J’ai déjà été une adolescente de 15 ans, bourrée de complexes, qui préférait se venger sur les autres pour éviter d’avoir le spotlight sur elle. J’ai vu des gangs de filles en rejeter une autre parce que la pauvre n’avait pas acheté la bonne marque de jeans ou qu’elle ne tripait pas sur le bon gars. Puis, j’ai vieilli. J’ai passé ma vingtaine a tenté d’étouffer mes complexes. Et j’ai rencontré l’homme avec le grand H qui m’a permis de les oublier. Il m’a permis de m’épanouir parce que dans ses yeux à lui, je semblais parfaite. Puis, nous avons eu des enfants…

Me voilà de retour dans le merveilleux monde des complexes, mais cette fois ceux de mère imparfaite qui a l’impression de ne jamais faire la bonne chose. Et là, comme mentionnait une amie y’a pas si longtemps, on prend conscience d’une chose :

« Qu’est-ce qui est aussi bitch qu’une adolescente de 15 ans? Une mère de 30 ans. »

On est là, à se détruire l’une l’autre pour éviter d’avoir le spotlight sur nous autres. On juge le moindre petit mouvement de chacune. On juge les progénitures sans même vraiment les connaître. On se met en gang pour en rejeter une autre qui n’a pas acheté le vélo dernier cri ou qui donne un chocolat à son enfant pour éviter la crise au magasin. « Ça fait trois jours qu’il porte les mêmes pantalons son fils… » Ouin pis ? Il les aime ses pantalons jaunes, il ne fait pas de crise le matin quand il peut les mettre pis guess what?, je les lave tous les soirs. Pas que j’ai besoin de me justifier à toi, chère mère trentenaire, mais des fois j’aimerais que ça arrête. On leur apprend quoi à nos enfants? Y’a personne qui fait mieux que maman? Nous, on est meilleure que les autres? Ben non, c’est complètement faux. Je suis une mère en évolution, je fais plein d’erreurs. Je suis un humain, pas une machine. Je vis selon mes humeurs, mes émotions, mon niveau de fatigue! Pis quand tout ça est bas, ben j’ai pas le goût ni le courage de gérer un combat avec ma mini de 2 ans qui me hurle « NON PAS ÇA » sans fin, fait que je cède. C’est déjà mieux que de lui crier par la tête. Quoique ça m’est sûrement arrivé. J’entends déjà les jugements : « Oh mon dieu, elle crie sur son enfant, moi j’ai JAMAIS fait ça! ». Ben moi, les mamans qui me disent qui n’ont jamais haussé le ton, je ne les crois pas. Voyons, c’est pas un crime.

Pis si on arrêtait de se juger pis qu’on se laissait vivre. Tu le laves tous les jours ton bambin, parfait, moi je peux pas, sinon il explose en eczéma. Il porte une tuque parfait, le mien c’est une casquette sinon il a tellement chaud qu’il faudrait le torde avant qu’il entre. Pis de toute façon, ça change quoi dans ta vie? Si on essayait l’entraide à place. Tu ne sais pas comment faire pour qu’il arrête un comportement, ben moi j’ai essayé ça et ça a marché. Si on essayait de se conseiller, de s’épauler dans les moments plus difficiles au lieu de faire comme si on était au-dessus de tout ça ou pire qu’on a dont la solution miracle. Si on montrait à nos enfants qu’on est un village à les élever pis qu’on trouve que c’est plus beau de s’aider que de s’entretuer. Parce que si je me souviens bien, apporter de l’aide à quelqu’un, c’est une valeur pas mal plus appréciée que la bitcherie pis ça ne blesse personne.