Je me suis sentie interpellée par la vague de dénonciations d’agressions sexuelles qui inonde les médias en ce moment. Beaucoup d’encre a coulé des journalistes, blogueurs, victimes, agresseurs, personnalités publiques, supporteurs d’un camp ou de l’autre… Je ne savais pas trop où me situer par rapport à tout ça, tout en même temps. Outrée, oui. Surprise, pas tant. Empathique, énormément. Dégoûtée, tellement!

Je n’ai personnellement pas vécu de cas même proche de ce que les victimes ont vécu. Je n’ai pas la prétention de dire que je sais ce qu’elles ont vécu, et je ne veux pas le savoir. Dans le sens, où le seul moyen de le savoir, c’est de le vivre et je ne veux vivre ça en aucun cas. Mais je peux dire que j’ai à la fois une énorme admiration pour celles qui ont dénoncé, qui dénoncent et qui dénonceront tout geste répréhensible de la sorte. En rapport avec les affaires publiques qu’on connaît, tout comme en rapport avec des commentaires déplacés dans un dépanneur dans le fond d’un rang. Chaque situation est aussi importante!

Je n’ai vécu ni expérience semblable ni été témoin. L’expérience de laquelle je peux témoigner, c’est celle de mon fils. À une échelle infiniment plus petite, mais ça reste la même échelle qui nous fait arriver à des situations de la sorte. Cette même échelle de laquelle on doit scier les barreaux dès que le pied touche le premier. Parce que si l’on les laisse monter les premières marches, on montre qu’elles sont solides et que c’est correct d’aller plus haut, plus loin.

C’est pourquoi à 2 ans, si mon fils me dit : « pas bisou », ben je ne lui en donne pas. S’il ne veut pas faire de câlin à matante en partant, il n’en fera pas. C’est tu plate? Ben oui, c’est ben plate. Parce qu’il n’y a rien de mieux que de coller un enfant et de sentir ses cheveux et sa chaleur. Mais lui, à ce moment-là précis, il ne veut pas. Et il a le droit. Et c’est correct. Et surtout, n’essayez pas de l’appâter avec une gâterie quelconque… Transposez ça à l’âge adulte et c’est dégueulasse! « Awaye donc, laisse-moi te caresser pis je t’achète un bijou ». C’est sale hein? Ben c’est ça!

Je le redis, c’est à une échelle différente, mais c’est de là que ça part. C’est en respectant les désirs des enfants qu’ils respecteront ceux des autres. Et ne me sortez pas que c’est de la politesse! La politesse c’est dire bonjour, bye bye et merci. Pas de donner des becs. Pas de faire des câlins. Non c’est non. À 2 ans comme à 44. Homme ou femme. Patron ou employé. Collègue ou ami. PEU IMPORTE! Non, c’est toujours non.