Aujourd’hui, le 14 octobre c’est la date du Thanksgiving canadien. What I am thankful for? La santé! Sans contredit, la santé! Simon, je pense à toi depuis deux jours, la date à laquelle tu as quitté notre petite planète bleue. La date où le cancer a fait de toi un ange.

Ça fait des années qu’on ne s’est pas vus. Quand on était petits, on se voyait par-ci par-là, car nos parents sont amis.  Quand l’adolescence est arrivée, on a arrêté de suivre et on s’est perdu de vue.  J’avais des nouvelles de toi, car ma maman m’en donnait.  On s’est ajouté sur Facebook et je me souviens de m’être dit comment tu semblais respirer le bonheur sur tes photos avec ta petite famille. On avait le même âge, un amour de notre vie et deux enfants.  La vie quotidienne, la routine… Il y a un peu plus de deux ans, quand ma mère m’a dit que tu avais eu un diagnostic de cancer, ça m’a frappé de plein fouet. Ben voyons! Le cancer à notre âge! Quéssé ça?! J’ai compris que la maladie n’a pas d’âge. Avec la technologie qui continue de faire des progrès, j’avais confiance pour toi. Je pense que tu avais des bouts où ça allait bien et d’autres moins…

En février dernier, je t’ai écrit :

« Allô Simon! Ça fait un bail qu’on ne sait pas parler ni vu.  En fait, ça doit faire au moins deux décennies !! Je voulais prendre le temps de t’écrire quelques mots. Ma maman m’a un peu raconté ce qui arrive avec toi et ta santé. Je voulais seulement te dire que même si ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, je t’envoie des ondes positives au maximum. J’imagine que ça ne doit vraiment pas être évident pour toi, tout ce qui t’arrive. Ça me fait de la peine que tu aies à traverser ces épreuves-là. Je ne doute pas que tes garçons doivent être une belle façon de s’accrocher et de se battre.  J’espère que malgré tout, tu réussis à avoir le moral.  Prends soin de toi xx »

Tu m’as répondu :

« Allo oui en effet ça fait un bail. Je te remercie de prendre le temps de penser à moi. C’est sûr que ça pas toujours été évident, mais on reste positif! Je m’accroche à tous les petits progrès que je fais chaque jour et oui mes garçons me donnent une force de plus à me battre. Il faut faire confiance au traitement, mais malheureusement ça prend toujours du temps. Je te souhaite une belle soirée. Merci. »

Je voyais bien que tu étais un battant. La manière comment ton entourage parlait, tu étais un battant.  Quand j’ai appris vendredi que tu entrais dans un centre de soins palliatifs, je savais bien que la fin s’en venait. Le lendemain, le 12 octobre, tu es parti.  J’ai lu ce que ta conjointe et ta sœur ont écrit comme message sur Facebook. Oufff… Déchirant.  Même si dans le fond, on ne se connaissait plus vraiment avec toutes ces années, ça m’a fait un choc.

Tsé! Pourquoi toi, et pas moi? Même âge, deux enfants, une petite famille! La maladie peut toucher tout le monde, au hasard.  Elle jette son dévolu sans qu’on ne s’y en attende.  J’ai tellement de peine pour ta conjointe.  Devenir veuve dans la trentaine, ce n’est pas « normal »! J’ai tellement de peine pour tes garçons. Perdre son papa quand on est si jeune… J’ai de la peine pour tes parents. Voir naître son fils, oui c’est ça la vie.  Mais de le voir mourir… Non! C’est injuste et cruel.  Donne toute la force nécessaire à tes proches pour passer au travers.

Avec toutes les souffrances que tu devais avoir à la fin, ça ne devait pas être facile.  Se battre pour la vie, pour ta famille.  Mais ton corps ne cesse de lâcher… Ton passage sur Terre a une signification importante pour ton entourage.  Je ne doute aucunement que tu veilles sur ton monde de là-haut. J’espère que tu ne souffres plus là où tu es.  Je regardais mes filles jouer et rire ce matin et je me disais, pour moi, ce que tu m’as appris, c’est de profiter de chaque rire, chaque petit moment que la vie m’offre.  Vivre dans le présent et apprécier chaque moment qui se présente à nous.

Simon, cher guerrier, je te souhaite un bon repos.  Tu le mérites.

#FuckLeCancer