Avant même d’avoir vu les deux lignes sur le test, je m’étais juré que jamais je n’achèterais à ma progéniture des chandails à l’effigie d’un dessin animé quelconque. Je m’étais fait la promesse que tout ce que je pouvais acheter pour vêtir bébé ne possèderait rien qui ressemble à ce que les autres enfants puissent porter. Il serait écolo mon bébé, vêtu de designs québécois et écoresponsables. Il y a bien eu les deux barres sur le test (les tests pour dire vrai puisque je n’y croyais pas). J’ai mis des vêtements écoresponsables à mon bébé. Je l’ai gardé à l’abri de la bande de chiens un peu trop populaire, jusqu’à ce jour où je suis entrée dans un magasin avec garçon qui n’avait que 2 ans.

Je suis certaine qu’il a repéré le foutu t-shirt avant même qu’on y soit rendu. « Je veux ça maman ! » « Non, poulet. Maman n’achète pas ça » « JE VEUX ÇA MAAAAAAMAAAANNNNN » qu’il hurle en plein milieu de l’allée. J’observe alors les chandails et vois Mickey. Mickey c’est ok. Mickey, il est intergénérationnel. Mickey, il existe sur les chandails d’une masse de monde. Mickey, il est cool à 2 ou 40 ans. Mickey c’est ok… Mais quelle erreur! Sans même m’en rendre compte, j’ai mis le pied dans l’engrenage… J’ai vu en l’espace d’un moment ma vie basculer. Je me suis sentie engloutie sous une masse de chandails. Dans mon délire, j’ai même vu ses chandails s’animer. Et malgré ce moment de vertige, cette étrange sensation de me mettre les deux pieds dans les sables mouvants, j’ai quand même acheté Mickey. Je l’ai ramené à la maison. Je lui fais franchir la porte, je l’ai mis dans le tiroir de mon garçon après l’avoir soigneusement lavé. J’étais dans le déni de ma gaffe. Le lendemain matin, garçon a voulu mettre le Mickey en question. Malgré mes tentatives multiples à lui montrer les 100 chandails en coton biologique que je lui ai achetés, il refusait. Il voulait Mickey. J’ai abdiqué face à ce petit être de 2 ans qui m’a dit qu’il irait vite à la garderie s’il mettait Mickey. Vivement la manipulation. Au bout de 4 jours de Mickey compulsifs, parce qu’évidemment il n’existe plus aucun autre chandail intéressant dans son tiroir. Comme une claque au visage, j’ai dû m’y faire. Adieu à mes rêves d’enfant écoresponsable. Et puis là, au bout de 10 crises pour Mickey, la patience dans les talons et les oreilles en compote à force de l’entendre crier : »JE VEUX MICKEY », je dis au revoir à mes beaux principes de fille sans enfant. Parce qu’on va se le dire avant on a des beaux principes après on a des enfants (citation ici d’une amie précieuse qui m’a permis de comprendre bien des choses). Peu importe. On. A. des. Enfants. Que ce soit pour les trios interdits ou les chandails du populaire train bleu. J’ai maintenant des enfants. Et pour éviter la 160e crise en 4 matins, je dépose garçon à la garderie et je cours acheter les 20 chandails que je m’étais interdit d’acheter. Au diable les principes et vive la tranquillité des matins où garçon peut choisi son chandail de dessins animés!