38 semaines. Je commence à me sentir mal dans mon corps. J’ai des maux de dos, ça me tire dans le ventre, je dors mal. J’ai hâte d’accoucher, de rencontrer ma petite poulette pour la première fois malgré que je la sens tous les jours depuis belle lurette. Mais en même temps, je suis nostalgique. Nostalgique de quoi me direz-vous? Eh bien, je trouve que ces 9 derniers mois ont passé beaucoup trop vite. Et je ne suis pas la seule à dire ça…toutes les filles qui ont été enceintes autour de moi n’ont cessé de me répéter qu’une grossesse, ça passait à la vitesse de l’éclair! Pourtant, au jour le jour, on passe notre temps à penser à ce qui arrivera plus tard…

« J’ai donc bien hâte de ne plus avoir mal au cœur, me semble que le premier trimestre est long, beaucoup trop long… »

« J’ai donc bien hâte à la clarté nucale, il me semble que ça va m’enlever un énorme stress! »

« Ha mon dieu, j’en peux plus d’attendre mon échographie de 20 semaines ! J’ai tellement hâte de savoir si c’est un garçon ou une fille! »

« Ouf, le test de diabète, je l’appréhende tellement! Plein de filles m’ont raconté que ça s’est mal passé! Dire que je dois le passer la semaine prochaine, on dirait que je pense juste à ça! »

« Puis l’accouchement, ouf ça va tellement faire mal, juste d’y penser j’en dors plus la nuit! »

Le problème avec tout ça, c’est qu’on en oublie le moment présent. Et je ne suis pas mieux que personne, j’ai anticipé tous les beaux moments (et les plus désagréables!) qui allaient arriver durant ma grossesse. Pourquoi faisons-nous cela? Je pense que cela nous réconforte lors de moments de tempête. On aspire à mieux, à des événements qui nous apporteront des élans de positivisme et on anticipe le pire parce qu’on pense qu’on se protégera de cette façon.

En agissant de cette façon, on s’épuise pour rien. On ne peut malheureusement rien prévoir et si on aspire à quelque chose de positif et que ce fameux quelque chose ne se passe pas comme prévu, on se crée volontairement des déceptions qui auraient pu être évitées. Revenir à ici et maintenant permet non seulement d’apaiser le hamster qui roule vitesse grand V dans notre tête, mais de mener à bien ce que nous faisons au quotidien puisque nous y consacrons toute notre attention. Ça ne vous ferait pas du bien une petite pause mentale parfois?

Revenir au moment présent ne demande pas de lire plusieurs livres de psycho pop ni de réinventer le monde. L’investissement est simple, mais ô combien efficace pour arriver à lutter contre nos démons. Il suffit de prendre quelques minutes durant notre journée pour revenir à ce qu’on fait, ce qu’on vit et comment on se sent. Ça peut se faire en marchant, en faisant la vaisselle, en berçant notre tout-petit. Est-ce qu’il y a quelque chose de plus facile à mettre en application?

Alors, pour mes derniers jours de grossesse, je me mets donc au défi d’identifier 3 éléments positifs dans chacune de mes journées. Je souhaite aussi prendre un moment au quotidien pour m’arrêter et juste savourer. Savourer les coups de ma poulette dans mon ventre, savourer les premiers rayons de soleil chauds du printemps, savourer mon dernier verre de vin sans alcool…Ok ça, j’avoue que je commence à avoir pas mal trop hâte que ce soit une histoire du passé! Qui sait, cette pratique me permettra peut-être en tant que Maman Poule de savourer les premiers instants avec ma cocotte d’amour plutôt que d’anticiper l’entrée à la garderie, la première percée de dents, les coliques et cie… Et vous, vivez-vous la même chose que moi? Embarquez-vous dans mon défi?