Je l’ai toujours dit, nos parents sont des exemples. Autant de ce qu’on veut faire, devenir ou reproduire que de ce qu’on ne veut pas. La fête des Mères flotte dans l’air ce mois-ci, alors j’ai trouvé que c’était un excellent prétexte pour rendre hommage à la mienne.

Ma mère, une femme féminine, excentrique, forte et décidée. Elle a un caractère fort qui lui permet d’argumenter et de tenir son point. Elle est rassembleuse et attentionnée. Depuis que je suis moi-même devenue mère de 2 enfants, je réalise toutes les choses que je veux inculquer à ma descendance et qui viennent en grande partie d’elle. Ce sont des choses qui me gossaient dont à l’adolescence, mais que je comprends tellement aujourd’hui!

Du plus loin que je me souvienne, ma mère parle de sexe. Ouvertement, réalistement, respectueusement et abondamment… Tellement que ma meilleure amie d’enfance posait des questions reliées à la sexualité à ma mère parce que la sienne était plutôt fermée sur ce sujet. Elle a toujours été très honnête sur les 2 côtés de la médaille. Elle a bien couvert le côté prévention, mais a aussi abordé le côté plaisir; chose que peu de parents font et qui alimente la peur et le stress reliés à la première fois. Elle n’a jamais mis d’emphase sur cette fameuse première fois; seulement mentionné d’être en sécurité, de se protéger et de se sentir bien et prête. Je n’ai jamais eu cette peur de la douleur (je ne m’attendais pas à avoir full plaisir non plus, entendons-nous) ou de tout ce qu’on raconte sur la première relation sexuelle. C’est définitivement sous cette approche que je veux ouvrir la discussion avec mes enfants. Cette ouverture et cette franchise sont intemporelles même si les sujets peuvent changer avec le temps.

La maman poule oui c’est le nom de ce blogue, mais c’est définitivement comment ma mère serait décrite. Ma sœur et moi avions assez de liberté pour explorer, mais elle n’était jamais loin. Je me sens déjà comme ça avec mon fils de 3,5 ans et ma fille de 1 an. Elle nous répétait sans cesse : « La tête, ça r’vient pas! ». Ça, c’était sa phase pour nous obliger à mettre un casque de vélo parce que c’est donc pas cool porter un casque de vélo à l’adolescence (comme si être embaumé c’était mieux… Mais on n’est tellement pas conscient de ça à cette étape de vie là… Anyway, je dérive du sujet). C’était sa phrase fétiche pour toute situation représentant un risque de blessure physique. Ça voulait un peu dire, prends assez de risques pour te péter un bras pour apprendre, ça va aller. Mais prends-en pas trop pour ne pas avoir des blessures majeures et SURTOUT pas à la tête. Je suis bien d’accord avec ce point de vue depuis que je constate à quel point les enfants n’ont aucune notion de danger.

Un des plus beaux gestes qu’elle posait quotidiennement dans mon enfance, c’était dans mon lunch à l’école. Elle en mettait toujours plus. J’avais un lunch de feu : sandwich, compote, yogourt, barres tendres, Joe Louis (parce que oui, on avait le droit de manger ça à l’école dans les années 90), fruits, etc. Elle me disait que si je voyais quelqu’un qui avait l’air de manquer de quelque chose dans son lunch, de partager avec lui ou elle. Dans le temps, j’étais juste contente parce que ça me faisait en général plus de choses à trader sur l’heure du dîner. Aujourd’hui, je réalise à quel point c’est un geste d’une générosité inouïe! Nous étions loin d’être riches et l’épicerie, on le sait, ça coûte cher. Elle pensait aux autres enfants… TOUS LES JOURS! C’est sûr que je ferai pareil au moment de l’entrée à l’école de mes enfants.

Finalement, ma mère nous a encouragés à notre juste valeur. Elle me poussait à faire de mon mieux où elle savait que je pouvais. J’étais assez bonne à l’école, une bolle comme on dit. Mais j’avais beaucoup de misère en éducation physique. À une rencontre de parents, mon professeur lui expliquait que je devais fournir plus d’efforts pour avoir de meilleures notes dans cette matière. Elle a carrément arrêté le professeur en lui disant que j’avais en haut de 80 % (parce que oui, dans ce temps-là on nous notait avec des pourcentages toé chose!) partout et que ça se pouvait que j’aie juste moins de compétence ou même d’intérêt pour l’éduc. Sans compter le fait que je dépensais en masse d’énergie à jouer dehors peu importe l’heure ou la saison. Il faut comprendre que j’ai été victime de beaucoup d’intimidation et que j’avais très peu d’amis alors les sports d’équipe dans des groupes mixtes, c’était vraiment dur pour moi. Mon intérêt pour le sport tel qu’on l’entend s’est développé avec le temps. À mon rythme.

Pour tout ça, merci maman. J’espère prolonger ta bonté en posant moi-même certaines actions comme tu le faisais et continues de le faire. J’espère que mes enfants réaliseront à quel point c’est précieux et qu’ils voudront retransmettre ces valeurs aussi à leurs enfants s’ils choisissent d’en avoir. Je t’aime.