Vous lisez ceci venant de la part d’une femme qui relance ce défi presque chaque mois. Je ne bois pas ou qu’en d’extrêmement rares occasions. Je n’aime tout simplement pas ça. Je suis qui pour juger me direz-vous? Je ne juge pas. Je me pose des questions. Pour comprendre… Pour que les autres s’en posent aussi peut-être…

Le défi lancé par la fondation Jean Lapointe a pour but de sensibiliser la population aux problèmes de toxicomanies diverses. Le but est tout à fait louable et j’encourage tout le monde à le faire et/ou à s’informer sur le sujet. Encore plus si vous soupçonnez quelqu’un de votre entourage ou vous-même à être aux prises avec cette dépendance. Il y a des ressources, de l’aide et de l’espoir.

L’alcoolisme et la toxicomanie sont des dépendances sérieuses. Pourtant, presque chaque fois que j’entends parler de quelqu’un qui tente de relever le défi, ça a dont l’air de la fin du monde. Pis sérieux, je trouve que ça fait peur. On peut même choisir de relever le défi Jean Lapointe de 3 façons : se priver d’alcool du lundi au vendredi, s’en priver du vendredi au dimanche ou les 28 jours complets. Juste ça, ça me fait peur. Il me semble que 28 jours sans alcool, ça devrait être aisément réalisable sans avoir à le personnaliser selon ses préférences… Sinon ce n’est plus vraiment un défi. Mais la suite me fait encore plus peur.

J’ai entendu des gens commencer le défi plus tôt parce qu’ils savaient qu’ils auraient un souper d’amis et qu’ils voulaient avoir fini le défi avant ou sinon le commencer après pour être sûrs de pouvoir prendre un verre. Une soirée de filles pas de sangria, c’est supposé être le fun aussi. Si t’aimes boire avec tes amies parce que c’est bon, c’est une chose. Mais si c’est nécessaire pour passer une bonne soirée, c’est autre chose.

J’ai entendu des gens dire que c’était stupide de faire ce défi au mois de février parce que la fête de la Saint-Valentin est célébrée ce mois-là et que c’est impensable de ne pas prendre une coupe de vin lors d’un souper en amoureux. Il y a une méchante différence entre j’aime prendre un verre de vin avec mon amoureux/se parce que j’aime le vin et c’est impensable. La ligne est mince, mais elle délimite quelque chose d’important à mon avis.

J’ai même déjà entendu quelqu’un repousser sa prise d’antibiotiques au lundi parce qu’ils étaient incompatibles avec l’alcool et que la fin de semaine s’en venait et que la personne avait le goût d’une bonne bouteille de vin. Sérieux… Des antibiotiques… Dans le sens de T’AS UN INFECTION CHOSE! Du vin, il y en aura encore dans 2 semaines.

La consommation d’alcool est tellement banalisée et associée à la détente, que c’est facile de tomber dans le panneau. Genre la fameuse coupe de vin qui permet à la mère moderne multitâche de gérer ses enfants sans virer folle. C’est quasiment de l’automédication… C’est au point même que quand on dit qu’on ne boit pas, les gens s’insurgent (je sais de quoi je parle). Un ancien voisin m’a déjà lancé l’inventaire de son armoire à boisson parce que je cite : « c’est impossible que je ne boive pas. » Avec de plus en plus de colère et de dédain à chaque fois que je refuse une offre.

Tout ça venait de personnes dites non alcooliques. Je n’ai ni les compétences ni la prétention de pouvoir poser un diagnostic. Ce que je veux dire, c’est posez-vous des questions sur votre consommation pour ne pas tomber dans une spirale de laquelle ça peut être très dure de sortir. Parlez-en à des professionnels qualifiés si vous avez des doutes ou des problèmes. N’attendez pas et ne banalisez pas votre situation. Je le répète, il y a des ressources, de l’aide et de l’espoir.