Le monde, que dis-je, la vie regorge de danger.

Comment mettre en garde notre fils de 2 ans et demi des dangers qui le guettent, sans lui faire peur et lui créer des angoisses? Comme lui expliquer que le feu, c’est dangereux, sans qu’il en ait une peur maladive? Qu’il doit toujours tenir la main d’une grande personne, quand on sort, mais pas celle d’un inconnu (ça, c’est un autre sujet dont je parlerai un de ces jours…)? Et de ne pas aller jouer dans la rue? Je vous partage ici quelques-uns des trucs qu’on a mis en pratique chez nous.

Pour le feu, j’ai utilisé d’abord l’image de la bouchée trop chaude. Vous savez, celle que le petit poulet prend avant qu’on ait dit que c’est prêt? Ou quand on a oublié de vérifier dans l’assiette (oui, ça m’est arrivé quelques fois, honte à moi!). Je lui ai donc expliqué que le feu, ça brûle les doigts si on y touche, comme quand il s’est brûlé la langue avec son gruau trop chaud. Quand il a semblé avoir compris le principe, je lui ai expliqué que s’il met ses jouets sur ou dans le calorifère, ça pourrait prendre feu et qu’il pourrait perdre tous ses jouets, et même Puce, notre vieille chatte. Avec les bons mots, les bonnes intonations et la bonne attitude, le message passe sans faire peur. C’est maintenant lui, parfois, qui aborde le sujet. « Pas mettre Flash sur le calorifère, hein maman? Dangereux pour le feu. » Mais pas de stress, pas d’angoisse, juste une constatation. Je pense qu’on a réussi! 😉

Pour l’auto, la rue et tout ce que ça comporte, on a instauré une règle : s’il descend de la galerie avant une grande personne, il doit aller tenir la poignée de l’auto de papa. De cette façon, il nous attend et n’est pas en danger. Par contre, c’est encore à travailler dans un stationnement public… On lui a expliqué qu’il ne faut pas aller sur le bord de la rue, parce qu’une voiture pourrait ne pas le voir et le frapper. Il nous a répondu : « Adrien veut pas d’accident avec une voiture. »  Encore une fois, je pense que le message est là. On va bien entendu devoir répéter encore quelques plusieurs fois, en étoffant peut-être le contenu, mais on est sur la bonne voie (sans vouloir faire de jeu de mots poche!).

Aussi, notre fils est allergique aux arachides; on s’entend que, partout où il y a de la nourriture, il y a un danger potentiel pour lui. Nous avons commencé par lui nommer son allergie, lui expliquer que ça pourrait être dangereux, sans jamais mettre l’emphase sur le sujet. Un jour, à l’épicerie, quand je lui disais qu’il ne pouvait pas manger une sorte de biscuits, il m’a dit : « Parce que Adrien allergique aux arachides, dangereux pour avoir mal au ventre. » Même si ce n’est pas tant la raison du danger, je n’ai fait qu’acquiescer; il a bien le temps de comprendre ce qui en est réellement d’ici les prochains mois, les prochaines années. Pour l’instant, il a associé à l’allergie une conséquence qui est négative pour son grand 2 ans et demi : le mal de ventre.  Et c’est correct ainsi.

Finalement, quand on prend le temps de bien choisir le moment, les mots, l’expression et l’attitude, tous les sujets sont abordables avec un enfant. Il faut seulement s’assurer qu’il soit dans un état de réceptivité et, nous, être assez confortable avec le sujet pour bien véhiculer le message. Et comme je dis souvent : dans la vie, tout se dit, il ne faut que bien choisir comment on le dit! C’est exactement la même chose avec un enfant! 😉