C’est les yeux complètement rouges, bouffis et la mine basse que je partage cet instant de ma vie, de notre vie.

C’est hier que nous avons pris notre courage à deux mains et que nous avons cédé. Ça été une lourde décision que de te dire au revoir. Ça faisait longtemps, tellement longtemps que tu étais malade. Tu étais rendue faible et vieillissante. Par égoïsme, on souhaitait te garder à nos côtés Tia, pour toujours.

Je ne sais pas si je te l’ai assez dit. Tu étais un bon chien, ma fille, un chien merveilleux. Tout un caractère, mais ça faisait ton charme!

Hier matin, avant de partir pour la garderie, loulou t’a dit bye dans toute son innocence. Dans mon cœur, ça me faisait tellement mal. Je le savais que c’était son dernier. Je voulais être sûr que du haut de son deuzan, il ne manque pas son dernier au revoir. Je lui ai dit de te faire un gros câlin, le plus gros de tous. Je lui ai demandé de te dire « Bye bye mon chien ». Je lui ai bafouillé que tu t’en allais faire dodo et il t’a souhaité « Bonne nuit » en te faisant des becs soufflés. Moi, je serrais les dents, j’avais le motton dans la gorge et ça m’a pris toute ma force pour ne pas craquer en mille morceaux devant lui.

Je n’ai pas eu le courage de t’accompagner pour ton dernier voyage. C’est ton papa, l’homme de la maison qui t’a amené jusqu’à cette nouvelle vie. Il t’a collé, flatté et chouchouté, jusqu’à ce que tu rendes ton dernier souffle. Ça lui a fait tellement de peine, ça l’a brisé!

Quand je suis revenue du bureau tantôt, y’avait un grand vide dans l’entrée où tu avais l’habitude de nous attendre. Bien sûr, Kiloo était bien là, mais elle aussi était marquée par ton absence. Toute la soirée, j’avais l’impression que j’entendais ton piétinement. D’après moi, tu courais après quelque chose là-haut sur ton nuage. J’avais l’impression d’entendre des échos étouffés par la brume. Tu sais, loulou t’a cherché toute la soirée, jusqu’en dessous du divan. Il a fini par tomber de fatigue à force de jouer à cache-cache avec ton ombre.

Sur ces mots, je vais aller ouvrir ma cinquième boîte de Kleenex. Tout le monde me dit qu’on finit par oublier. Moi je ne veux pas! Je souhaite toujours me souvenir de toi. Des beaux moments que tu as partagés avec nous ces douze dernières années. Pour l’instant, on refoule notre amour d’extra sur ta grande sœur poilue. Elle aussi, elle le prend dur ton départ.

Je sais qu’il y a des drames plus grands dans le monde, mais aujourd’hui et pour les jours à venir, c’est notre drame.

Repose en paix ma belle Tia.