J’aime la petite enfance. En fait j’y suis à l’aise et en sécurité. C’est pour moi une période rose bonbon pendant laquelle on reçoit de l’amour pur en quantité à vous sortir par les oreilles. Malgré la fatigue et le manque de temps, je vous jure que j’y resterais à l’infini, figée dans le temps.

Ma grande de presque 8 ans flâne encore dans ce bel univers. Je ne la retiens pas de force. Elle n’est juste pas encore prête à clore ce chapitre de son histoire. Les petits frères et sœurs y sont sûrement pour quelque chose. Selon moi, les premiers de famille gardent leur douce naïveté plus longtemps. Chose certaine, elle a encore des goûts vestimentaires de fillette. Aussi, chaque matin, elle m’envoie des cœurs par la fenêtre de l’autobus. Rituel qu’elle maintient même sous le regard des plus grands. Elle collectionne encore les toutous et joue aux Barbies. Noël dernier, nous avons eu droit à la visite de Ken sous le sapin, mais jusqu’à maintenant, il ne fait qu’embrasser galamment madame. On peut donc se permettre de proclamer qu’on a encore du lousse avant l’adolescence maudite.

En fait, c’est tout nouveau pour moi cette anticipation négative. Dernièrement, j’ai fait du bénévolat à l’école de ma grande et disons que j’en suis encore ébranlée. J’ai entendu des trucs à faire défriser ma grand-mère. J’ai vu des enfants de 9 ans avec un cellulaire à la main (dans l’autobus ils ont le droit… wtf !). J’ai vite compris que certains possédaient déjà beaucoup trop d’informations inadaptées à leur jeune cerveau. J’imagine que je devais le voir pour le croire. Parallèlement, j’ai découvert l’ampleur de la cyberdépendance à travers le documentaire d’Alexandre Taillefer et j’avoue que ça aussi ça a ajouté à ma hantise. Un danger qui guette particulièrement nos petits bonshommes. J’essaie à travers tout ça de me convaincre que la légalisation du pot ne changera rien dans l’équation. Qu’on a été ados nous aussi et que ça ne peut pas être pire. Et comme si ce n’était pas assez, mon chum, en bon papa poule qu’il est, a suivi les recommandations de son entourage et s’est mis à suivre la série Fugueuse. Parce que t’sais, on a 2 filles pis ça l’air qu’il faut absolument écouter ça. Bref, je l’ai observé perdre connaissance à tous les épisodes en suivant la descente aux enfers de cette adolescente modèle. Disons que ça nous a fait sortir assez vite du merveilleux monde de Walt Disney dans lequel on patauge depuis 8 ans. Nous n’avons eu d’autre choix que de constater que personne n’est à l’abri de rien et qu’il est préférable de se préparer à tout.

Crédit : PIXABAY

Depuis, il se passe rarement une semaine sans qu’on y pense. À tout ce qui nous pend au bout du nez. À ce qu’il faut continuer de bâtir et de solidifier ici et maintenant. Et surtout, ne rien gâcher du reste de leur petite enfance. Savoir en profiter et poursuivre encore et toujours notre mission de les rendre meilleurs que nous-mêmes.

Ah oui et jugez-moi tant que vous le voulez, mais sachez que je garde précieusement une vidéo dans laquelle notre belle cocotte nous jure de toujours rester notre rayon de soleil, même à 14 ans. Ça vaut ce que ça vaut me direz-vous, mais pour moi ça vaut de l’or.

Dites-moi, qu’est-ce que vous appréhendez de l’adolescence?