vie… de ne pas savoir.

Depuis l’arrivée de ma fille, c’est plus fort. Je n’avais pas cette peur-là, en tous cas pas aussi forte, étant plus jeune. Je fonçais dans le tas, je l’affrontais, prenais le taureau par les cornes.

Aujourd’hui, je calcule…

Apprendre à se faire confiance est le travail d’une vie, je n’ai pas fini. Chaque jour est un défi et je dois le relever.

Je suis belle, je suis bonne, je suis capable.